La France est intervenue militairement au Tchad la semaine dernière, dans le respect du droit international, pour éviter un “coup d’État” menaçant le président Idriss Deby, a déclaré mardi Jean-Yves Le Drian. Des appareils de l’opération française Barkhane ont bombardé au Tchad la semaine dernière, pendant plusieurs jours, un groupe rebelle puissamment armé venu du sud de la Libye à bord d’une cinquantaine de pickups.

Les autorités françaises ont expliqué agir à la demande d’Idriss Deby pour éviter une “déstabilisation” du pays. L’expression “coup d’État” n’avait jusqu’alors pas été prononcée.

“Il y a eu une attaque d’un groupe rebelle venu du Sud libyen, qui est déstabilisé, pour prendre le pouvoir par les armes à N’Djamena, et le président Deby nous a demandé par écrit une intervention pour éviter ce coup d’État venu du Sud libyen et pour protéger son propre pays”, a déclaré le chef de la diplomatie française lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale. “Ceci est tout à fait conforme au droit international, le Premier ministre en a informé le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale”, a-t-il répondu à une question d’un député du groupe Libertés et territoires qui s’interrogeait sur un éventuel “changement de doctrine” de la France.

Dans les séances des questions à l’Assemblée nationale, la ministre de la Justice qui répondait à la question de plusieurs députés qui s’interrogent sur l’attitude de la France, elle n’avait pas convaincu l’Assemblée sur cette question adressée au 1er ministre Édouard Philippe. La ministre de la Justice avait éludé la question qui était pourtant très directe.

Une autre source proche de l’Assemblée affirme qu’un groupe de parlementaires français auraient insisté pour que le ministre des Affaires étrangères puisse présenter la fameuse lettre qu’Idriss Déby avait adressé au président français Emmanuel Macron, lui demandant l’intervention de l’aviation française. Une lettre que Jeune Afrique.com avait fait l’écho dans sa dernière parution.

De l’avis de plusieurs observateurs en Afrique et en France, Jean Yves Le Drian est présenté comme un faucon en France trop proche des dictatures africaines, loin des aspirations légitimes des peuples, assez souvent matés et brimés sous des dictatures féroces. C’est ce qui se passe actuellement au Tchad.

La politique des autorités françaises, prônées par des faucons à l’exemple de Le Drian, est en train de mettre une grande distance entre une nouvelle génération d’africains et la France, car si cette politique n’est pas revue, elle risquerait de tendre à jamais la métropole et son image dans les années à venir.

Tchadanthropus-tribune avec Reuters.

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