Le site Letchadanthropus-Tribune a organisé un échange entre MM Acheikh Ibn Oumar et Abderaman Khoulamalla, et a invité les internautes à réagir à son émission.


Qu’a-t-on constaté pendant ses 43 mn ?


Si M. Acheikh a pris au sérieux cette émission pour organiser son intervention, et poser son argumentation, ce ne fut pas le cas de M. Khoulamalla, lequel s’est installé dans une causerie politique à la tchadienne dans son salon (et c’est bien le cas) où l’on passe du coq à l’âne, en se passant les plats, racontant plus sa vie qu’autre chose et personnalisant le débat. Le déraillement était bien perceptible et lassant, à tel point que M. Acheikh a même demandé un recadrage des propos qui tournaient selon ses propres mots « en une discussion entre des copains », demandant des excuses aux internautes et disant à M. Khoulamalla : »Tu parles trop », une façon peu sévère de dire : »Tu dis n’importe quoi ». L’échange annoncé n’était plus un débat, ni une analyse politique d’acteurs politiques dignes de ce nom.
L’image nulle et affligeante des hommes politiques tchadiens venait de se confirmer encore une fois.

 

Si les propos de M. Acheikh étaient une analyse sur les actes d’un régime au pouvoir depuis 27 ans et étaient exempts d’une connotation personnelle, en revanche, la posture de M. Khoulamalla était celle d’un « membre » de la majorité présidentielle du pouvoir MPS. Il lui fallait nous le rappeler, avec insistance et indécence. Totalement incapable de défendre la » mauvaise démocratie » d’Idriss Deby, et qui, rappelons-le, l’avait condamné à mort et l’avait fait passer par la case prison avant d’accepter son ralliement. Pince sans rire ! Manifestement, il ne fait plus bon vivre dans cette mauvaise démocratie qu’il a finalement quitté pour s’installer en France en ouvrant une supérette.

 

Ce qui était nauséabond dans cet échange, c’est qu’on a eu le sentiment que, comme beaucoup de gens proches du pouvoir Deby, à qui on demande d’expliquer l’état catastrophique du pays, la faillite générale, la grave crise socio-économique, bref, leur échec cuisant, le trou noir dans lequel se trouve le pays, eh bien, la grande trouvaille des incompétents du MPS et de leurs affidés, consiste à faire un bond en arrière de 27 ans et de revenir au régime Habré, comme si le temps s’est arrêté pour eux. Fermant les yeux sur l’horreur quotidienne vécue par les Tchadiens, conséquence directe de leurs incompétences, trahisons et multiples forfaitures, le hors sujet est leur refuge et le régime Habré qui est terminé depuis plus d’un quart de siècle, devient leur éternel bouc émissaire sur les médias. M. Khoulamalla fait mine de l’avoir oublié et de lancer « je suis contre le régime Habré », en espérant que sa sortie soit entendue à Ndjamena, puisque le système fonctionne comme cela, pour qui cherche des prébendes. « 80 % de l’administration tchadienne est dirigée par des jeunes de moins de 30 ans qui se sont accaparés tous les postes clés » a lancé M. Khoulamalla. Ce sont alors les jeunes de la génération Idriss Deby avec les résultats que l’on connaît pour le pays. Ce sont, n’est-ce pas, les produits du système Deby qui l’ont éjecté du circuit de la mauvaise démocratie et l’ont fait revenir au statut de réfugié politique ? Un réfugié politique bien bizarre, me diriez vous !

 

Passons sur les idées fumeuses, en faveur d’une présidence à vie symbolisant une véritable imposture dans laquelle se sont installés les soi-disant « hommes politiques » ; cette attitude de pure maslaha pour plaire au régime fait office de feuille de route politique à M. Khoulamalla. 
Le procès Habré, une pure machination politique, a été une occasion pour n’importe quelle crapule de déverser sa bile soit pour plaire aux Français, soit pour continuer à brouter l’herbe de Deby, soit pour solder des comptes à retardement quand ils sont impliqués dans les guerres tchadiennes, ne s’étant jamais relevés de leur défaite et ne pouvant en aucun cas espérer se construire, par eux-mêmes et leurs propres moyens, un avenir politique au Tchad ; que ce soit dans une conquête du pouvoir par les armes ou par le vote des Tchadiens, ils se sont jetés dans les médias ou dans le fameux procès pour espérer prendre une revanche, laquelle faut-il le leur rappeler, n’a pas été le fruit de leurs actions mais leur a été offerte par un complot international et des actes de trahisons. Une espèce de revanche médiatique des lâches.
Bien que le procès politique soit terminé dans les conditions que l’on sait, il semble que le fond de commerce de l’affaire Habré soit toujours prospère et nourrit les vermines donc les attaques continuent.

 

Force nous a été de constater que les attaques très calculées contre le régime du Président Habré par M. Khoulamalla, volontairement posées autour de propos décousus lui servant de passerelles, se sont faites sans réaction du directeur du site Letchadanthropus qui mène les échanges. En matière de déontologie journalistique, quand une personne attaque délibérément une autre, comme ce fut le cas de M. Khoulamalla, en sortant du cadre de l’émission, elle doit être recadrée ; et, très souvent, quand un homme de médias ne veut pas servir de tremplin, ou, ouvrir un boulevard pour que des propos désobligeants et des insultes soient tenus, il précise à son invité :  » Vous tenez des propos désobligeants en l’absence d’un représentant de ce camp, cela n’est pas acceptable. » 
Surtout que M. Khoulamalla a tenu à dire très clairement : « Je suis contre le régime Habré », et sa posture, clairement affichée, a été de refuser de répondre aux arguments développés par M. Acheikh, à éviter de faire une analyse sur l’escroquerie que représentait ce forum. Il a choisi volontairement, encore une fois, de se projeter 27 ans en arrière pour insulter le Président Habré. C’est cette attitude vicieuse que nous dénonçons.

 

Si la politique pour certains, c’est l’errance d’une gamelle à l’autre au gré des gargouillis de leur ventre, il est évident qu’on peut se complaire dans une anarchie totale, dans un oubli bien calculé de tous les intérêts du peuple, et l’on dénommera complaisamment la dictature criminelle de Deby « mauvaise démocratie » ; alors que défilent sous nos yeux, ce que la mauvaise démocratie d’Idriss Deby a fait aux jeunes élèves d’Am-timan, des jeunes élèves dans un dénuement total, avec pour la plupart des habits déchirés, sans chaussures, dans un environnement où la pauvreté est partout visible et où manifestement aucun centime des milliards des revenus pétroliers n’a atterri dans cette ville. Seules pénètrent dans leur maigre corps, les balles de la « mauvaise démocratie » qui tuent des jeunes enfants comme des lapins. 
Il est évident aussi que les soi-disant relations fraternelles entre les politiciens tchadiens de bords politiques opposés est une grosse hypocrisie sociale pour ceux qui la mettent en avant ; quoi d’ étonnant, car leur ventre est le centre de gravité de leurs engagements politiques, qu’importe la situation du pays, de la jeunesse, les viols ethniques, la répression, la confiscation des richesses du pays au bénéfice des membres du clan et de la famille, le détournement massif des revenus pétroliers.

 

Qu’importe tout cela, seule la prise en compte de leurs intérêts personnels compte. C’est pourquoi, ils défendent la Présidence à vie d’Idriss Deby, autrement dit, la continuation du calvaire vécu par le peuple tchadien.  Ainsi sombre le Tchad avec ses « hommes politiques de pacotille » qui ne sont pas arrivés, malgré les moyens financiers considérables, les soutiens diplomatiques, politiques, militaires des réseaux françafricains, à gérer, ne serait-ce que normalement, ce pays. Pataugeant quotidiennement dans la boue de leur échec et vomis littéralement par les populations, ils ne peuvent se regarder dans le miroir et affronter la cruelle réalité de leurs criardes incompétences et de faire face à leur responsabilité historique. Mais la roue de l’histoire tourne, une chose est sûre et certaine : Ils ne pourront jamais échapper à sa sanction.

Tchadanthropus-tribune avec La rédaction de Hisseinhabre.com

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