Plaidant coupable des faits de corruption en Afrique et en Amérique du Sud, et de manipulation des marchés pétroliers, le groupe Glencore a annoncé, mardi, avoir signé des accords avec les autorités du Royaume-Uni, des États-Unis et du Brésil.

Selon un communiqué parcouru par RTS Info, le groupe Glencore, opérant dans le négoce des matières premières mais également propriétaire de nombreuses mines de cuivre et de charbon, prévoit de payer 1,2 milliard de dollars aux États-Unis et 40 millions au Brésil. Le montant de l’amende à verser au Royaume-Uni doit encore être fixé.

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Ces accords, qui mettent fin aux poursuites engagées par ces États, mettent à nu les pratiques du groupe anglo-suisse. En effet, Glencore avait été assigné en 2018 par le département américain de la Justice pour corruption, liée à ses activités au Nigeria, au Venezuela et en République démocratique du Congo, détaille RTS Info. D’autres États avaient fait de même, comme la Suisse et les Pays-Bas, où des enquêtes sont en cours.  Le groupe est soupçonné dans ces deux pays de n’avoir pas en mis en place les mesures nécessaires pour empêcher les affaires de corruption. « Le calendrier et l’issue de ces enquêtes restent incertains », se défend Glencore.

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Mardi, un communiqué du Bureau d’enquêtes sur les affaires criminelles (SF0) informe que le groupe a également reconnu devant la justice britannique sept chefs d’accusation pour corruption dans ses activités pétrolières au Cameroun, en Guinée Équatoriale, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et au Soudan du Sud.

Le total des pots-de-vin versés par des agents et employés de Glencore avec l’accord de l’entreprise pour un accès préférentiel à du pétrole s’élève à 25 millions de dollars, selon une enquête du SFO. Le montant de la pénalité sera rendu public le 21 juin.

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Les victimes d’Afrique pas dédommagées

L’avocat camerounais, Akere Muna, fondateur de Transparency international Cameroun, interrogé par RFI, appelle les États africains à se mobiliser pour se joindre à la démarche mise en place par les tribunaux américains pour eux-aussi avoir droit à des réparations. « Aux États-Unis, ils [Glencore] sont accusés à travers la loi qui punit la corruption à l’étranger. Les Américains n’ont pas subi de préjudices véritables. Donc, sur la corruption perpétrée outre leurs frontières, ils vont se taper calmement 1,5 milliard de dollars. Cet argent devrait à mon avis revenir à nos pays qui croupissent dans la pauvreté avec toutes sortes de dettes. C’est incroyable cette histoire. Allons à New York, déposons la plainte contre Glencore, demandant qu’elle nous dédommage aussi puisque c’est nous qui avons subi le préjudice », lance-t-il.

Source : Glencore

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