Idriss Déby a raté son management entre les deux hommes forts de son régime, et qui s’observent depuis plusieurs mois en chien de faïence.

D’après nos informations, avant d’être l’officier de circonstance, Taher Erda était un simple combattant qui a gagné ses galons à cause de sa loyauté auprès d’Idriss Déby qu’il n’a jamais lâché à toute épreuve. Assez proche des frères Erdimi, mais il a donné sa parole à Déby de le servir jusqu’au bout.

En face, Abali Salah est un civil de formation, marié à une des nièces de Déby, débarqué gouverneur au Lac, et s’en suit une ascension fulgurante que seuls le népotisme et le clientélisme propre à Idriss Déby pourraient l’expliquer. Gouverneur de la région du Lac-Tchad, nommé en l’espace de deux mois officier au rang de général de brigade et dans la foulée générale de corps d’armée, puis ministre de l’Intérieur et à la sécurité avec toutes les prérogatives, puis aujourd’hui ministre de la Défense, de la sécurité, réunissant sous sa coupe l’armée clanique de Déby, la gendarmerie clanique de Déby, la police clanique de Déby, et la garde nationale et nomade du Tchad. Tout cela en l’espace de 4 mois. Jamais dans l’histoire des Républiques de notre pays, autant de pouvoir ne fut concentré entre les mains d’une personne dont l’expérience est encore minime dans l’ensemble de ces départements régaliens.

Abali Salah est le chouchou attitré du dictateur actuel au point de lui léguer tous les points stratégiques. Mais tout le monde sait qu’avec Déby plus l’ascension est haute, plus la chute est dure.

Dans ce méli-mélo qui engendre la composition du nouveau gouvernement, plusieurs observateurs scrutent comme le désormais patron de Taher Erda se comporterait avec celui qui n’a pas voulu lui courber l’échine quand il fut DG de police.

Entre Abali Salah et Taher Erda, le courant alternatif est à 220 volts, et au sein de l’armée, Taher Erda a ses partisans qui risqueraient de ne pas rendre simple la tâche du nouveau venu.

Ses tentatives au Tibesti suivi d’une médiatisation sans azimut ont été un échec royal, car le comité d’auto défense de Miski continue d’exister et mène ses opérations. Au Lac-Tchad, Boko-Haram tente toujours ses incursions en plein territoire tchadien et fait le deuil de nos compatriotes. Boko Haram qui devrait être annihilé depuis très longtemps.

Si Idriss Déby ne tranche pas de façon catégorique entre les deux hommes, l’un risque d’y laisser sa peau, et c’est celui qui aura plus d’expérience qui saura déposer le novice.

Tchadanthropus-tribune

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  • Un adage de chez nous dit : celui qui ne s’arrête pas à la limite de sa force n’aura pas d’espace pour mettre son pied! A mon humble avis, l’un ou l’autre doit avoir un regard rétrospectif sur son parcours, pour ne pas dire son passé, et gérer le présent, ni en relation avec le passé ni avec le futur, pour être maitre de sa situation présente, sans orgueil déplacé ou calcul mal fondé. Le contrôle du passé et du futur ne font pas partie des prérogatives de nous humains. Sinon, comme on dit, en voulant trop gagner on perd tout ! J’espère que les deux frères généraux- de part leurs expériences militaires (même virtuelles)- comprennent bien cette réalité.

    Commentaire par Al-Amine Mohammed Abba Seid le 10 juillet 2019 à 12 h 02 min