Le pouvoir tchadien est son propre poison.

La gens haut perchés, qui gouvernent le Tchad ne sont pas saints, leurs comportements transpirent la corruption, le détournement à outrance, le clientélisme et le népotisme, le marchandage, et les affaires illicites.

La constitution tchadienne interdit à tout fonctionnaire dans la fonction publique de faire des affaires et d’entreprendre. Mais qui se soucie des lois de la république ? Le régime décadent du MPS avait habitué tout le monde à détourner à tour de bras dans l’impunité totale. Tout fonctionnaire, directement ou indirectement entreprenant des affaires de manière illicite.

Ces genres de pratiques ont complètement défaçonné le secteur des activités économiques. Tout le monde, dans un monde de marathon indescriptible, courait derrière les marchés publics. Certains fonctionnaires prospéraient plus en travaillant pour leur compte que pour l’État, sans jamais être rappelés à l’ordre. La libre concurrence voulue et entretenue par des économistes aux rabais, exagérée et méconnue fut interprétée même dans le giron de la fonction publique.

Vous trouverez facilement des fonctionnaires avec un salaire intermédiaire à la tête d’une fortune de plusieurs milliards de FCFA.

Mais ce qui choque encore plus est cette propension des proches de feu Idriss Deby à accélérer la course à l’enrichissement. Il y a des enfants de feu Deby qui mérite le respect. Adam Idriss Deby, humble et respectueux qui s’est détaché de tout aspect matériel, craignant le seigneur tout puissant, et qui n’est jamais mêlé des malversations quelconques. Mahamat Idriss Deby complétait le tableau.

Mais, il y a d’autres qui sont de vrais commerçants, d’ailleurs un qui occupe de hautes fonctions est la définition même de l’argent sale. Il serait au cœur et à l’esprit de plusieurs malversations financières, toute boulimie dehors.

Le même est au centre de la crise énergétique. Si les Tchadiens subissent l’enfer aujourd’hui c’est par sa faute, car du temps de feu Idriss Deby, plusieurs projets pour régler ce problème furent élaborés, mais l’argent a été dilapidé sans vergogne. Il porte à lui seul la souffrance d’un peuple qui est dans une paupérisation continuelle. Les Tchadiens subissent les délestages à géométrie variable malgré qu’ils s’acquittent à payer leurs factures.

Plus grave, est cette toile d’araignée tissée autour de la CNPS. De Ghazali Mahamat Acyl à ROZY Mamaye, les deux cadres ont trouvé une maison endettée, et dont l’argent des pensionnaires détourné.

En remplaçant Ghazali Mahamat Acyl, ROZI Mamaye n’a pu constater que les dégâts. Exemple, il a été confronté à des pensionnaires vivant dans le grand Kanem. Totalisant l’ensemble de leurs pensions (15 000 FCFA par ci, 40 000 FCFA par-là, 20 000 FCFA encore), l’argent ne dépassait pas 4 millions de FCFA, figurez-vous que ces pauvres pensionnaires n’avaient pas perçu leurs droits depuis 4 ans parce que le peu qu’ils touchent est détourné par des gens aujourd’hui haut placé. Cela sans honte ni vergogne. Il a fallu plusieurs gymnastiques pour que ROZI Mamaye n’arrive à rétablir les choses pour que ces pauvres messieurs ne recouvrent leurs droits.

Encore et encore, Mr le commerçant comme le désigne les N’Ndjaménois siphonne la CNPS à travers les villas sous gestion de la CNPS. Haut cadre de l’État grâce à son patronyme, mais commerçant dans les faits. Le monsieur est à la tête d’une société de gardiennage dont ses agents gardent les lieux, et la CNPS verse à son entreprise les sommes des prestations. Nous pouvons continuer encore et encore. Malgré cela, ces individus ne sont jamais repus. Ils sont partout, ils contrôlent tout ce qui a un aspect lucratif.

Viennent le clientélisme et le népotisme. Les personnes qu’ils proposent sont souvent des hommes et femmes qu’ils utilisent pour leur propre intérêt, laissant au passage à ces derniers des miettes pour service rendu.

Comme lui ils sont nombreux à faire de la fonction régalienne un paillasson. La fonction publique au service du peuple est complètement défigurée et dénaturée, où ils ont installé la corruption et le népotisme.

Du gouvernement au siège et entretien des bâtiments. De l’antre de l’Assemblée nationale où est manigancé l’attribution de certains projets moyennant des commissions, tout le Tchad est devenu un marchandage, des corruptions sur le dos du peuple tchadien seul qui subit matin, midi et soir, le recul du pays, mais qu’une petite entité se sucre sans vergogne. Tant pis, que les Tchadiens brûlent…

Pourquoi les hommes d’affaires de la place ne prospèrent plus?

Rien n’est laissé pour permettre aux hommes d’affaires de prospérer. D’abord, il faut aller chercher les marchés publics, ou aucune compétition n’est possible.

Tout projet, présentant un gros budget est donné en sous-main à un parent, commission quelquefois versée en avance aux proches du pouvoir détenteur de la chose.

On préfère donner un marché à une personne directement ramener du village, qui ne comprends que dalle à la chose économique, qui la brade à vil prix à un autre commerçant ou entrepreneur, ou un novice qui ne fera rien encaissant toute la somme décaissée du trésor. De cette manière on crée des gens riches subitement passants de l’extrême à l’extrême, piétinant au passage avec l’arrogance dévolue le citoyen ordinaire qui vit à la sueur de son front.

Plusieurs marchés publics sont octroyés de cette manière, de main en main au détriment des hommes d’affaires de la place qui s’en mordent les doigts.

Pratiquement tous les opérateurs économiques connus de la place, ceux qui avaient excellé sur la place publique par leur savoir-faire dans le commerce, ont fini par faire faillite, ou délocaliser leur commerce. Ils sont nombreux à avoir choisi Douala, Bangui ou Brazzaville, d’autres vers le Nigéria, sachant que dans leur propre pays les choses sont inégalement réparties.

La morale et la sanction divine

Il suffit de les voir, ceux qui ont détourné à tour de bras l’argent des contribuables, finissent dans les hôpitaux européens, égyptiens, Turcs, chinois, soudanais, ou Américains. Pratiquement tout l’argent volé ne leur sert à rien. Bien mal acquis ne profite jamais. Chaque voleur de la république se retrouve avec des maladies multiformes, ne pouvant rien faire des choses volées, sauf à partager ses fesses entre deux avions, haletant et suffoquant sans repos. Plusieurs ne peuvent même pas s’alimenter naturellement, évitant le sel, ou le sucre, ou encore vivant dans un cauchemar irréversible.

Pire, ce sont les mêmes que vous croisez à la mosquée et à l’église, venues peut-être se repentir. Dieu est miséricordieux à condition de ne pas penser indéfiniment le tromper. Tu ne peux pas demander pardon maintenant, et reprendre le vol, le détournement demain, de cette manière tes prières deviennent des mirages.

Personne ne fait attention aux malheurs qui frappent le Tchad. Un pays où jadis il y a un havre de paix et le vivre ensemble était un symbole. Aujourd’hui, on se plaint de tout et de rien. Il suffit de se placer de côté du cimetière de Lamadji, et voir les décès à la pelle. Il fait chaud, la température entre 45 et 55 degrés. Il ne pleut pas, on vit d’année en année dans la sécheresse, les calamités naturelles se multiplient, la dépravation des mœurs s’accentue, le malheur est en constance permanente, mais jusqu’à là aucun ne veut se repentir. On veut toujours le beurre, l’argent du beurre et le derrière de la bergère.

L’injustice ne pardonne pas.

Tchadanthropus-tribune

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