Au sein du système politique au Tchad et depuis l’avènement du CMT (conseil militaire de transition), le choix porté sur la personne de Mahamat Idriss Déby dérange, mais il n’y a pas de choix pour beaucoup qui l’entoure.

D’emblée plusieurs mini groupes qui pensent perdre ses intérêts avec ce mini changement se mettent à se concerter, certains pour se désolidariser timidement des décisions principales du CMT, d’autres utilisent l’arme communautaire pour affaiblir directement le président de la transition dans les décisions prises et qui ne conviennent pas 

La montée d’espoir de Mahamat Kaka président

L’espoir que porte Mahamat Idriss Déby vient de l’annonce et l’ouverture qu’il fait à l’endroit de ses compatriotes, et évidemment envers ceux de l’opposition politico-militaires. L’ensemble de nos compatriotes ont salué ce courage politique malgré le drame de la mort de feu Idriss Déby. Mais dans la travée, des revanchards ne l’entendent pas de cette oreille. D’abord dialoguer avec les politico-militaires entrave leur volonté de confisquer les privilèges sur lesquels ils sont assis, injustement et contre l’avis du peuple tchadien, mais ils ferment la fenêtre du dialogue avec le FACT, qui fut la cause, mais pas la mort de Déby. Mais le président de la transition tient mordicus à faire le dialogue inclusif avec tous les Tchadiens, y compris le FACT.

Si l’espoir est permis, il faut avouer que des faucons du régime Déby continuent à tourner la manivelle de la diversion et de la manipulation. Problème inter communautaire, défonce d’injustice partiale, mise en cause de la justice, amnistie à géométrie variable, refus d’instruire des décisions de nomination dans les organes sécuritaires, attaque sur la vie privée du président de la transition et de son entourage, tout au plus une série du fil à retordre pour que le CMT avec Mahamat Idriss Déby à sa tête morde la poussière, hélas les choses semblent continuer bon gré malgré…

Les courants contraires à son pouvoir

Les courants contraires au pouvoir CMT viennent tout au plus de l’intérieur du CMT et des anciens barons du régime de feu Idriss Déby, voyant un virage dans lequel ils se trouveraient peut-être éjectés.

Ceux-ci ne se démarquent pas clairement, mais ils ronronnent tel un vieux camion Berlier. Ils passent le clair de leur temps à tacler le président de la transition et son staff, ils infantilisent la personne du président du CMT dans sa marche, cela étant pour les civils.

Pour les militaires, des menaces à peine voilées de le mettre en minorité si certains officiers sont remplacés par des hommes de choix du président de la transition. C’est ainsi que plusieurs nominations au sein des organes sécuritaires furent bloquées (GNNT, Gendarmerie, Police, DGSSIE). Ceux qui ont servi pendant trente ans oublient formellement que le Tchad appartient aussi à d’autres compatriotes tout au plus méritants, mais pour eux, tout semble hermétiquement fermé (yeux, oreilles, bouches), il faut que les choses continuent avec le même format sous Idriss Déby. Ce qui fut reproché à l’ancienne 1ère dame Hinda sur l’accaparation du pouvoir sous Idriss Déby, semble ici légaliser sans froncer les sourcils. Le pouvoir doit avoir ce format unique et clanique.

La conservation du pouvoir par l’élite Zaghawa et alliée

L’envie de conserver unilatéralement le pouvoir par une certaine élite Zaghawa et allié est omniprésente à vue d’œil. Même si le fait de dénoncer cette posture injuste, il suffit de passer en revue les postes à responsabilité ou les recettes sont lucratives. Il suffit de voir les différentes postes au sein de l’administration de l’État ou para-étatique. Cette catégorisation démontre à suffisance l’accaparation des mêmes gens au sein du clan.

Cette manière de faire est quotidiennement dénoncée par l’ensemble des Tchadiens qui y voient une forme d’injustice sociale, et le rejet du système depuis Déby père jusqu’à maintenant vient de cela. D’ailleurs, au sein même de nombreux Zaghawa, beaucoup dénonce cette manière de faire et veulent que cela soit réparé pour ne pas exacerber encore plus la frustration de nos compatriotes.

On a tendance à porter l’index sur la seule communauté Zaghawa, mais il y a aussi les alliés du système, qui sont plus vorace, plus cupide, plus manipulateur, et creusant les calculs égoïstes, ils ne rendent pas service à ceux avec lesquels ils portent un soutien. Le jour ils sont avec la communauté Zaghawa dans toute décision injuste et illégale, et le soir ils fricotent avec l’opposition, les politico-militaires, la société civile et la diaspora, en des termes négatifs ils caricaturent la communauté dont ils sont sensés soutenir.

En clair, la volonté de garder encore le pouvoir est là, mais on oublie la configuration qui s’y dessine avec le dialogue national inclusif. 

Le Tchad peut-il être gouvernable sans justice sociale et équité nationale

Les 30 ans de gouvernance d’Idriss Déby ne sont pas encore digérés par les Tchadiens. Le virage qu’il faudrait amorcer est très sensible, et les Tchadiens dans leur ensemble rêvent et veulent un changement en profondeur sur tous les aspects politiques, techniques et sociaux. Personne, aucun Tchadien ne voudrait revivre l’injustice et la dictature militarisée.

Le Tchad ne sera gouvernable que si et seulement s’il y a une vraie justice, et une bonne gouvernance dans l’équilibre sociale, d’une armée véritablement républicaine, mais un groupuscule clanique, et l’embauche des cadres suivant un code de recrutement basé sur le mérite.

La frustration des Tchadiens vient des diverses injustices sociales, de l’impunité chronique qui a caractérisé le Tchad sous Idriss Déby.

Ensuite, inéluctablement, les Tchadiens devront passer par le système tant proclamé de « vérité, justice, réparation et réconciliation », et cela depuis 1960 jusqu’à nos jours. Que tous les abcès soient vidés pour réconcilier les Tchadiens avec eux-mêmes et leur pays, puis reconstruire ce pays ensemble pour un avenir meilleur.

Tchadanthropus-tribune

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