Le ministre des Affaires étrangères de Déby n’a pas dit la vérité. Peut-être par peur de l’index envers le Tchad et le régime MPS. Mais le cerveau présumé du « coup d’État » déjoué en Guinée équatoriale, Mahamat Kodo Bani Godi a bien été un officier de l’armée tchadienne. Pour ceux qui ont été dans la résistance armée contre Idriss Déby au Darfour, Kodou Bani est connu de tous. Après le décès du général Daoud Soumaïne, sa défection de la garde présidentielle de Déby fut constatée quand il regagna l’UFCD. À son arrivée dans les rangs de l’UFCD, il se présenta comme Général dans la garde présidentielle. Au Tchad, le grade de Général est à la pelle. Il suffit qu’un homme s’illustre dans un combat pour être bombardé par Idriss Déby général. Allez-y les compter, même l’armée chinoise n’a pas à son sein autant de généraux. Comble de fait, la plupart de ceux-ci sont analphabètes avec des influences clientélistes terribles auprès de Déby en personne, et ils émargent à grande proportion dans le budget de l’État avec des indemnités voraces. Parmi eux, rares sont ceux qui ont fait une école ou une académie militaire. Voilà pour les faits, et le grade de général, donc si Kodou Bani s’illustre comme général, il n’a pas tort, sur sa photo, il y a deux étoiles, aller prouver le contraire.

Pour revenir au sujet, on apprend après coup que les renseignements du Tchad avaient suivi le prétendu général Kodou Bani depuis plusieurs mois sur ses recrutements dans le Guéra. Une dizaine de nos compatriotes furent embrigadés dans cette aventure. Au début les renseignements du Tchad pensaient à travers les fiches obtenues que l’organisation qui se mettait en place est dévolue à Mr Djibrine Assali, ex-syndicaliste, aujourd’hui opposant politique, réfugié au Burkina Faso. Mais de bout en épingle, les signaux depuis le Burkina Faso sont restés muets. Grâce aux services de renseignements français, le pan de l’étoffe commence à se raccorder. Les jeunes recrues quittaient le centre du Tchad vers les 3 frontières (Tchad-Soudan-Centrafrique), puis se perdent au Cameroun à la lisière de la frontière avec la Guinée équatoriale. L’opération très mal montée est à l’exemple d’une vraie barbouzerie à l’ancienne. Jamais un vrai officier ne pourrait procéder de la sorte, sans une grande discrétion et presque à la vue de plusieurs entités. Les armes achetées au Darfour et en Centrafrique ont été convoyées sans grande prudence vers la frontière entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale. Les hommes recrutés passèrent par Yaoundé à la vue de plusieurs étudiants tchadiens avec lesquels ils ont pris le thé et affirmaient qu’ils partaient en mission vers la Guinée. L’erreur fatale est que les renseignements du Tchad et du Cameroun suivaient le manège. Si au niveau du Tchad les choses paraissaient loin du territoire, les Camerounais se mirent en alerte et sans difficulté, ils ont procédé à l’arrestation du cerveau du commando en gestation depuis le Cameroun.

 

Kodou Bani et ses complices furent mis hors d’état de nuire, la plupart des membres du commando sont tchadiens, mais il y a aussi des Camerounais, des Centrafricains et la complicité directe des Équato-Guinéens. La malice qui a orienté les projecteurs sur nos compatriotes tchadiens vivant en Guinée Équatoriale est qu’un homme de nationalité tchadienne ayant le marché des réfections des villas officielles de la République de Guinée fut mis dans le coup. Cet homme d’affaires devrait accepter d’employer des combattants tchadiens recrutés par Kodou Bani comme ouvrier. Les armes devraient rentrer par cette expédition. L’attaque devrait se faire de façon simultanée de l’intérieur par ses ouvriers combattants, et par les hommes sous les ordres de Kodou Bani posté à la lisière de la forêt à la frontière entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale. Mais, sans coup férir, les services spéciaux du Cameroun ont déjoué le coup d’État.

 

Selon nos informations, même si le coup de force était fait, au 1er coup de balle tiré, le dictateur de ce pays Obiang Nguema Bazogo est assisté d’un régiment de l’armée marocaine, et sa garde rapprochée est constituée des professionnels marocains. Il sera très difficile de se défaire d’une armada aussi importante, et si les combats s’éternisaient, sans doute le Maroc interviendrait dans le conflit à cause de la présence de ses ressortissants présents dans ce pays.

Un vrai général procéderait sans doute autrement, en prenant les différents facteurs en présence. En lisant les cartes, et en organisant la logistique. Kodou Bani est peut être un bon homme qui sait se battre arme à la main, mais être général de corps d’armée est une responsabilité pratique et théorique qui demande la pointe intelligente d’une cervelle. On ne fonce pas droit au mur et mettre en péril la vie de nos compatriotes qui n’ont rien à voir avec cette aventure.

Tchadanthropus-tribune

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