Né vers 1932 à Massaguet, département de Haraze Albiar, le Camarade Mahamat Abba Seid, après l’obtention de son Certificat d’Etudes Primaires Indigènes (CEPI), est admis à l’Ecole Primaire Supérieure (EPS) de Bongor. En 1942, cet établissement scolaire fut érigé en collège de Bongor. Mahamat Abba Seid ayant obtenu son parchemin fut recruté commis des S.A.F (Service Administratif et financier) au bureau de passage aux Finances.

 

Avec l’avènement de la Loi-cadre du 23 juin 1956, M. Mahamat Abba Seid adhère au Parti M.S.A (Mouvement Socialiste Africain) dont le leader est Monsieur Ahmat Koulamallah. Dans cette sensibilité politique, il ne fera pas long chemin, car Ahmat Koulamallah prône le OUI au Référendum du 28 septembre 1958 et le groupe de Mahamat Abba Seid composé de Oustas Adam Moussa, Mahamat Outmane, Ibrahim Abatcha, Hassane Tarzan, Daouda Konaté, Charles Ngaré, Issa Dana, Mahamat Terap font campagne pour le NON au Référendum.

 

Le 16 septembre 1958, ce groupe crée leur parti, dénommé U.N.T (Union Nationale Tchadienne), Le président dudit parti est Oustas Adam Moussa, son secrétaire général est Mahamat Abba Seid et son secrétaire chargé de l’organisation des Masses et de la Jeunesse est Ibrahim Abatcha. Selon feu Mahamat Terap, la campagne de NON a apporté des voix dans le Chari Baguirmi. Cette information est confirmée par le livre de Robert B. intitulé : (le Frolinat et les Révoltes populaires).

 

Durant cette campagne référendaire, j’étais à Abéché et j’ai assisté à la causerie débat donnée le 26 septembre 1958 à la Chambre de Commerce par l’étudiant Outel Bono. Dans sa causerie débat, il parlait de la chute de Dien Bien Phu du 07 mai 1954 et de la lutte héroïque du peuple algérien. J’ignore s’il est parti en campagne pour le compte de l’UNT ou sur le compte des étudiants tchadiens de France. Selon Mahamat Terap, après le référendum du 28 septembre 1958, l’UNT a continué sa sensibilisation au sein de la population. Bon nombre d’Etudiants de France ont adhéré et sympathisé avec ce parti parmi lesquels, Outel Bono, Djimé Pierre, Daouda Konaté, Marabi Julien, Naïm Sabit, Aziz Sabit et bien d’autres.

 

Malgré l’Ordonnance N°3 du 19 janvier 1962 qui dissout tous les partis politiques sauf celui du Président Tombalbaye, l’UNT continue à fonctionner clandestinement.

 

Le Camarade IBrahim Abatcha est envoyé en mission au Ghana pour réactiver les cellules de l’UNT. Il prononcera un discours le 25 mai 1962 au nom du parti, lors de la commémoration du 7ème anniversaire de l’UPC (Union des Populations du Cameroun). Lire son discours en annexe du livre de Robert B. intitulé : « Le Frolinat et les Révoltes populaires ». C’est le Camarade Mahamat Abba Seid qui l’a mandaté au nom de l’UNT. Ce parti avait aussi des cellules à Maiduguri, Kano et Kaduna au Nigéria.

 

En mars 1963, après les événements des conjurés du 22 mars 1963, tous les membres de l’UNT étaient arrêtés à N’Djamena. Ces étudiants tchadiens , sympathisants de l’UNT de Paris étaient convoqués et interrogés à N’Djamena. Il s’agit de Djimé Pierre Roalngar, Marabi Julien, Naïm Sabit etc.

 

Le Docteur Outel Bono, médecin en service à l’hôpital central de Fort-Lamy a été arrêté pour la cause de l’UNT le 28 mars 1963, le même jour que Mahamat Abba Seid. Le gouvernement orientait les enquêtes sur les relations de l’UNT avec le monde arabe et les autres États révolutionnaires. Le jour du procès des Conjurés du 22 mars 1963, tenu du 7 juin au 24 juillet 1963 à la Cour Criminelle Spéciale. Quand les prévenus de l’UNT passaient à la barre, le principal accusé était Mahamat Abba Seid. Ce dernier avait déclaré à la barre qu’il est le seul responsable de toutes ces correspondances et des relations avec les États révolutionnaires. « Je n’ai pas consulté les militants de l’UNT sur les correspondances, par conséquent ils n’ont rien à voir avec cette affaire», déclare Mahamat Abba Seid. Sur ce, le Tribunal a acquitté tous les militants de l’UNT y compris les étudiants venus de France. Mahamat Abba Seid et le Docteur Outel Bono étaient condamnés par cette Cour aux ordres. Arrêté le 28 mars 1963, le camarade Mahamat Abba ne recouvrira sa liberté que le 19 avril 1971. Lui, le leader Ahmat Koulamallah, André Mougnan et René Baptiste ont été libérés le même jour, c’était suite au Congrès de Doyaba du PPT/RDA tenu du 30 mars au 7 avril 1971.

 

Après sa libération, le camarade Mahamat Abba Seid regagnera le maquis du Frolinat via la Libye. Au Congrès de la Première Armée tenu à Caranga (Ouaddaï) du 12 au 29 avril 1977, Mahamat Abba Seid succédera au Docteur Abba Sidick le Secrétaire général sortant. Il est à rappeler qu’au congrès de Niala (Soudan), congrès tenu du 19 au 22 juin 1966 qui a vu naitre le Frolinat.

 

Le camarade Ibrahim Abatcha, Secrétaire général du Frolinat fraichement désigné, aurait dit aux congressistes qu’il n’est qu’un intérimaire car le titulaire c’est Mahamat Abba Seid qui est encore en détention dans la zone méridionale du Tchad. Un autre détail très important qu’il faut éclairer la nouvelle tchadienne. C’est le programme politique du parti U.N.T que le Frolinat a récupéré pour faire le sien. C’est après la conférence de Lagos du mois d’Août 1979 que le camarade Mahamat Abba Seid est rentré à N’Djamena où il fut nommé Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité au gouvernement de onze tendances formé le 11 novembre 1979 à Douguia. Hommes d’une grande sagesse morale, Al Hadj Mahamat Abba Seid, Acheikh Ibn Oumar et Bichara Issa Djadallah ne connaissent pas le tribalisme. Mahamat Abba Seid appartient à cette race des humains qui a reçu une éducation de base très raffinée. Très pieux, honnête et simple que Allah l’accueille dans son paradis.  

 

Al Hadj Garondé Djarma

Ville : Ndjamena
Email : 
garondedjarma@yahoo.fr

 

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