Le nouveau ministre de la défense tchadien, Dago Yacouba, est attendu fin novembre en Hongrie pour renforcer les liens sécuritaires entre les deux pays. Budapest a annoncé vouloir déployer d’ici à l’année prochaine un contingent au Tchad.
L’adoption par le Parlement hongrois, le 6 novembre, d’un projet visant à déployer un contingent de 200 militaires hongrois au Tchad est en train de s’accompagner du renforcement des relations militaro-diplomatiques entre les deux pays. D’ici à la fin de l’année, les échanges sont amenés à s’accélérer.
Au cours de la semaine du 20 novembre, le tout nouveau ministre tchadien des armées, Dago Yacouba, devrait ainsi se rendre à Budapest pour rencontrer son homologue hongrois, Kristóf Szalay-Bobrovniczky. Jusqu’à présent secrétaire général adjoint du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir, Dago Yacouba a succédé, le 21 octobre, au général Daoud Yaya Brahim, contraint de démissionner en raison d’une affaire de mœurs.
Dans la foulée, cette rencontre devrait être suivie, début décembre, par le déplacement à N’Djamena d’une délégation hongroise, sous la houlette du ministre des affaires étrangères, Péter Szijjártó. L’objectif premier de cette visite est de procéder à l’inauguration de la toute nouvelle ambassade de Hongrie dans le pays.
Assistance militaire
La volonté de déployer un contingent de l’armée hongroise au Tchad, du printemps 2024 à décembre 2025, répond, selon les autorités magyares, à une sollicitation formulée quelques semaines auparavant par le président tchadien de la transition, Mahamat Idriss Déby.
Le contingent hongrois pourrait être amené à fournir des prestations de conseil, de soutien et de formation au profit de l’Armée nationale tchadienne (ANT). Officiellement, cette présence militaire doit permettre de lutter contre le terrorisme et l’immigration irrégulière à destination de l’Europe. Ces sujets ont été érigés en priorité par le gouvernement du premier ministre Viktor Orbán.
La politique sahélienne de la Hongrie, très récente, est d’ailleurs placée directement sous son autorité. Budapest s’était engagé fin 2021 à fournir un contingent de 80 militaires pour participer aux opérations de la task force européenne Takuba déployée au Mali, mais celle-ci a dû plier bagage quelques mois plus tard sous la pression de la junte malienne.
Nouvel acteur
L’assistance militaire promise à N’Djamena, qui résulte de négociations bilatérales engagées entre les autorités tchadiennes et hongroises, a tout particulièrement pris de court les chancelleries européennes. Celles-ci ne cachent pas leur appréhension face à l’irruption dans la région d’un nouvel acteur rarement aligné sur les positions de Bruxelles en matière de politique étrangère. C’est surtout la politique de l’Union européenne en matière d’immigration qui est au centre des désaccords avec Budapest.
Par ailleurs, la future coopération militaire entre la Hongrie et le Tchad pourrait contribuer à remettre en question l’influence de la France, qui déploie dans le pays un effectif d’environ un millier d’hommes. Après avoir quitté le Mali, le Burkina Faso puis le Niger, l’armée française s’appuie sur le Tchad comme tout dernier bastion allié au Sahel.

Tchadanthropus-tribune avec Africa Intelligence

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