De source établie, un officier de l’armée avait tiré à bout portant sur un mécanicien de voiture au marché de sans-fil à N’Djamena, le blessant grièvement. Un malentendu rapporté par la police sur un simple fait de regard. Le militaire armé qui était assis à proximité de la victime lui aurait demandé ” Pourquoi tu me regardes ? “, et la victime aurait rétorqué “ C’est toi qui me regardes “. Puis le militaire a dégainé pour tirer à bout portant sur le mécanicien. Transporté à l’hôpital le mécanicien a rendu l’âme.

Il est impensable de se faire justice soi-même dès qu’une mésentente se pointe à l’horizon. Si réellement cet officier avait procédé de la sorte, il doit répondre de ses actes devant les juridictions de l’État, et force est à la loi.

Mais de quelle loi les tchadiens doivent faire confiance ?

Pendant des années des individus qui ont commis des crimes atroces, ont pu se soustraire des griffes de la justice parce qu’ils ont des parents bien placés dans le système MPS. Aujourd’hui, envers certaines communautés les Tchadiens ont une idée arrêtée, et pensent que la justice ne pourra pas rétablir la loi et la Justice, ce qui est une erreur. Il faut continuer à faire confiance à la justice en revendiquant ses droits.

Plusieurs années d’humiliations, d’injustice sociale, de viols, de vol, ont tétanisé les Tchadiens dans leur ensemble. L’État, donc Idriss Déby, a laissé faire pour que le peuple porte sa haine sur une communauté, tout cela pour mieux diviser les Tchadiens.

L’impunité grandissante quand on assassine, on détourne, on viol, est interprétée par ceux qui commettent ces délits comme des gens au-dessus des lois, au-dessus de la république, des intouchables éternels. C’est ces aspects de choses qui révoltent les Tchadiens exprimant leur colère à la moindre occasion pour rendre la pareille. Le lynchage populaire observé sur cet homme et ses publications sur les réseaux sociaux est un message envoyé à ceux-ci, et ce message doit être décrypté et résolu avant qu’une catastrophe nationale ne se produise un jour. Là-dessus, l’État doit jouer son rôle de formation civique, de sensibilisation de masse et du droit de citoyen.

Sinon, l’irresponsabilité de l’État teintée de communautarisme et de clientélisme risquerait sans nul doute de porter une fissure irrémédiable sur le vivre ensemble des tchadiens.

Tchadanthropus-tribune

 

La version de nos confrères de Toubou Média.

 

QUI EST RÉELLEMENT L’ASSASSIN DU PAUVRE GARAGISTE ?

L’assassin du pauvre garagiste abattu froidement s’appelle Abdoulaye.

En 1995, il était blanchisseur et vendait du thé à Faya-Largeau. Les habitants de Faya-Largeau l’appelaient Abdoulaye Tchîn Toukoulin (Abdoulaye à la bouche ronde) ou encore Abdoulaye Tchîn Madoun (Abdoulaye à la bouche rouge).

Lorsque son oncle Mahamat Souleymane a été nommé Com RM du B.E.T, il l’a enrôlé dans l’armée nationale tchadienne et a fait de lui dans la foulée COM CCS de Faya-Largeau.

Entre 2004 et 2005, il a abattu froidement un ressortissant du grand Kanem géographique à Faya-Largeau. La cause c’est que ce même Abdoulaye a été surpris avec la femme de quelqu’un dans la chambre conjugale du mari qui était alors en voyage. C’était le frère du mari de la femme qui les a surpris lors d’une visite routinière. Sur le coup, le beau-frère de la femme l’a bien corrigé, car Abdoulaye n’était pas armé. C’est après coup qu’il est parti se munir de son arme de service pour ensuite venir l’abattre froidement.

Voilà les conséquences des gens sans conviction et sans formation militaire se retrouvant tout d’un coup dans l’armée. Ils tuent froidement, violent et violentent les femmes des gens impunément. Les militaires tchadiens qui sont normalement censés protéger la population sont paradoxalement devenus des tueurs en série de cette même population pour la sécurité de laquelle ils sont investis.

NB : L’assassin Abdoulaye Tchîn Toukoulin est un Mimi et non Zaghawa comme beaucoup l’ont qualifié à tort et en nous taxant des haineux. Nous entendons par proche du régime de Deby, toute personne indépendamment de son ethnie, de sa région et de sa confession collaborant effectivement avec le régime, mais aussi et surtout usant les moyens de l’État du fait de sa proximité avec lequel régime pour tuer, violer, voler ou torturer certains de ses compatriotes.

Par conséquent, peu importe l’origine ethnique, régionale ou confessionnelle de la personne, nous la condamnons vigoureusement si elle venait à commettre un crime.

Que le régime de Deby y médite profondément de ce qui s’était passé aux champs de fils, car la justice populaire est une justice aveugle et meurtrière. Il est enfin grand temps d’y jeter les véritables jalons d’une justice conventionnelle équitable, indépendante et impartiale quoique le problème du Tchad est un problème systémique. Autrement, le peuple tchadien va tout droit dans l’abime du fait de l’impunité totale dont certains y jouissent allègrement.

QUE JUSTICE SOIT FAITE AU DÉFUNT GARAGISTE !

Source : Brahim Oguelemi, Corédacteur en Chef de Toubou Média et Militant des droits humains.

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  • NB:l’assasin abdoulaye n’est pas de l’ethnie mimi il est de zakhawa

    Commentaire par younouss Ahmat Amir le 18 juillet 2020 à 7 h 47 min