« Dite en partie la vérité n’est plus elle », selon les anciens.

 

Toutefois, comme par hasard du destin, la vérité commence à transparaître sur la gestion désastreuse du Tchad par le régime voyou du MPS pendant vingt-sept ans, sous les yeux hagards des Tchadiens, victimes du fatalisme et d’un sentiment d’impuissance paralysant. Après un gâchis incroyable de vingt-sept ans et un silence ayant tout d’une indifférence de l’environnement international, une petite partie de la voile épaisse sur la gestion calamiteuse et scandaleuse de notre pays par les oligarques du MPS et les actes de barbarie de ce régime sont levés.

 

L’ONU vient enfin de révéler des violations graves des droits humains (620 cas de crimes contre l’humanité) commis par Idriss Deby et son armée en République centrafricaine entre les années 2003 et 2015. Aussi plusieurs. cas de tueries de civils, de pillages de bien de ce pays et de dépossessions de ses citoyens ont été signalés dès 2003, après la prise du pouvoir par le Général Bozizé.

 

Au même moment et après la dénonciation de biens mal acquis de hauts dignitaires de l’oligarchie tchadienne par un organisme canadien, deux organisations non gouvernementales (ONG) Suisses, Swissaid et Public Eyes
mettent à nu le pillage systématique des richesses du Tchad pendant vingt-sept ans par le régime oligarchique et l’état de la misère noire du Peuple.

Vingt-quatre ans durant, le pétrole tchadien n’a fait qu’enrichir une bande de voyous soudano-tchadiens sans patriotisme, ni moralité et d’autres mafieux, créer une société de classe (de très riches et de très pauvres) et renforcer la répression féroce de toute contestation politique ou sociale. Les Tchadiens doivent se féliciter de voir enfin l’ONU condamner une partie des crimes contre l’humanité commise hors des frontières tchadiennes par le régime MPS, en indiquant les responsabilités d’Idriss Deby et de son armée et les deux ONG suisses dénoncer le pillage en règle des richesses du Tchad et la pauvreté extrême du Peuple malgré la manne pétrolière. Se félicitant de la partie des vérités dites, les citoyens du Tchad souhaitent ardemment que la Communauté internationale fasse également le constat de nombreux crimes contre l’humanité commis et continuent de l’être au Tchad, de la destruction systématique des fondements républicains et de l’absence de l’État régulateur de la vie, garant de la sécurité de personnes et de leurs biens, du banditisme d’Etat érigé en système de gouvernance et mode de vie. L’État régalien, tel que connu en ces temps, n’existe plus au Tchad depuis plus de deux décennies, c’est un autre secret de polichinelle. Les citoyens tchadiens sont aussi en droit d’espérer que d’organismes ou d’autres États puissent, comme la Suisse ou le Canada, dénoncer les biens mal acquis ou blanchissement de fonds détournés du Tchad.

 

Après avoir reconnu, lui-même, que son régime a saigné le Tchad pendant vingt-sept ans et la faillite de son État, le satrape tchadien vient, dans les semaines qui suivent cet aveu de taille, de brader l’exploitation du sous-sol de la région pétrolifère pour trente-trois années (jusqu’à l’année 2050). En fait, dans un besoin urgent d’argent liquide, Idriss Deby abandonne les créances de 74 milliards de dollars du pays et cède l’exploitation du pétrole de Doba à la société Exxon-Mobil le 13 juin 2017 contre 200 millions de dollars payables cash. Il est évident que toute la vérité n’est pas dite sur ce marché qui a tout du noir, l’opinion publique, nationale et internationale n’est pas dupe. Il ne s’agit pas d’un accord, mais de la volonté manifeste du despote d’hypothéquer davantage l’avenir du Tchad, le mettre à genou pour qu’il ne puisse pas se relever en tant que Nation et en tant qu’État de sitôt après le règne spoliateur du MPS. Face à la situation sans issue apparente, à la faillite de l’Etat constatée de notoriété publique, compte tenu de l’inconnu planant sur l’avenir du pays, la responsabilité première engagée n’est ni celle d’institutions internationales, ni celle d’organisations non gouvernementales (ONG), ni celle d’organismes de bienfaisance, c’est bien celle des citoyens du Tchad pour sauver la Patrie en perdition.

 

« La plus petite action est meilleure que mille et une dénonciations de crimes du criminel et autant de lamentations », dit-on.

 

Tchadiens majeurs, nous sommes les premiers responsables de nos échecs, de la situation actuelle et de la misère indescriptible dans notre pays. Nous pourrons aussi être des faiseurs d’un avenir radieux de notre Peuple, il suffit d’avoir la volonté et avoir confiance au Peuple et en nous-mêmes. La reconnaissance du pillage de richesses nationales et de la faillite de l’Etat, en réunion interne des tenants du régime, ne signifie aucunement que le despote tchadien a de dispositions à déclarer par un discours public :

 

« Tchadiennes mes sœurs, tchadiens mes frères, excusez-moi pour les crimes contre l’humanité et économiques parrainés depuis vingt-sept ans et prenez maintenant en main le destin de votre pays ».

 

Si cet impossible se produisait, Idriss Deby serait un héros du siècle, non pas du seul Tchad, mais du monde. Quant aux propositions répétées d’issues possibles et honorables de sortie de crise, la dernière en date du 13 décembre 2016, les retrouvailles des Tchadiens pour une réconciliation nationale inclusive et la reconstruction de ce pays, elles sont rejetées d’un revers de main par le pouvoir en place. Cependant les constats déjà faits par l’ONU et des ONG suisses et canadiennes témoignent de la justesse du combat des patriotes tchadiens pour la liberté, la justice, le progrès humain et un meilleur avenir du pays et de son Peuple. Le reportage en cinq articles du sérieux journal français Le Monde est un autre témoignage de la vérité du mal tchadien et des constats faits. Ces questions « Où va le Tchad » et « Que sera le Tchad sous le MPS d’Idriss Deby» déjà posées, répétées maintes fois dès les années 2 000 par quelques patriotes sont enfin exprimées de manière plus audible par d’autres voix. Elles restent d’actualité aujourd’hui plus qu’hier.

 

Le 25 juin 2017.                                                      

Azoungo Dougli.

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