Forum international Tchad-monde arabe, et bientôt Tchad-Turquie… Mais cela à quelle fin, si les acquis ne sont pas protégés ?

Nul n’ignore que le Tchad compte sur les revenus du pétrole alors que le gouvernement ne cesse d’encourager activement la diversification en dehors du pétrole, afin que notre économie ne dépende pas autant du prix d’une seule denrée. Ce n’est également un secret pour personne que les investissements étrangers jouent un rôle essentiel dans cette diversification et dans le développement de l’économie. Mais en faisons-nous suffisamment pour encourager les investisseurs étrangers ou faisons-nous au contraire tout juste pour les dissuader ?

Nous avons récemment observé cette question en examinant le cas de l’investisseur américain qui a construit l’hôtel N’djamena Hilton. Il nous est rapporté que hormis la plainte qu’il a déposée contre les banques, une grande partie des problèmes auxquels l’hôtel a été confronté peut-être attribuer au gouvernement et à la façon dont nos tribunaux ont précédemment traité les investisseurs américains. Nous savons par exemple qu’en 2017, nos tribunaux ont rendu un jugement de 70 milliards de dollars contre EXXON. Pour ce qui est du N’Djamena Hilton, nous sommes également informés que l’investisseur américain a fait face à des problèmes similaires devant les tribunaux. Cela constitue un modèle négatif à l’encontre de nos deux plus grands investisseurs américains.

Dans l’affaire de la confiscation du Ndjamena Hilton, les décisions des tribunaux tchadiens, systématiquement défavorables à l’investisseur américain, font notamment peser un risque immédiat de fermeture de l’hôtel le plus prestigieux de la capitale, créant ainsi un précédent préjudiciable à l’ensemble de l’économie du pays et envoyant un très mauvais message à tous les futurs investisseurs potentiels.

Tout ceci nous conduit à nous poser une question rationnelle : les investisseurs étrangers n’apportent pas leur argent et leur expertise à un pays comme le Tchad pour perdre de l’argent, mais pour obtenir un meilleur retour sur investissement que celui qu’ils récolteraient en investissant ailleurs. Si nous voulons ouvrir la porte aux investisseurs étrangers, nous devons commencer par faire des investisseurs existants des ambassadeurs de bonne volonté pour notre pays et non des exemples de discrimination à leur égard.

Le gouvernement devrait considérer les investisseurs étrangers comme ses clients. Toute entreprise réussit ou échoue en fonction de la satisfaction de ses clients. Toute personne qui a dirigé une entreprise sait qu’il est moins coûteux de garder un client existant que d’en trouver un nouveau. Cela devrait nous servir de leçon et nous inciter à satisfaire au mieux nos investisseurs étrangers actuels et à en faire une source de promotion afin qu’ils puissent redoubler d’efforts au Tchad et inviter de nouveaux investisseurs dans notre pays, en donnant comme exemple leur propre réussite dans celui-ci.

Tchadanthropus-tribune

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