Déjà très active sur le dossier libyen, l’Italie veut consolider son ancrage au Sahel voisin et multiplie les ouvertures de postes diplomatiques.

L’ambassadeur italien au Niger Marco Prencipe et le premier ministre nigérien Brigi Rafini le 19 juin 2020. ©Ambassade d’Italie à NiameyLe 19 juin, l’ambassadeur italien au Niger, Marco Prencipe, a été reçu en audience par le premier ministre nigérien, Brigi Rafini. L’entretien, qui a duré un peu plus d’une heure, a été l’occasion pour le diplomate d’évoquer la volonté de Rome de s’investir encore un peu plus au Sahel.

D’ores et déjà, la diplomatie italienne travaille à ouvrir une représentation diplomatique au Mali, qui pourrait être pleinement opérationnelle d’ici 2022. A Bamako, Rome ne s’appuie à ce jour que sur un petit consulat honoraire situé dans le quartier de Missabougou, alors que le Mali abrite la majorité des initiatives diplomatico-sécuritaires dans la région : MinusmaEUTM-Mali – à laquelle participent une dizaine de militaires italiens -, Barkhane ou encore le commandement militaire du G5 Sahel.

Conte l’Africain

L’ouverture d’une chancellerie diplomatique à Bamako s’inscrit dans la dynamique initiée depuis 2018 par le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, pour resserrer ses liens diplomatiques avec l’Afrique et particulièrement le Sahel. En janvier 2019, Giuseppe Conte avait même effectué sa première tournée dans la région en se rendant au Niger et au Tchad, deux pays frontaliers de la Libye, sur laquelle l’Italie est particulièrement engagée depuis 2014, pour une sortie de crise.

Le regain d’intérêt italien pour le continent est particulièrement motivé par la lutte contre “l’immigration clandestine”, alors que les côtes italiennes sont une porte d’entrée privilégiée des migrants en provenance de l’Afrique.

Niamey pour base arrière

En 2018, Rome avait déjà ouvert une ambassade au Niger, principal bénéficiaire de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS). Dans le pays, les militaires italiens assurent par ailleurs depuis fin 2018 des programmes de formation à destination des Forces armées du Niger (FAN) particulièrement axés sur la lutte contre l’immigration clandestine. Rome avait même un temps esquissé le projet d’implantation d’une base militaire à Niamey, suscitant un imbroglio diplomatique avec les autorités nigériennes (Africa Intelligence du 30/01/19). L’Italie reste en revanche encore réticente au déploiement de forces spéciales dans le cadre de la task force européenne Takuba, malgré les appels amicaux de Paris pour y prendre part.

Membre de la Coalition pour le Sahel

L’Italie est par ailleurs membre de la Coalition pour le Sahel, ardemment portée depuis janvier 2020 par la diplomatie tricolore. Le 30 juin, Giuseppe Conte a ainsi fait partie des rares VIP à avoir participé par visioconférence au sommet du G5 Sahel qui s’est tenu à Nouakchott (Africa Intelligence du 18/06/20). Quelques jours auparavant, le ministre des affaires étrangères italien, Luigi Di Maio, avait pris part au “point d’étape” de la coalition qui s’était tenu le 12 juin.

Tchadanthropus-tribune avec la lettre du Continent

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