Dans un article intitulé « Secret de jeunesse de Chefs d’État »  Jeune Afrique nous a raconté une histoire grossière et absolument fausse, imaginée par Idriss DEBY. Soucieux de paraître comme l’homme de la France, surtout en ces temps, où il n’est plus en odeur de sainteté à l’Élysée, Idriss DEBY  a raconté une belle fable : « En 1979, pendant la guerre des FAN avec les FAT du tandem Malloum- Kamougué, Idriss DEBY en formation en France serait rentré au pays pour apporter sa contribution. C’est ainsi que les FAN prétend-il, l’auraient immédiatement arrêté et mis en prison au Camp des Martyrs. Et que c’est grâce à l’intervention de l’Ambassadeur de France au Tchad qu’Idriss DEBY a été libéré et que Hissein HABRÉ en aurait fait son bras droit. »

Comme chacun peut le voir, cette histoire où, bien sûr, DEBY a le beau rôle fait partie des mille et une astuces de cette presse françafricaine qui fonctionne comme une pompe à fric prête à aspirer nos CFA, ces méthodes lui ont permis de bâtir un empire . Des histoires bidonnées pour polir la sale image d’un Idriss Deby, le tout assaisonné à la sauce jeune Afrique, et bien sûr, au finish facturé .Il ne s’agit que d’une banale propagande sous le titre pompeux de « Secrets de jeunesse ». Les Tchadiens, disons ceux qui connaissent l’histoire détaillée de leur pays, savent que cette histoire est fausse.

Pendant la guerre de N’Djamena, le jeune sous-lieutenant Idriss Deby a, dans un premier temps, combattu dans les rangs des FAT (Forces Armées Tchadiennes) dirigés par le régime militaire du tandem Général Malloum-Colonel Kamougué contre les FAN d’Hissein Habré. Ensuite, comme beaucoup d’autres éléments de l’Armée gouvernementale en difficulté face aux FAN, il a tout bonnement rallié ces dernières. Un point, un trait.

Ensuite, le Camp des Martyrs en 1979 n’était pas contrôlé par les FAN mais aux mains des FAT. Les Secrets de jeunesse d’Idriss DEBY est une histoire abracadabrante dans laquelle, un Idriss DEBY totalement inconnu, est défendu par un Ambassadeur de France qui va aller le chercher dans un camp contrôlé par les militaires du Général Malloum et non pas par ceux de Hissein Habré.

Autre précision utile: en 1979, le Comchef des FAN était Tahar Guinassou qui avait remplacé le défunt Djimi Hassan dit Mardaye (incontestablement, le plus grand Chef militaire des FAN, et aussi le plus aimé des Combattants). Le contexte de l’époque était fortement marqué par les désertions, les débauchages et les ralliements dans tous les sens; phénomène encouragé par les dirigeants de toutes les tendances politico-militaires. Les FAN étaient très courues. Le sous-lieutenant Idriss DEBY appartenant aux FAT de Malloum, comme Hassan Djamous qui, à l’époque, appartenait aux FAP de Goukouni Weddeye  et beaucoup d’autres éléments des FAT et FAP ont rallié les FAN.

Enfin, dernier élément très important à relever: Ce n’est pas Idriss Deby qui a renversé le régime Habré. C’était l’œuvre concertée, conjointe et solidaire de trois États: la Libye de Kadhafi (argent, armes, munitions, véhicules, habillement, etc.); la France (assistance technique notamment les Conseillers en tout genre, les renseignements, la propagande médiatique); et le Soudan qui a fourni la chair à canon y compris des officiers et soldats de l’armée soudanaise, en particulier de l’ethnie Zaghawa).

Tchadanthropus-tribune avec Zoomtchad.

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  • S il est vraiment inconnu comme vs dites comment l ambassadeur le connai pr le liberer c pas impeu flou c k vs dites ?

    Commentaire par DOBEI le 28 juin 2017 à 12 h 43 min