La date du mardi 11 novembre 2014 restera inoubliable pour beaucoup de Tchadiens dans trois villes. Personne ne s’attendait à ces différentes manifestations.

 

Si à N’Djamena, les élèves des lycées et collèges ont pris d’assaut pour soutenir leurs enseignants en grève pour réclamer leur salaire, cela n’a pas le cas à Moundou et à Sarh. 


À Moundou, retard dans le paiement des primes des examens a été à l’origine du mécontentement des enseignants qui ont descendu dans la rue. Quelques heures ce mouvement, le Gouvernement a décidé de payer ces primes et les enseignants ont appelé à une reprise des activités pour ce matin du mercredi.
 

À Sarh, les habitants de la ville verte ont frappé sur des casseroles pour dénoncer à grand bruit la pénurie de carburant. « Depuis plusieurs semaines, la ville est sans carburant. Nous avons garé nos motos à la maison, alors que c’est avec cette moto que nous faisons le clando pour joindre les deux bouts. Les autorités disent que deux citernes arrivent et nous ne voyons rien dès lors, c’est pourquoi nous manifestons », a déclaré un manifestant joint au téléphone. 

 

Le Gouvernement calme les manifestants


Dans un point de presse animé à la mi-journée par le ministre des Finances Bédoumra Kordjé qui a à ses côtes les deux chefs de départements en charge de l’éducation, dont celui du supérieur Makaye Hassan Taïsso et celui de l’éducation nationale Ahmat Mahamat Acyl a souligné que le syndicat reste le partenaire du gouvernement et sont toujours resté dans le dialogue Il a ensuite expliqué que les salaires impayés de certains fonctionnaires est dû à un décalage d’une semaine lié au recensement. Le ministre Kordjé a déploré que certains fonctionnaires émargent à plusieurs reprises faisant perdre une vingtaine de milliards an à l’État. « Cet argent pouvait servir à faire autre chose. Nous pouvons construire des écoles, faire de forage d’eau potable et bien d’autres à la population », a indiqué le ministre des Finances.

 

 
Point sur la grogne

 

Dans trois villes du pays, à savoir Ndjamena, la capitale, mais aussi à Moundou et Sarh, deux villes du sud du pays. Ces manifestations ont d’abord eu lieu à l’appel du syndicat des enseignants qui proteste contre le non-paiement de primes, mais surtout contre la hausse des carburants. 

À Sarh, on est passé en quelques heures d’un concert de casseroles à des barricades érigées dans les rues, d’une opération, organisée par les enseignants, à des gestes de colère de jeunes. Ce sont effectivement des centaines de personnes qui ont déferlé sur des bâtiments officiels. À plusieurs reprises, les forces de l’ordre ont tiré pour disperser la foule, faisant au moins 2 blessés, selon le dernier bilan. 

Les mêmes scènes se sont répétées à Ndjamena, aux environs des lycées, avenue Mobutu, ou encore Rue de 30 et de 40 où des jeunes sont même allés jusqu’à brûler des véhicules (17 véhicules carbonisés). Là aussi, manifestations, coups de feu, et dispersion. À Moundou, une station-service a été saccagée et des camions-citernes attaqués. Un mort est à déplorer, écrasé par une des voitures-citernes. 

À la mi-journée, le calme était revenu et le ministre des Finances assurait que le problème du paiement des primes et des salaires était en cours de règlement. À Moundou, dans l’après-midi, ces primes commençaient justement à être distribuées et les enseignants ont décidé de reprendre le travail. 


À Sarh, l’Assemblée générale des enseignants a décidé d’appeler les habitants à marcher, mercredi 12 nov. 14, pour une « journée sans engin » et protester ainsi contre la pénurie de carburant. En province, les prix de l’essence et du gasoil se sont multipliés par trois (de 500 à 2500 ou 5000 FCFA) ou même par dix, selon les jours. « Nous, dans ces conditions, on ne peut plus vivre et on est un pays pétrolier », déplore un manifestant qui ajoute que « c’est bien parce que c’est une question de survie » qu’il a osé braver les forces de l’ordre. 

·       Deux morts à Walia, en périphérie de N’Djamena;

·       Deux morts par balles réelles à Sarh;

·       Un mort à Moundou écrasé par un camion citerne alors que les jeunes essayaient d’ériger des barricades.

 

Tchadanthropus-tribune

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Edouard Takadji

Journal du Tchad 

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