Accusés de diffamation, les directeurs de publication des journaux « Salam info » et « Le Moustik » à la barre ce lundi matin

Le Directeur de publication du tri-mensuel « Salam info », Inoua Doulguet Martin et le Directeur de publication du journal satirique « Le Moustik », Abdramane Boukar Koyon, arrêtés pour diffamation, seront présentés à la barre ce lundi matin, a appris TchadConvergence de sources judiciaires.

Ils ont été déférés à la maison d’arrêt d’Am-Sinéné le vendredi 16 août suite à une plainte de Madame Toupta Boguena, ancienne ministre de la Santé publique et secrétaire exécutif de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), accusée par sa nièce de viol sur mineure et pratiques de sorcellerie.

Selon des sources concordantes, les deux journaux ont relayé la déclaration d’un avocat d’une partie civile qui poursuivait l’ancienne ministre en justice pour le fait « d’agression sexuelle sur mineure ». Mme Toupta Boguena a été déclarée non coupable des faits dont l’accuse sa propre nièce.

Après le verdict qui a débouté sa cliente, la nièce de Madame Toupta, l’avocat a fait un point de presse relayé par ces deux médias. C’est un article publié dans les colonnes du « Le Moustik » en lien avec cette affaire, partagé et commenté par le directeur de publication de « Salam Info » sur son compte Facebook qui serait jugé diffamatoire par l’ex ministre, informe la même source.

L’un des avocats de directeurs de publication, Me Olivier Gaoura, dit ne pas comprendre le substitut du procureur de la république, qui, au lieu de laisser les deux journalistes comparaitre libre, les à envoyer à la maison d’arrêt.

« Je suis choqué et sidéré. Un procureur de la république censé connaitre la loi ne puisse pas comprendre certains textes. La loi 31 relative au régime de la presse au Tchad a dépénalisé le délit de presse même s’il y a diffamation, on ne peut pas enclencher une procédure en flagrant délit », regrette maître Gaoura.

Au Tchad, la diffamation n’est plus passible de peine de prison depuis 2010. En plus d’être totalement absurde, la détention préventive de ces deux journalistes est illégale et montre que les autorités font peu de cas du droit de la presse, estime le bureau Afrique de Reporters Sans Frontières (RSF). Ces journalistes doivent être immédiatement libérés, sans attendre que l’affaire soit jugée sur le fond”.

Malgré la dépénalisation des délits de presse dans le pays, les professionnels de l’information subissent encore de nombreuses entraves dans leur travail. Ils ont dû composer notamment pendant plus d’un an avec une coupure des réseaux sociaux, levée seulement le mois dernier par le président Idriss Déby.

Le Tchad occupe la 122e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2019.

Tchadanthropus-tribune avec TchadConvergence

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