Selon nos correspondants et plusieurs journalistes présents, lundi dernier au tribunal de Justice de N’Djamena l’attente fut longue depuis 8 h. Il a fallu attendre plus de 03 heures de temps pour trouver un juge qui accepte de prendre le dossier. Beaucoup de journalistes venus assister à l’audience ne comprennent pas cet acharnement et l’indélicatesse du parquet. Pour info, les journalistes Martin INOUA Doulguet et Abderaman Koyon sont renvoyés en prison à Amsinéné pour deux autres semaines renouvelables.

La présidente de la chambre s’est récusée. Elle demande d’attendre une autre composition pour trancher sur l’affaire. Mais depuis près de 3 heures du temps, les juges ne sont pas revenus. On apprend qu’aucun magistrat ne veut prendre le dossier sachant que l’affaire est mal ficelée et à double tranchant. C’est ce qui arrive dans les affaires pilotées par certaines pontes du régime. Finalement, beaucoup aurait pensé qu’il reviendra probablement au Président du Tribunal de prendre la relève. Mais tout le monde attend, suspendu au bon vouloir et à l’humeur du tribunal, et on fait attendre toujours dans la salle d’audience, au moment où juges et magistrats se concertent en direct ou au téléphone. Que faut-il faire sans y laisser sa peau ? accepter de dire le droit et vous êtes sur une chaise éjectable, ou suivre des instructions et finalement sauver sa peau en trahissant son serment.

Alléluia, le procureur Wambel s’est sacrifié à prendre l’affaire expédiée en quelques minutes. Il est opposé à la demande de mise en liberté provisoire. Cette demande qui a été soutenue par le journaliste dérangeur et empêcheur de dormir Martin INOUA DOULGUET en l’absence des avocats. Le procureur Wambel a articulé l’affaire en deux points :

 

  • Le premier point évoqué est en violation de procédure. Selon l’article 115 de l’ordonnance 25 relative à la presse écrite et média électronique, la poursuite des journalistes pour délit de presse doit se faire par mandement de citation. Or pour ce cas, les deux journalistes n’ont pas été cités à comparaître. C’est donc de la violation des procédures.

 

  • Le deuxième point soutenu par toujours le même INOUA est la discrimination. Alors que Toupta Boguena a porté plainte pour diffamation contre une demi-douzaine de personnes, le parquet a choisi de ne poursuivre que Martin INOUA DOULGUET du journal Salam Info et Abdramane Koyon du journal le Moustik. La diffamation est un délit contre une personne et comme tel, le parquet ne doit pas choisir.

 

La présidente de la chambre s’est désistée sachant que l’affaire est brûlante, se sachant encore que son garde de sceau garde un œil diligenté sur l’affaire en question.

C’est pourquoi nous continuons de dire que cette affaire noircie le tableau d’exercice du ministre de la Justice Djimet Arabi, qui d’après nos informations à prendre aux conditionnelles, se pencherait aux instructions de ses camarades du parti, que ce soit pour Toupta Boguena, ou encore le tout puissant Pahimi Kalzeubet.

Quand Tchadanthropus-tribune faisait son investigation sur certains caractères de corruption du parquet, beaucoup s’en sont offusqués jusqu’à trouver des boucs émissaires. Le coup de pied dans la fourmilière était nécessaire et cela a fini par déstabiliser plusieurs « messieurs » commençant à accuser les leurs de gauche à droite, mais le problème existe et personne ne peut le nier : La justice au Tchad avec le régime MPS n’est pas indépendante, pire elle est au service non plus seulement de l’exécutif, mais des bandes organisées pour régler des comptes aux uns et aux autres qui gênent les intérêts des mafieux.

Le Tchad, notre pays traine encore loin à la 122e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse établie par RSF en 2019. Les agissements sur la liberté de la presse et l’embastillement des journalistes ne fera que nuire à l’image du pays, au régime et le garde de sceau en personne.

Tchadanthropus-tribune

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