Par la signature de monsieur Djonga ARRAFI, le syndicat des magistrats s’insurge contre l’immixtion de la chancellerie, elle-même instruite par des hiérarchies politiques dans le cours normal de la Justice au Tchad.

Plusieurs cas de justice envers des contribuables ont fini par des condamnations sévères en contradiction complète avec les cas posés à la base. Les juges assez souvent sous pression finissent par suivre les instructions du ministre venant au secours de ses amis du parti politique ou réglant lui-même ses comptes.

Pire, il n’y a pas longtemps, la justice avait pris faits et causes envers des individus qui voulaient arnaquer les banques de la place. Là aussi, les magistrats ont été mis sous pression afin de suivre les injonctions de la chancellerie, puis après sous les pressions hautement placées, la même chancellerie revient pour se dédire sur un jugement qu’elle a elle-même établi.

Tout cela n’augure pas d’une justice qui fait son travail en toute neutralité. C’est face à tous ces dysfonctionnements que le syndicat des magistrats s’est insurgé par un communiqué de presse dénonçant :

  • Les libérations illégales et arbitraires,
  • L’interpellation injustifiée des magistrats au siège par cette autorité de tutelle alors que ces derniers sont soumis qu’à l’autorité de la loi,
  • Les menaces qui pèsent sur les juges par des libérations illégales des personnes condamnées par la justice,
  • Sans oublier des peines lourdes attribuées aux journalistes (Martin Inoua Doulguet) alors que les faits de diffamations sont dépénalisés au Tchad.

Ainsi, le syndicat des magistrats convoque tous les magistrats à une Assemblée générale le 21 octobre 2019 dans la grande salle d’audience du palais de Justice de N’Djamena. Pourvu que là aussi, la chancellerie ne vienne perturber une assise pour évoquer l’indépendance de la Justice dans notre pays.

Tchadanthropus-tribune

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  • Un adage de chez nous dit « la crédibilité est comme le lait, quand il se verse, on ne peut pas le récupérer », la justice est l’une trois piliers de l’Etat, mais elle est, surtout, le socle sur lequel un Etat dit de droit repose. Si la justice elle-même se laisse aller par le comportement des magistrats véreux, démarcheurs voire même des crapules, alors elle ne peut pas prétendre à un respect quelconque. On ne peut pas vouloir le beurre et l’argent du beurre ! La justice, doit donc, mettre sa maison en ordre d’abord pour que les autres (la chancellerie, les justiciables, etc) la respectent!!

    Commentaire par Al-Amine Mohammed Abba Seid le 24 octobre 2019 à 10 h 42 min