Onze hommes accusés de coup d’État et 77 personnes arrêtées après les manifestations d’octobre 2022 vont prochainement être graciées par la présidence tchadienne.

Début janvier, le gouvernement avait annoncé l’arrestation de dix officiers et d’un militant des droits de l’Homme, Baradine Berdei Targuio, présenté comme le cerveau d’une « tentative de déstabilisation » de « l’ordre constitutionnel » et « des institutions de la République ». Ce dernier, président de l’Organisation tchadienne des droits de l’Homme (OTDH), est un défenseur connu des droits humains et un critique virulent des Déby père et fils.

« Le président tiendra sa promesse »

Ces onze hommes, qui étaient détenus dans la prison de haute sécurité de Koro Toro, à 600 kilomètres au nord de la capitale, ont été condamnés à 20 ans de prison ferme, a indiqué, dimanche 14 mai, Mahamat El-Hadj Abba Nana, procureur général de la cour d’appel de N’Djamena.

Ils ont été reconnus coupables d’atteinte à l’ordre constitutionnel, de détention illégale d’armes et d’association de malfaiteurs, a précisé la télévision nationale. Toutefois, le 21 avril, Mahamat Idriss Déby Itno avait promis qu’ils seraient libérés. « Le président tiendra sa promesse », a assuré Brah Mahamat, le porte-parole de la présidence tchadienne.

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Par ailleurs, toujours selon le procureur général, 77 personnes ont été condamnées à de la prison ferme après une manifestation contre le pouvoir durement réprimée, en octobre 2022. Une centaine de personnes comparaissaient pendant plusieurs jours et jusqu’à samedi devant la cour d’appel de N’Djamena, dont les audiences se déroulaient dans la prison de haute sécurité de Koro Toro où elles étaient détenues, à 600 kilomètres de la capitale tchadienne. Et dans ce cas-là aussi, « tout le monde sera gracié », a indiqué le porte-parole de la présidence tchadienne. Soixante personnes ont été condamnées à des peines allant de 18 mois à 5 ans de prison ferme pour des délits mineurs, notamment « d’attroupement non autorisé ». Dix-sept autres personnes ont été condamnées à 5 ans d’emprisonnement pour « destruction et incendie volontaire », et 21 ont été relaxées « au bénéfice du doute ».Fin mars, Mahamat Déby Itno avait déjà gracié et fait libérer 259 jeunes arrêtés et condamnés à des peines de prison ferme pour leur participation à cette manifestation. « Le jugement est une chose, et la grâce présidentielle en est une autre. Il faut qu’il y ait condamnation avant que la grâce présidentielle intervienne », a expliqué la présidence.

(Avec AFP)

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