Au Tchad, il y a toujours une justice à deux vitesses pour les citoyens de ce pays. Il y a ceux qui se disent où sont proches du pouvoir qui acquis une immunité de fait et dont la justice à travers ses arcanes est bienveillante, et il y a les autres citoyens communément estampillés “Djiddo ou Am-Aboua “ par ceux-là mêmes, et sur lesquels on applique plus que la loi, jusqu’à l’humiliation.

Abdelkérim Hassan Nassour est bien connu des citoyens tchadiens, surtout ceux du 7e arrondissement de la capitale. Ce commissaire serait à l’origine des rackets, amendes abusives, assassinat sur 6 personnes, emprisonnement abusif avec acte de torture. Abdelkérim Hassan Nassour était le commissaire 1er adjoint du commissariat du 7e arrondissement de Chagoua au moment des faits qui ont conduit à son interpellation, son jugement assez médiatisé comme si la justice voulait se faire bonne conscience. Il fut envoyé en prison à Amsinéné.

Traitement de faveur.

Comme plusieurs intouchables à l’exemple du commissaire, plusieurs personnes mises sous mandat de dépôt en prison ne passent jamais la nuit dans leurs cellules. Souvent ils influencent les régisseurs de prison avec des sommes d’argent (corruption), ou ils ont un responsable haut placé qui donne les instructions pour des traitements de faveur. Les régisseurs les font accompagner d’une garde jusqu’à leurs lieux de domicile afin qu’il passe la nuit, et le lendemain matin, ils reviennent accompagnés d’une garde dans l’indifférence totale. L’ex-commissaire Abdelkérim Hassan Nassour bénéficiait de cette faveur pendant tout le temps de sa détention à Amsinéné.

Le film de son évasion.

Condamné à 05 ans de prison ferme pour coups et blessures ayant occasionnant la mort du jeune Daoud au CSP 7, Abdelkérim Hassan Nassour connu sous le nom de commissaire Kerim s’est évadé de la maison d’arrêt d’Amsinéné le 27 août dernier.

En effet selon un “officier de la police en service à la SNRJ “ l’enquête révèle que Kerim depuis, sa condamnation bénéficiait des traitements de faveur de la part des agents de sécurité de la maison d’arrêt. Il passait le plus souvent ses nuits à domicile et non dans sa cellule. Un geôlier complice l’accompagnait et ils revenaient le matin.

Un coup bien préparé.

D’après nos sources proches de l’enquête, l’évasion de Kerim serait un coup bien préparé depuis des lustres avec la complicité du geôlier qui l’a accompagné et des régisseurs corrompus. C’est ainsi qu’une fois arrivés chez lui, les frères de Kerim ont fait semblant de prendre en otage le gendarme qui s’est laissé faire conformément au plan qui a été ficelé.

Selon les mêmes sources, cette fois-ci le régisseur de la maison d’arrêt ne serait pas impliqué dans cette affaire rocambolesque. L’ordre de sortie n’a pas été donné par ce dernier. Mais c’est la “complicité des agents de la sécurité “ serait déjà établie.

Qui commande qui ? Allez savoir…

Par contre le deuxième adjoint au commandant de la maison d’arrêt d’Amsinéné est aux arrêts à la SNRJ puisque c’est lui qui a permis l’évasion.

L’évasion de Kerim ne surprend pas les observateurs avertis de la scène politique tchadienne. On imaginait mal que ce jeune sanguinaire puisse passer 05 ans en détention.

Pour précision, Kerim est le gendre du Chef d’État-major général des Armées (CEMGA), il est donc du clan au pouvoir, donc supposé intouchable. Aux dernières nouvelles, l’ex-commissaire Kerim qui s’est évadé de la maison d’arrêt d’Amsinéné serait aperçu à Iriba, sa ville natale.

Nos sources affirment curieusement que ses frères ont fait un montage, une pure farce en venant samedi dernier demander au régisseur de la maison d’arrêt de leur retrouver leur frère. Ils lui auraient lancé un ultimatum jusqu’à lundi prochain. Le régisseur les a envoyés voir l’équipe de sécurité qui a fait sortir nuitamment Kerim.

Voilà comment fonctionne le Tchad à deux vitesses…

Tchadanthropus-tribune

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