La profession d’avocat est l’une des professions judiciaires les prisées par les jeunes, elle attire de centaines de jeunes tchadiens terminant leurs études dans les universités du Tchad ou d’ailleurs.

Elle est la plus jeune dans la sous-région CEMAC car il faut rappeler que le premier avocat tchadien feu Me Amady naté fut nommé par décret en 1983. Le barreau du Tchad en compte en tout 200 et quelques avocat titulaire et une centaine d’avocats stagiaires.

Des Chiffres qui sont en inadéquation avec le marché. Le 02 avril 2020, un fait inhabituel s’est produit au palais de justice de N’Djari. La prestation de serment des avocats stagiaires. Ils étaient en tout 27 triés sur le lot pour accomplir le rituel.

La surprise a été grande car parmi les heureux élus ils se trouvent des candidats qui en principe ne pourraient pas faire partie. Il s’agit du cas d’un candidat ayant subi normalement le cours à l’école Nationale de Formation Judiciaire (ENFJ) et régulièrement intégré à la fonction publique et affecté au tribunal de Laï, le nommé MBAIGOLMEM FREDERIC photo ci-contre.

En effet, il faut préciser que la profession d’avocat et la plupart des professions libérales sont incompatibles avec la fonction publique ce, conformément au décret portant statut des avocats au Tchad. Ainsi l’on est droit de se demander comment les membres du conseil de l’ordre des avocats qui a l’accoutumée se montrent toujours rigoureux de l’application des textes puissent laisser un tel fait qui ternisse l’image de la prestigieuse profession ?

Comment les membres du conseil n ont pu identifier ce candidat dont le nom a circulé lors de la publication du décret d’intégration et l’affection des magistrats ?? Quid de l’enquête de moralité ayant abouti a la validation du dossier de ce candidat et le silence des membres du conseil de l’ordre ? Les membres du tribunal ayant reçu le serment ne seraient pas aussi de mèche ? Mille et une question peuvent être posées au sujet de ce cas.

En fouillant un peu dans le Landerneau de la profession, l’on découvre avec stupéfaction que ledit candidat est le protégé du nouveau président de l’Union des Jeunes Avocats du Tchad (UJAT) une organisation faîtière qui regroupe les jeunes avocats du Tchad. Le clientélisme et le laxisme du barreau n’est plus à démontrer car l’entrée au barreau par voie de stage laisse prospérer des comportements d’un autre âge. Il se murmure aussi la non-présentation du bilan et rapport de l’organisation de la Conférence internationale des Barreaux (CIB) qui s’est tenue en décembre dernier au Tchad.

L’organisation de cet événement aurait de faramineuse de sommes d’argent. Aussi faut-il le mentionner, le manque de sanction disciplinaire ou des sanctions à géométrie variable à l’égard de certains et non d’autres. Afin de redorer son blason et donner une image d’une institution sérieuse, le barreau se doit de corriger ces comportements.

Hervé Dupont.

Hdupont@gmail.com

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