Les magistrats sont révoltés. Une colère moite et silencieuse. Les magistrats décident de ne plus se taire parce que s’en est trop.

Pour beaucoup de nos compatriotes, la Justice au Tchad n’est pas indépendante, pire elle est corrompue et injuste. Tout est dans les règlements de comptes où les plus forts écrasent les plus petits.

Le 09 octobre dernier, un scandale comme on a l’habitude de voir souvent dans certaines audiences s’est passé au palais de justice de N’Djamena. Un général de l’armée a été condamné sur siège pour avoir menacé une tenancière d’un hôtel de la place, Chinoise de nationalité, au moyen d’une arme à feu et de guerre. Grâce à la caméra de surveillance, cette menace a été filmée et versée au dossier. Déferré au parquet, un mandat de dépôt a été décerné à son encontre par le 6e substitut du procureur. Curieusement, le dossier se retrouve en citation directe et le général a comparu libre ce jour de 09 octobre 2019. Il se retrouve comme par magie dans une chambre où siège le 6e substitut du procureur au ban du ministère public. Ce dernier a requis deux ans de condamnation ferme, mais le tribunal requalifie les faits et le condamne à un an de prison ferme.

Alors commencent les magouilles de Me Alain Kagombé (avocat) et Mustapha Hamid (président du tribunal) juste après le prononcé de la décision condamnant ce fameux général.  Comme il a l’habitude de traficoter, l’avocat du général Me Alain Kagombé est parti rencontrer le President du Tribunal de Grande Instance de N’Djamena à son bureau.  Les deux larrons dont la combine est connue de tous ont rapidement décidé de la suite malgré la condamnation prononcée par la chambre présidée par le juge Djiddé, un juge qui ne se laisse pas faire.

Aussitôt, Mustapha Hamid rappelle le 1er substitut du procureur, Nedeou Gerard, un autre magistrat corrompu, pour lui demander de faire appel et de laisser ledit général rentrer chez lui. Gerard Nedeou a de suite obtempéré et a demandé aux gendarmes de libérer le général. Ce dernier a été ovationné par par ses parents qui ont nargué la justice ce jour, où l’autorité judiciaire a été foulée au pied.  Mis au parfum de la nouvelle, le Juge Djiddé et le 6e substitut du procureur s’étaient sentis humiliés et ont décidé de suspendre les audiences ce jour.

Selon un de nos correspondants qui a approché un greffier du secrétariat du président du tribunal, Me Kagombé Alain aurait remis une enveloppe très importante à Hamid et à Gerard, mais aussi au ministre de la Justice Djimet Arabi qui a donné son accord pour que les choses se passent ainsi.

La plupart des compatriotes présents ce jour venu pour une autre audience se regardaient bouche bée. Tous affirment qu’il n’y a pas de Justice dans notre pays. Et ce qui vient de se passer dépasse tout entendement. Comment ceux qui sont censés rehausser l’image de la Justice deviennent son fossoyeur ?

Comment et pourquoi laisse-t-on faire cela dans une démocratie ? Tout est à revoir harangue un jeune frère apparemment remonté sur l’expérience qu’il vient de vivre. Le Tchad mérite mieux.

Tchadanthropus-tribune

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