Les leaders religieux sont entrés en scène pour jouer les médiateurs et tenter de mettre fin à la crise sociale

 

Deux mois de grève et toujours pas de terrain d’entente entre les syndicalistes et les autorités gouvernementales. Réunis le 8 septembre dernier à la Bourse du travail, les membres des organisations syndicales ont du répondre à une invitation « surprise » de l’archevêque de Ndjamena, du président du Conseil supérieur des affaires islamiques et le secrétaire général de l’Entente des Eglises et missions évangéliques au Tchad. Il leur a été proposé de suspendre la grève pour diverses raisons comme on peut le lire sur RFI.fr: «Les sept semaines de grève et les différentes déclarations nous ont conduits à une situation de tension extrême. La moindre étincelle risque de provoquer des troubles graves. C’est pourquoi nous vous demandons de suspendre la grève pour faire baisser la tension et nous permettre de nous rapprocher des autorités en vue d’une médiation.» Réponse des responsables syndicalistes qui ont consulté leur base pour décider d’une grève sèche à partir de ce lundi 10 septembre 2012, ils repoussent d’une semaine l’échéance de la grève sèche. Pendant ce temps, la grève est maintenue avec un service minimum assuré, même si les salaires du mois d’août n’ont pas été versés.

 

 
© tchadinfos.com 
Les leaders religieux entre dans le conflit

Du côté du gouvernement, le ministre tchadien des Finances et du Budget, Christian Georges Diguimbaye, persiste que les salaires du mois d’août seront versés seulement aux agents de l’Etat non-grévistes. L’UST doit prendre ses responsabilités et s’acquitter de la rémunération de ceux des agents qui ont respecté son mot d’ordre de grève, a-t-il précisé. Début août en effet, il avait déjà ordonné la suspension, pendant quelques jours, du paiement des salaires du mois de juillet. Réplique du secrétaire général adjoint de l’UST, Adjia Djondang François, le ministre Diguimbaye n’a pas l’autorité de couper le salaireLe gouvernement pense qu’en refusant de payer le salaire, les grévistes seront obligés de reprendre le travail. Cette situation n’est pas la première puisque les travailleurs ont eu déjà à faire face à une telle situation dans le passé où ils ont eu à passer des mois sans salaire et ils n’en sont pas morts, rappelle le secrétaire général de l’UST. 

Dès les premières heures de leur mouvement, de nombreux communiqués de soutien au mouvement des travailleurs avaient été quotidiennement enregistrés dans les médias nationaux, émanant des partis politiques, associations de la société civile et particuliers. Le secteur privé a même observé, la semaine dernière, une journée de grève pour soutenir le public et le parapublic. C’est de la récupération politique, estime le gouvernement, face à ces soutiens incessants au mouvement des travailleurs. L’UST est composée d’une multitude d’organisations affiliées qui, en leur sein, ont des milliers de militants et d’adhérents. Quel est le parti politique qui pourrait venir manipuler tout ce beau monde où chacun a son obédience politique?, s’interroge Adjia Djondang François, qui dit ne pas comprendre "les velléités" du gouvernement. 

Le gouvernement estime que le niveau actuel d’application du protocole d’accord est «acceptable» et quel’UST ne doit bloquer le fonctionnement des structures de l’Etat par une grève qui ne justifie pasLes salaires prendront, d’ici au 31 décembre 2012, plus de 80% des recettes hors pétrole (dont le Tchad est producteur et exportateur depuis 2003, Ndlr), soit 283,2 milliards F CFA inscrits au budget 2012. Or dans ce pays, nous devons faire face à des besoins et demandes sociales dans les domaines de la santé, de la sécurité alimentaire, de l’éducation, de l’emploi et des infrastructures routières, avait déclaré le Premier ministre tchadien, Emmanuel Nadingar, à la cinquième semaine du mouvement. Il avait appelé les travailleurs à plus de solidarité nationale et reprendre le travail. 
L’appel du chef du gouvernement est resté à ce jour vain. Pire, le mouvement de protestation des syndicats risque de se radicaliser davantage dans les jours à venir. Au grand dam des populations qui estiment que le service minimum observé dans les hôpitaux ne résout pas leurs malheurs.

  

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