Par décision de justice, l’ancien porte-parole de la rébellion tchadienne revêt son habit d’homme politique en accédant à la tête du parti qu’il a créé en début des années 1990, l’Union Démocratique Tchadienne.

La Cour Suprême vient d’annuler « le récépissé de la déclaration de modification folio n°035 du 05/03/2007, intervenu dans la Direction du Parti Politique Union Démocratique » et du coup, cette décision évince l’actuel président du Parti Mahamat Blama, par ailleurs député de la circonscription du Baguirmi.

Par cet acte pris le 19 septembre dernier, la Chambre contentieuse de la Cour Suprême consacre le retour au devant de la scène politique nationale de l’enfant terrible de N’Djaména. Abderamane Koulamallah, fils de son père, tribun devant l’éternel, ancien ministre de la transition, proche collaborateur du Chef de l’Etat dont il a dirigé la Communication, abandonne tout et prend le chemin de la rébellion au grand étonnement de tous. C’est « sur un coup de tête » le confesse-t-il.
De toutes les manières, ce fils d’un des pères de l’indépendance Tchadienne, Ahmed Koulamallah, a fait étalage de tout son héritage de tacticien politique lors de la conférence nationale souveraine alors qu’il dirigeait la Nouvelle Coordination, une coalition des Partis politiques proche du pouvoir qui lui a permis d’imprimer sa marque au sein de la CNS. Il serait l’un des artisans de la victoire du premier Premier Ministre de la Transition, Abdelkerim Fidel Moungar qui lui a confié le portefeuille important des Travaux Publics et Transport.
Après cette brève expérience gouvernementale, il a fallu attendre l’arrivée de Koïbla Djimasta pour que Abderamane Koulamallah retrouve le gouvernement au poste de la Culture, Jeunesse et Sport. Il s’y était distingué notamment en obtenant un stage aux Sao en Arabie Saoudite. C’est donc un personnage rodé qui a fait son entrée au cabinet du Président de la République comme conseiller chargé de Missions, ensuite conseiller technique à l’Urbanisme avant de s’occuper de la communication du Chef de l’Etat jusqu’en 2006.
La grande déception de cet enfant à la double culture, tchado-soudanaise, est l’invalidation de sa candidature lors de la première élection présidentielle de l’ère démocratique en 1996. A cause de l’ascendance soudanaise de sa maman, il s’est vu refusé l’entrée en lice par le Conseil Constitutionnel.
Ce garçon qui voulait toujours épater tout le monde n’a pas dérogé à la règle quant il a délaissé tous les ors du palais pour la rigueur et la rusticité du front. Alors que jusqu’à là une certaine opinion voudrait qu’un N’Djaménois (Djiddo) n’est pas fait pour la guerre. Koulamallah fils à démontrer qu’on peut être intello, fils à papa, beau parleur, gentleman et être guérillero. Pas n’importe lequel ! Abderaman s’est illustré au front et au commandement unifié. Aguerri, plein d’expérience, du terrain à la prison est-ce un autre Abderamane Koulamallah, moins bouillant qu’on aura sur l’arène politique ? Wait and see !

Abdelnasser Garboa 

NDLR: le titre de cet excellent article d’Abdelnasser Garboa vient de la rédaction de TchadPages

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