jt-tchad-Ali-Abderaman-Haggar-01-07-2012-00-54-23.png« J’ai mal au cœur, humainement parlant, de voir le Président de la République couler, entraînant ainsi tout le pays dans la dérive. Un Président dans un bateau, ce n’est pas un passager anonyme ! On doit donc l’aider, toujours l’aider. Par la vérité. Le veut-il ? C’est une autre question.
 
Je souffre de voir ce frère, au sens national du terme, avec qui j’ai eu à passer des heures entières à parler du Tchad, descendre sans ascenseur dans le trou de l’histoire, un trou savamment creusé par des personnages peu enclins à la grandeur historique et nullement soucieux de vivre dans leur pays, sous un arbre, dans un camp de réfugiés ou dans une suite d’hôtel au frais des poches occultes. Peu leur importe, pourvu qu’ils vivent ! Le Président est en partie responsable de ce qui lui arrive. Mais il ne doit pas être laissé seul supporter tout le faix des échecs communs. Chacun, ministres, conseillers, etc., quelque part a été responsable de quelque chose. Il faut avoir le courage de s’assumer, donc partager ce qui est partageable.
 
Il est vrai que lorsqu’un chef, n’importe lequel, ne se laisse entourer majoritairement que de "griots"qui préfèrent s’asseoir au pied du fauteuil plutôt qu’en face sur des chaises destinées à cet effet, par exemple ; qui soufflent l’information à l’oreille plutôt que la faire transmettre par les canaux réguliers de l’Etat, qui saluent le chef sans le regarder honnêtement dans les yeux, qui se comportent presque en "esclaves de traîne", il est donc normal que l’erreur devienne la chose la mieux partagée ; Il est clair que le chef ne pilotera qu’à vue…»

 

Source : Et Demain le Tchad… Verbatim – Page 9 – Editions L’Harmattan 

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