Sous l’ère de la première république, les crimes crapuleux commis par préméditation sont condamnés, le chef de l’Etat fait une déclaration à la nation. J’ai en mémoire l’incident survenu à la gendarmerie d’Abéché ou deux coopérants français furent froidement abattus par un maréchal des logis tchadien. C’était en 1965. Il s’agit de l’affaire Hassan Albert.

En 1970 le même genre de crime crapuleux fut commis contre le procureur de la république Emmanuel vergés au palais de justice de N’Djamena (l’affaire Djimé Nadour) suite à ces événements douloureux, le président a fait deux sorties médiatiques. Un troisième événement dramatique a provoqué le déplacement du chef de l’Etat à Am-Timan, c’est l’assassinat collectif d’une délégation du P.P.T/R.D.A survenu le 22 Février 1967 à Siref dans la circonscription du Salamat. Dés l’annonce de cette nouvelle, le Président Tombalbaye se rend en avion à Am timan pour compatir avec les familles des défunts :

Voici son discours : « Tchadiennes, tchadiens C’est pour moi une triste mission de devoir m’adresser aujourd’hui, solennellement, à la nation toute entière pour porter à sa connaissance de tragiques événement : le Tchad est en deuil. Deux de ses meilleures fils, Mahamat Kaskanaye député du Salamat et militant du PPT de la première heure, et Kadre Alio, préfet du Salamat ont trouvé la mort le Mercredi 22 Février, alors qu’ils menaient une opération de nettoyage dirigée contre les séquelles de banditisme dans la région Est du pays.

Quatre militants de la fédération du Salamat et un garde national sont également tombés au cours de cette opération. On dénombre une cinquantaine de tués du coté des éléments incontrôlés ainsi que deux prisonniers. Les survivants se sont enfuis dans la région d’Adoudéïa et de Goz Beida ou ils se trouvent actuellement poursuivis par les forces de l’ordre et les habitants des villages environnants organisés en milice PPT, conformément aux directives données par les instances supérieures du Parti au lendemain du 6e congrès. Sans doute, à l’instant même où je vous parle, les bandits sont – ils entre nos mains. Ainsi, une fois de plus, la subversion a frappé. Il faut que l’on sache bien que ceux qui entretiennent l’insécurité dans l’Est du pays sont maintenant, parfaitement connus et que les réseaux subversifs qu’ils dirigent sont présentement en cours de démantèlement : ils ne pourront plus nuire longtemps désormais. Il convient de situer clairement les choses. Des éléments sans scrupule animés par la haine et par la bêtise, cherchent par tous les moyens, à introduire le désordre dans le pays. Cela peut arriver et est déjà arrivé ailleurs. Il existe partout des aigris et des ambitieux déçus. Cependant en ce qui concerne le Tchad, celui – ci depuis plus de sept ans, sous la conduite du PPT/RDA se construit pierre par pierre. Nous avons forgé notre unité nationale entre le Sud et le Nord Tchadien que nos adversaires de toujours s’efforcent vainement d’opposer. Jour après jour, d’un Etat nous avons fait surgir une Nation. Et c’est cela que l’on ne veut pas nous pardonner. En marge des mots creux, vide de sens, dont malheureusement s’étourdissent encore quelques uns, nous militants du PPT/RDA n’avons pour seul but que les intérêts de notre pays pauvre en infrastructures, sans doute, mais riche de bonne volonté, d’espérance et de bon sens. Il s’agissait, il s’agit encore, il s’agira toujours d’utiliser tous les moyens possibles et efficaces pour élever le niveau de vie de plus déshérités. C’est là la seule révolution valable. Pourquoi alors cette convergence de bêtise, de fausseté, d’ambition, de violence ? Qui donnera la raison de cette étonnante conspiration contre un peuple pacifique, préoccupé seulement de vivre de se développer ? Il n’est pas inutile de faire un rapide bilan. Quelques dizaines d’éléments Tchadiens égarés sont venus voici peu de temps, attaquer les frontières de notre pays, tuer des infirmiers, des fonctionnaires, des instituteurs, des paysans. Une fois en territoire Tchadien, les frontières se trouvant être bouclées, ils ne rencontrèrent que de solides paysans. Qui leur firent la chasse comme à des vulgaires bandits. C’est dans ces conditions que, voici plus d’un an nous avons perdu parmi d’autres camarades très chers, notre frère Bourma Senoussi à Bitchotchi (Mangalmé). Aujourd’hui c’est la mort du camarade Kaskanaye, du préfet Kadre Alio et de leurs compagnons que nous avons à déplorer et, je dirais plus encore à pleurer.

Que dire de notre frère Kaskanaye, si ce n’est qu’il fut et qu’il demeurera un exemple pour tous. Honnête, désintéressé, dévoué, fidèle à son idéal, Mahamat Kaskanaye était le type même du militant progressiste qui avait consacré sa vie au pays et au parti. Il n’est pénible de devoir ajouter jusqu’à la mort car Mahamat Kaskanaye avait été l’un des premiers compagnons de combat. En honneur à sa mémoire et en celle du préfet du Salamat tombé à ses cotés avec d’autres camarades, je décrète que la journée du Vendredi 24 Février 1967 soit une journée de deuil national sur l’ensemble de l’étendue du territoire de la République, chômée et payée. Tchadiennes, Tchadiens le moment est venu d’être plus vigilant que jamais. Vaincu, l’adversaire tente un dernier effort et, avant d’abandonner le terrain, cherche à y laisser sa trace en semant le désordre et le malheur. La justice poursuivra les coupables, si haut placés soient-ils.

Mais le peuple aura aussi son mot à dire, car c’est de lui, de son avenir, qu’il s’agit en définitive. J’ai dit plus avant que ces bandits étaient parfaitement connus et que les réseaux subversifs qu’ils dirigeaient étaient en cours de démantèlement. En effet, les responsables de désordres ont été identifiés et sont maintenant tous arrêtés. Leurs complices suivront qu’ils soient politiciens ou fonctionnaires, simples citoyens, rien n’arrêtera le cours de la justice. Le parti pour sa part, saura veiller à ce qu’elle soit appliquée avec la dernière des rigueurs le dernier congrès du P.P.T/R D.A nous a chargé d’une mission : promouvoir la Nation. Nous saurons nous y employer sans faillir en rejetant de notre sein tous ceux qui voudront s’opposer à notre marche vers l’unité, le progrès, et l’émancipation dans la paix et la fraternité. La composition du nouveau Bureau Politique National est la preuve de notre volonté d’action. A compter de ce jour, nous sommes tous mobilisés contre les ennemis de la nation tchadienne. Nos morts seront vengés. Nous vaincrons. » CONCLUSION au courant du 1er semestre de l’année 2014 des crimes abominables ont été commis sur la personne du Professeur Nomaye Madana et du Docteur Néhémie qui a volé au chevet d’un malade et après avoir sauvé ce patient il fut abattu devant sa concession à cause d’une moto. Les assassinats de ces crèmes intellectuelles de notre pays ne sont pas quand même des faits divers ou un non-événement pour que le 1er Tchadien observe une indifférence totale. Dorénavant que son conseiller à la communication lui dresse une fiche. Deby doit parler, il doit informer la Nation.

 

AL-HADJ GARONDE DJARMA
Ville : N’Djamena
Email : garondedjarma@yahoo.fr

 

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