Eric Topona, secrétaire général de l’Union des journalistes tchadiens, s’était vu convoqué à 8h, au palais de justice, lundi 6 mai. Il en est ressorti encadré par les gendarmes et inculpé pour atteinte à l’ordre constitutionnel.

 

Le journaliste Eric Topona, fils d’un opposant politique, est actuellement détenu à la maison d’arrêt d’Amsinene, dans la banlieue de Ndjamena. Il est poursuivi dans le cadre des suites de l’affaire Jean Laokolé, un jeune blogueur, également fils d’opposant, accusé de diffamation et lui aussi en prison.

Ce n’est pas la première fois qu’Eric Topona a des ennuis avec le pouvoir. RSF (Reporters sans frontières), l’organisation de défense de la liberté de la presse, s’en était inquiété à plusieurs reprises. Cette fois encore, elle demande aux autorités tchadiennes de remettre le journaliste en liberté immédiate.

C’est aussi la requête de Maître Sobdibé Zoua, l’avocat d’Eric Topona, joint par RFI : 

« Je suis scandalisé. L’arrestation en elle-même ne me surprend pas. Eric voyait venir cela depuis très longtemps, quand il a commencé à avoir des soucis avec certaines personnalités.


Il faut dire que c’est l’infraction en elle-même qui surprend. Quand on parle d’atteinte à l’ordre constitutionnel, vous voyez que l’intention est là, de sévir. C’est une très très très grosse infraction, et c’est en cela que je suis scandalisé de ce qui est retenu contre Eric.

 


C’est très difficile, dans un pays comme le Tchad, n’importe qui peut sortir n’importe quel document, et dire que ça vient d’Internet, etc. Les documents qui ont été produits, sans avoir à les commenter, ne sont d’aucune authenticité. On attribue quelques écrits à Eric Topona, tout cela est difficile à expliquer, c’est la raison d’ailleurs qui nous a poussés à déposer une plainte ce matin au parquet d’instance, pour usurpation de titre et violation du secret des communications, parce que Eric estime que sa boîte électronique a été violée
 ».

L’Union des journalistes tchadiens s’est réunie lundi. L’arrestation d’Eric Topona a provoqué une onde de choc au sein de la presse tchadienne. Elle intervient après une série d’arrestations la semaine dernière, dans le cadre d’une tentative présumée de déstabilisation de l’Etat.

 

Par RFI.

 

204 Vues

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article