Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration Africaine, de la Coopération Internationale et de la Diaspora, M.Cherif Mahamat Zene a fait une déclaration ce mercredi à N’Djamena devant le corps diplomatique et consulaire accrédité au Tchad.

La prorogation de l’état d’urgence dans trois provinces et la tenue des élections législatives et communales ont fait l’objet de cette communication faite en présence de 29 diplomates accrédités au Tchad.

Le ministre Chérif Mahamat Zene a tenté de rassurer l’opinion internationale suite aux exactions commises dans le cadre de l’état d’urgence et rapportées par les associations de droits de l’homme au Tchad. « Aucune action arbitraire portant atteinte aux droits et libertés des citoyens ne sera tolérée. Le Chef de l’état en personne y veille », a martelé le ministre des Affaires étrangères d’Idriss Déby.

Mais l’objectif principal de cette sortie du Chef de la diplomatie tchadienne semble être lié au financement des futures élections législatives et communales qui tardent à venir depuis 2015. Mais peut-on organiser des élections dans les trois provinces, où un état d’urgence est en vigueur jusqu’au 20 janvier 2020 ? Et si oui, comment se tiendront les réunions et les meetings pendant la campagne dans ces trois provinces, où même les motos sont interdites de circulation ?

Tout porte à croire que le régime de N’Djaména, sous pression de la communauté internationale, cherche à montrer une certaine bonne volonté pour calmer ses soutiens internationaux. En effet, l’homme qui tient le Tchad d’une main de fer depuis près de trois décennies vient de répondre « niet » à une demande de la CENI qui lui propose de valider l’organisation des élections législatives, couplées des locales, soit pour le mois d’avril, soit pour le mois de novembre 2020. Le despote du Palais rose dit qu’il a pris des engagements qui l’obligent à organiser lesdites élections à la fin de cette année ou au plus tard courant janvier 2020. Et qu’il revient à la CENI et au Cadre national de dialogue politique (CNDP de manœuvrer pour respecter le chronogramme dictatorial.

Mais des élections législatives et communales peuvent-elles avoir lieu avant janvier 2020 ?

Déjà, le fichier électoral, vieux de plus de quatre ans et constitué lors des dernières élections dans des conditions qui manquent de clarté, nécessite plus qu’une une simple mise à jour. Il faudra donc organiser un recensement électoral en vue de mettre au point un nouveau fichier électoral. Selon plusieurs observateurs politiques, du recensement au fichier électoral en passant par les phases nécessaires de saisie, de traitement et d’épuration, il faudra plusieurs mois, voire une année entière si toutes les conditions sont réunies vers 2021.

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Normalement, le financement des élections relève du domaine régalien des états et un état qui se respecte ne doit pas demander une intervention des partenaires au développement pour un domaine qui touche sa souveraineté nationale. Mais, Chérif Mahamat Zene a expliqué que le « Tchad attend un appui conséquent et multiforme de tous ses partenaires bilatéraux et multilatéraux pour organiser des élections libres, démocratiques et transparentes ».

Selon le gouvernement, l’organisation des élections législatives au Tchad nécessite une enveloppe financière de 70 milliards de FCFA. Selon Mahamat Zen Bada, Secrétaire général du MPS, parti au pouvoir, sur la loi de finance 2019, l’Assemblée nationale a voté un budget de 33 milliards FCA pour organiser ces élections. Il manque donc 37 milliards de FCFA. Mais, la hausse de 43 milliards de FCFA des recettes pétrolières au deuxième trimestre 2019 dépasse largement le manque de 37 milliards pour atteindre les 70 milliards nécessaires à l’organisation de ces élections. Pourquoi alors quémander un financement de ces élections par des partenaires étrangers ?

TchadConvergence

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  • Mais écoutez, n’exagérez pas, « la hausse de 43 milliards de FCFA des recettes pétrolières au deuxième trimestre 2019 » là, il y a pas que les élections, il y a d’autres engagements dont le gouvernement est tenu de respecter !

    Commentaire par Al-Amine Mohammed Abba Seid le 20 septembre 2019 à 10 h 40 min