A peine le ministre du pétrole tchadien a-t-il convaincu son président de reprendre les actifs du major chinois que les Russes sont en embuscade.
 

Le russophile directeur de cabinet du président Idriss Déby, Ngote Gali Koutou, ainsi que d’autres cadres favorables aux intérêts russes du fait de leurs parcours universitaires en ex-URSS poussent à ce que la société GPB Global Ressources, filiale du géant russe Gazprom Bank reprenne les cinq permis pétroliers retirés mi-août à la major chinoise China National Petroleum Corp. (CNPC). GPB Global Ressources est déjà présente depuis 2012 au Tchad via sa filiale GPB Chad Minerals SARL qui détient le permis de recherche et d’exploration d’or de Ganboke, dans la préfecture de Mayo-Kebbi.

 

Les dirigeants de GPB Global Ressources optent pour la prudence, vu l’excellente relation existant entre Gazprom (l’un des actionnaires de Gazprom Bank) et la CNPC. Cette dernière a notamment signé en avril un accord d’achat de 38 milliards de mètres cubes par an à Gazprom en Russie. Sergey Baranov, le chef du développement à l’international de GBP Global Ressources, devrait cependant effectuer un voyage à N’Djamena, la capitale tchadienne, au cours des prochaines semaines. En attendant, GPB Global Ressources se déploie sur son permis pétrolier de l’Afar Régional State, dans le nord de l’Ethiopie.  

 

CNPC est menacé par le Tchad d’un arbitrage pour avoir enfreint la législation sur l’environnement en déversant à de nombreuses reprises des déchets pétroliers dans des piscines à ciel ouvert, sans protection. Une amende de 1,2 milliard de dollars leur a été réclamée pour ce motif en mars mais elle n’a jamais été payée. Le ministre tchadien du pétrole, Djerassem Le Bemadjiel était fin août à Paris pour travailler sur une prochaine demande d’arbitrage à ce sujet devant la Chambre de commerce internationale (International Chambers of Commerce, ICC), comme le prévoit le contrat d’exploration signé avec la major chinoise. Le non-paiement de cette amende handicape l’Etat car le ministère des finances avait déjà inscrit les 1,2 milliard $ dans les recettes du budget 2014.

 

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