Une réunion transfrontalière pour l’éradication de la poliomyélite autour du Lac Tchad, vaste de 2.500 km2 et situé au coeur de l’Afrique, s’est achevée jeudi dans la capitale tchadienne, sous l’égide du ministère de la Santé publique et de la représentation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) au Tchad.

La rencontre, qui a duré deux jours et regroupé des gouverneurs de régions frontalières, des directeurs et chefs de services de santé, des experts du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad ainsi que des représentants d’organisations impliquées dans la lutte contre la poliomyélite, a pour objectif d’interrompre la circulation du poliovirus sauvage dans ces quatre pays, qui se partagent le Lac Tchad, et identifier d’autres interventions à mettre en oeuvre le long de leurs frontières.

"Les deux derniers cas de polio pour l’année 2012 au Tchad, ont été notifiés dans la région du Lac. Cette situation a conduit à organiser trois campagnes spéciales de vaccination locale ciblant les enfants de moins de quinze ans et un accent particulier a été mis sur la vaccination des populations insulaires et nomades. Des solutions intéressantes et adaptées, surtout en matière de logistiques appropriées, ont permis de couvrir la zone du Lac Tchad, dont les expériences ont été partagées au cours de cette réunion", a déclaré à Xinhua Dr Mahmout Nahor Ngawara, le ministre tchadien de la Santé publique.

Malgré la quarantaine de campagnes de vaccination menées, la poliomyélite frappe toujours fortement le Tchad: 114 cas dénombrés en 2011, soit un cas sur trois dans le monde. Après être disparu en 2000, l’épidémie a resurgi en 2003.

Selon le représentant de l’OMS au Tchad, Dr Saïdou Pathé Barry, représentant également les partenaires (dont l’UNICEF, le Rotary international, le CDC Atlanta, la Croix Rouge du Tchad et la fondation Bill et Melinda Gates), la zone du Lac Tchad est caractérisée par un grand mouvement de populations qui, pour des raisons économiques, sociales et culturelles, y entreprennent des échanges importants autour.

"L’accès difficile à certaines zones du Lac Tchad crée une complexité pour l’organisation d’activités sanitaires conjointes, plus spécialement, pour l’interruption de la circulation du poliovirus sauvage dans les quatre pays. Cette situation impose, ainsi, des besoins immenses en ressources humaines et en moyens pour couvrir, efficacement, toute la population autour du Lac- Tchad", a affirmé Dr Saïdou Pathé Barry.

"Nous devons mettre ensemble nos intelligences, notre savoir- faire et nos riches expériences au service de nos pays, pour élaborer des plans conjoints, dont la mise en uvre contribuera à interrompre la circulation du virus de la poliomyélite, de renforcer la surveillance et de faire face à d’autres interventions de santé publique d’intérêt commun", a-t-il ajouté.

Les participants à la rencontre de N’Djaména ont planifié la vaccination de routine aux différents points de passage entre les pays frontaliers et aux populations cibles habitant les zones transfrontalières. Ils ont également identifié des stratégies efficaces pour la vaccination des transhumants-nomades, etc.

Ils ont enfin programmé la planification des activités de renforcement de la surveillance épidémiologique (détection et suivi des cas de Paralysie Flasque Aiguë) et la définition des stratégies efficaces pour la mobilisation sociale et le plaidoyer, ainsi que de mécanismes appropriés d’échanges et de partage d’informations entre les districts sanitaires frontaliers. 

Xinhua

 

 

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