Jeunes Cadres de Fitri

N’Djamena, le 26septembre 2021

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, PRESIDENT DU CONSEIL MILITAIRE DE TRANSITION

Excellence,

De prime abord, cette lettre ouverte n’est ni une contestation de la liste des membres du Conseil National de Transition nouvellement nommés, moins encore une réclamation politique décousue de sens de patriotique mais plutôt l’émanation d’un groupe des jeunes cadres de cette localité et qui entendent œuvrer pour son développement.

Par souci de voir les principes démocratiques guider nos pas dans la construction de l’édifice publique, l’injustice sociale est à bannir loin de nos contrées. Tel un leitmotiv, c’est la genèse de cette lettre, laquelle est sensée interpeller et non déverser l’opprobre dans le jardin du Conseil Militaire de Transition sur lequel nous espérons qu’il pourra avoir des places privilégiées à tous les Tchadiens.

Depuis des lustres temps, comme tous les citoyens lambda, nous suivions avec beaucoup d’intérêts l’évolution de la situation politique de notre pays. En notre qualité des Jeunes Cadres de Fitri, nous n’avons jamais songé au désir de nous soustraire de cette dynamique, tant par notre militantisme au sein des diverses formations politiques à travers le pays, de même que dans les organisations non gouvernementales, ainsi que dans tous les autres domaines et ou secteurs sur lesquels œuvrent des Tchadiens.

Mais grande est notre surprise lorsqu’il y’a une formation d’un gouvernement, d’une grande institution ou de la mise en place d’une structure nationale, les cadres de Fitri sont les abonnés absents.

De part ces constats amers soient-ils, nous avons toujours gardé la tête froide, dans l’espoir de pouvoir laisser le temps nous donner raison. Mais cette attitude citoyenne que nous observons se résonne pour les autres comme un signe de faiblesse ou simplement un aveu d’impuissance, d’inconscience ou d’incompétence… Et donc, depuis lors, cette pratique qui n’a trop durée, s’est cristallisée pour qu’enfin l’on soit jeté aux oubliettes.

Lorsque dans le même territoire national, une tranche de la population défie l’État en érigeant des barrières ou en créant des comités d’auto-défense pour l’exploitation minière, au vu et au su des Hautes Autorités. Mais contrairement à cela dans le Département de Fitri c’est la pratique de deux poids, deux mesures. Cette partie du territoire tchadien est vidée de sa population parce que le besoin d’exploitation de ses minerais lui a été interdit. Non seulement chassés comme des malpropres, mais les autochtones sont torturés, humiliés…et leur environnement empesté par des produits chimiques qui, certes auraient des conséquences néfastes à leur santé. Ainsi soit-il. Dès lors que cette attitude citoyenne que nous avons observée n’a récolté que ce minable résultat, nous sommes en mesure de prendre nos responsabilités en main. Dorénavant, sachez que plus les choses ne seront pas comme avant. Où l’on nous dira que nous sommes des citoyens de second rang et que nous n’avons plus le droit de cité lorsque la gestion de la chose publique, ou tout simplement que notre contribution à la construction de l’édifice publique n’est que chimère. TROP C’EST TROP!

De manière empirique, notre localité est l’une des grands pourvoyeurs des soldats au sein de l’armée tchadienne, alors que nos officiers supérieurs se comptent au bout du doigt. Idem pour la police ou la gendarmerie.

Dans la chaine de commandement une statistique simpliste rendrait à l’évidence ce ras-le bol. Au sein de CMT zéro ressortissant de Fitri, au gouvernement zéro de toutes les Provinces du Tchad du gouvernorat au Département en passant par les sous-préfectures, zéro. Comme cela ne suffit pas la liste se prolonge avec le CNT.

Face à cette marginalisation criarde, nous Jeunes Cadres de Fitri réunis pour la circonstance, dénonçons avec fermeté cette politique de marginalisation et demandons à son Excellence, Monsieur le Président de la République par l’entremise du comité chargé de mettre en place le CNT un réajustement en intégrant trois membres de cette localité dont la liste est jointe en annexe de cette lettre…

Pour rappel, la province du Batha compte six (6) Départements et le plus grand Département et le plus peuplé c’est le Département de Fitri, oublié ce Département c’est oublié l’ensemble de la population et ressortissant de ce Département. Le Tchad c’est notre pays à tous, nous avons le droit de participer et d’être dans toutes les institutions de la République surtout au Conseil National de Transition qui est le principal organe législatif du pays.

De ce qui précède, Excellence Monsieur le Président de la République nous sollicitons votre intervention pour que le Département de Fitri soit représenté au Conseil National de Transition

Le Coordonnateur

Loukhman BICHARA

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