Plusieurs émissaires de Khalifa Haftar ont mené en mai et juin de discrètes négociations avec des milices de l’Ouest libyen. Des discussions sont menées parallèlement avec l’Arabie saoudite et l’Egypte.

Alors que le statu quo prédomine en Libye, le maréchal Khalifa Haftar tente de renouveler ses alliances miliciennes. Ces dernières semaines, il a ainsi engagé une série de négociations secrètes entre Paris et Le Caire. Elles sont notamment menées par Belkacem Haftar, fils de l’homme fort de l’Est libyen.

Khalifa Haftar est ainsi parvenu début juin à un accord avec Osama al-Jouili et ses combattants Zintan. Déjà, lors de la tentative de Fathi Bachagha d’entrer à Tripoli en mai 2022, les hommes de l’ancien chef de l’agence des renseignements militaires avaient appuyé l’ex-ministre de l’intérieur et allié de Khalifa Haftar (AI du 26/05/22). Certains éléments pro-Armée nationale libyenne (ANL) à Zintan se sont ainsi directement placés sous commandement zintani.

Alliances à l’Ouest

Des discussions sont également en cours avec les chefs de la milice Nawasi de Mustafa Gadur. Celui-ci avait aussi clairement exprimé son soutien à Fathi Bachagha avant d’être limogé par Abdelhamid Dabaiba de son poste de numéro deux des services de renseignements. Il a été réintégré par une décision de justice le 20 juillet. Les émissaires d’Haftar ont par ailleurs passé un accord avec la milice des Buzriba, qui opère à Zawiya et dont l’un des frères, Assem Buzriba, avait été choisi en février 2022 comme ministre de l’intérieur du gouvernement mené par Fathi Bachagha.

Ce renforcement des alliances à l’Ouest intervient alors que Bachaga, qui a installé son propre exécutif à Syrte, continue d’afficher sa volonté d’entrer prochainement – sans combats – à Tripoli, après ses tentatives ratées de ces derniers mois. Dabaiba, lui, n’est toujours pas disposé à quitter la primature, ni la capitale.

Rapprochement avec Riyad

Faisant face à la méfiance des Emirats arabes unis – qui ont pourtant parrainé l’accord ayant permis la nomination de son conseiller Farhat Omar Bengdara au poste ultra-stratégique de PDG de la National Oil Corp (NOC) par Dabaiba -, Khalifa Haftar tente également de renforcer ses alliances à l’international. Début juillet, il a envoyé son secrétaire particulier, Abdelkarim Hadiya, à Riyad pour conforter sa relation avec le royaume saoudien, soutien de la première heure d’Haftar. Il a aussi mené tout au long du mois de juin plusieurs opérations de charme en direction du Caire, allié historique du maréchal.

Africa intelligence

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