Les 73 participants au dialogue inter libyen réunis sous les auspices de l’ONU à Genève, en Suisse ce vendredi 5 février, ont élu Abdel Hamid Dbeibah comme chef du gouvernement intérimaire. La nomination d’un nouvel exécutif libyen à Genève constitue certes une avancée dans le processus politique libyen, mais le nouveau Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah et son équipe, élue par surprise, doit désormais affirmer sa légitimité sur le terrain.

Une rude tâche attend les nouveaux dirigeants libyens.

La première et peut-être la plus difficile, c’est de pouvoir s’affirmer sur le terrain, face aux nombreuses factions antagonistes qui influent sur la décision politique. Certains ont d’ores et déjà annoncé clairement qu’ils prendront leur distance avec Genève et chercheront coute que coute à consolider leur position au sein du pouvoir. C’est le cas de plusieurs chefs de guerre qui ne semblent pas prêts à renoncer à leurs acquis.

Le processus politique onusien de 2015, qui a conduit à l’accord de Skhirat et a mené au pouvoir le gouvernement d’union nationale avec à sa tête Fayez al-Sarrajj, n’a jamais obtenu la confiance du Parlement, ce qui a accentué les divisions. Y a-t-il plus de raisons aujourd’hui pour accepter ce nouveau pouvoir que certains qualifient déjà de « gouvernement des frères musulmans » ?

Fayez al-Sarrajj, n’a pas pu, non plus à l’époque, dissout les milices comme le prévoit l’accord politique. Abdel Hamid Dbeibah hérite aujourd’hui d’une situation beaucoup plus complexe. En plus des puissantes milices, il faut désormais composer avec les 20 000 mercenaires étrangers présents sur le territoire et qui ne semblent pas prêts à partir.

Effectivement, ceux qui sont considérés comme mercenaires sont nombreux en Libye. La plupart des rebelles tchadiens qui sont installés dans le Sud libyen seront priés de quitter le territoire libyen très bientôt, dès que la nouvelle équipe gouvernementale prendra les choses en main. 

Ce qui fait peur à Idriss Déby risquerait d’arriver très bientôt, car la convergence de tous ces hommes armés inquièterait au premier chef le régime d’Idriss Déby.

Le Premier ministre libyen devra également sécuriser le pays, surmonter les divisions, unifier les institutions, lancer un processus global de réconciliation nationale et organiser les élections générales du 24 décembre. Tout cela en moins d’un an.

Le chef du Gouvernement libyen d’union nationale (GNA) Fayez al-Sarrajj s’est félicité vendredi de la désignation à Genève d’un Premier ministre et de trois membres du Conseil présidentiel. « Nous nous félicitons du succès du Forum du dialogue politique libyen avec la désignation d’un nouvel exécutif et je félicite ceux qui ont été choisis à la tête de ces responsabilités (…) dans cette période difficile », leur souhaitant « du succès dans leur mission », a-t-il indiqué dans un communiqué diffusé sur la page Facebook du GNA.

Les gouvernements d’Allemagne, d’Italie, de France, des États-Unis et du Royaume-Uni ont salué le nouveau gouvernement intérimaire de Libye, mais ont prévenu qu’un « long chemin » restait à parcourir. « L’autorité exécutive unifiée devra mettre en œuvre l’accord de cessez-le-feu, fournir les services publics essentiels au peuple libyen, lancer un programme de réconciliation significatif, faire face aux besoins critiques du budget national et organiser des élections nationales », ont-ils déclaré dans un communiqué conjoint publié par le ministère allemand des Affaires étrangères.

Tchadanthropus-tribune avec RFI

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