Alors que les préparatifs pour le sommet de la Ligue des Etats arabes des 1er et 2 novembre à Alger sont entrés dans leur dernière ligne droite, plusieurs chefs d’Etat ont déjà confirmé leur venue auprès de leur hôte.

La liste des chefs d’Etats africains qui seront à Alger les 1er et 2 novembre pour le sommet de la Ligue arabe se précise. Parmi les premiers à avoir confirmé leur présence à la diplomatie algérienne figure le président tunisien Kaïs Saïed et son homologue égyptien Abdelfattah al-Sissi.

Côté libyen, c’est le président Mohamed el-Menfi qui devrait représenter Tripoli et non le premier ministre Abdelhamid Dabaiba. Un choix plus consensuel pour éviter tout couac diplomatique. Le Caire ne reconnaît plus la légitimité du gouvernement Dabaiba, ce qui paralyse l’organisation panarabe depuis plusieurs semaines. Le 6 septembre, le ministre des affaires étrangères égyptien Sameh Choukri avait quitté avec fracas une session de la Ligue arabe présidée par la cheffe de la diplomatie libyenne Najla al-Mangoush, en guise de protestation. Symbole des tensions persistantes, la réunion ministérielle entre l’Union européenne (UE) et la Ligue arabe, initialement prévue au Caire le 10 octobre, a été annulée : l’Egypte s’opposait à voir la Libye la présider.

Un déplacement du roi Mohammed VI, comme au sommet de 2005 à Alger, reste très incertain. L’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en août 2021 et n’autorise pas les aéronefs de Rabat à survoler son territoire. Le palais royal examine l’option d’un déplacement, mais n’a pas fini d’en étudier le rapport bénéfice-risque. Le souverain, qui goûte peu les sommets de la Ligue arabe, s’était fait remplacer en 2018 par son frère Moulay Rachid, en Arabie saoudite. En cas d’absence, il pourrait être représenté par le premier ministre Aziz Akhannouch et le chef de la diplomatie Nasser Bourita.

Plus au Sud, le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani a déjà confirmé sa participation, lors de la réception du ministre algérien de l’intérieur Brahim Merad, le 14 septembre à Nouakchott. Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh devrait lui aussi en être, tout comme celui des Comores Azali Assoumani. Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud participera lui aussi au sommet. Son pays est l’un des rares Etats arabes à ne pas apporter un soutien inconditionnel à l’Egypte sur le cas épineux du grand barrage de la Renaissance (voir notre feuilleton). Ce dossier régional avait donné lieu à une précédente tentative de médiation d’Alger, à l’été 2021. Il sera l’un des grands sujets abordés lors du sommet par le président égyptien et Abdel Fattah al-Burhan, le chef d’Etat de facto du Soudan, qui s’envolera également pour l’Algérie.

Le Golfe en force

Du côté des Etats du Golfe, le prince héritier et premier ministre saoudien Mohammed bin Salman fera le voyage. Un doute persiste sur la participation de son père, le roi Salman bin Abdulaziz al-Saoud, à cause de son état de santé. Tamim bin Hamad al-Thani, l’émir du Qatar, sera lui aussi présent à la grand-messe des puissances arabes. L’émir du Koweït, Nawaf al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, 85 ans, ne devrait pas se déplacer en raison de problèmes de santé. C’est son frère, le prince héritier Mishal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, qui a assuré les dernières visites à l’étranger.

Absence notable : le président émirien Mohammed bin Zayed al-Nahyane (MBZ) ne devrait pas se rendre en personne en Algérie. Son premier ministre Mohammed bin Rashid al-Maktoum pourrait représenter la fédération. Le roi de Jordanie Abdallah II, lui, devrait bien honorer l’invitation du président algérien. Rashad al-Alimi, le chef du Conseil présidentiel yéménite, sera également présent.

La diplomatie algérienne avait un temps songé à profiter de ce sommet pour orchestrer le grand retour du président syrien Bachar al-Assad au sein de l’organisation. Mais les désaccords entre Etats ont finalement eu raison du projet, Damas renonçant d’elle-même à défendre son cas devant ses pairs arabes.

L’absence du président libanais

Déjà réunis à Alger par le président Abdelmadjid Tebboune, lors de la fête de l’Indépendance le 5 juillet, le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et celui du bureau politique du HamasIsmaïl Haniyeh, auront de nouveau l’occasion de s’y croiser.

En revanche, l’élection présidentielle libanaise ne permettra pas au chef de l’Etat Michel Aoun d’y assister. Son mandat prend officiellement fin le 31 octobre et il n’est pas rééligible.

En amont de ce sommet, les ministres des affaires étrangères des pays membres devraient se retrouver du 26 au 30 octobre, dans la capitale algérienne.

Africa Intelligence

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