De sources concordantes, Haroun Ramat, le maire de la 4e circonscription de la ville de N’Djamena s’exerce à imposer aux habitants de sa circonscription de creuser dans leurs domiciles respectifs des puisards afin de ne plus évacuer les eaux usagées vers les caniveaux publics. Une décision prise manu militari qui ne plait pas à la majorité de la population de ladite circonscription. D’abord, pour construire un puisard, il faut de moyens financiers, une bourse qui n’est pas à la portée de tout le monde par ce temps de crise généralisée, affirme un habitant dépité.

D’après une correspondance envoyée à la rédaction, Mr Haroun Ramat, fort de son génie a décidé d’aller frapper à la porte des habitants pour les intimer d’éliminer les canaux de canalisation d’eaux qui mènent vers les caniveaux sous peine des amendes.

Que doivent faire les gens qui n’ont pas les moyens de construire un puisard ?

Comment feront-ils pour s’organiser ?

Une décision de telle nature exige une consultation des habitants des quartiers avant de l’entériner. Mais procéder à son exécution illico presto ne fera que pousser une frange des habitants à faire n’importe quoi, et sera à la fin improductive. D’ailleurs, il suffit juste de voir comment ont réagi les habitants contre les agents municipaux. Ceux à qui on impose cette décision commencent par jeter l’eau usagée dans la rue. Pourquoi ne pas chercher d’abord par sensibiliser les habitants du quartier aux biens fondés de cette décision avant de l’acter, où à contrario leur trouver des solutions. N’est-ce pas la priorité d’un maire est l’épanouissement des habitants de sa circonscription ?

Pour rappel, les caniveaux dans la capitale ont été creusés depuis les années 1970 pour drainer l’eau de la pluie et permettre d’assainir l’évacuation des eaux vers le grand canal de Fort-Lamy à l’époque. Depuis lors, le problème de drainage ne s’est qu’accentué à cause d’une population qui s’est multipliée sans que des solutions adéquates ne soient trouvées. Chaque année, certains quartiers de la capitale se trouvent complètement noyés dans l’eau sans que les maires des circonscriptions et la mairie centrale ne puissent faire quoi que ce soit. Des problèmes permanents et réguliers.

Tchadanthropus-tribune

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