Le Premier ministre français a bouclée sa tournée africaine l’ayant conduit au Tchad et au Niger ce weekend. Sous prétexte de rendre visite aux troupes françaises Barkhane stationnées dans ces deux pays, Manuel Valls a fait de sa visite un soutien politique déguisé au président tchadien Idriss Deby Itno qu’il a rencontré le Samedi 22 Novembre.

 

Au Tchad où Manuel Valls a séjourné entre vendredi soir et samedi, tout l’appareil médiatico-protocolaire du régime a été mobilisé pour redonner du souffle  au régime d’Idriss Déby dont les fondations ont été fragilisées par l’omniprésente  crise sociale et les manifestations de rue qui ont eu lieu dans les grandes villes du pays.

 

Coïncidence d’évènements ou acte politique calculé, l’arrivée de Manuel Valls au Tchad après les turbulences de rue du 11 novembre,  est aujourd’hui surexploitée par les médias d’état comme une marque de confiance de la France au régime. Le 22 Novembre, jour où Manuel Valls a rencontré le Président Idriss Déby, fut à ne point s’en douter une journée de répit pour ce dernier et ses ministres dont les journées antérieures étaient ponctuées de rencontres et des sorties médiatiques timorées visant à désamorcer la situation sociale hautement explosive.    

 

Les intérêts de la France en Afrique sont immenses et la morosité économique actuelle dans ce pays aidant, les politiques français de tout bord, malgré leurs déclarations de rupture avec la françafrique, continuent de la perpétuer. Le jeu trouble de la France lors des récents évènements au Burkina qui ont poussé à la chute Blaise Compaoré en est la preuve palpable. L’Afrique francophone reste malheureusement la seule mamelle nourrissante de la métropole et le sevrage entre la France et ses anciennes colonies semble être une illusion. Le soutien des Chefs d’Etats français et ceux en devenir comme Manuel Valls aux dictateurs affiliés à la France est un “must”.

 

Mais l’Afrique change et les africains se réveillent. La révolution Burkinabé a surpris Compaoré, elle surprendra ailleurs aussi. C’est le propre des révolutions que de surprendre. La visite “renfort” du Premier ministre français au Président tchadien aux fins non avouées de lui témoigner le soutien de la France, n’arrêtera pas sa chute imminente. Le rouleau compresseur est lancé, rien ne le stoppera.

 

Maintenant que la fièvre de la visite de Manuel Valls est tombée, la dure réalité refait surface et les pontes du MPS ont repris le relai en parcourant la capitale avec la même litanie:  nous sommes les garants de la paix versus les autres qui souhaitent la violence. De grâce les Tchadiens n’ont jamais vécu en paix, ils souffrent juste en silence.

 

Les questions sociales demeurent  inchangées et la société civile tchadienne reste davantage mobilisée pour contribuer à changer la donne. La naissance du collectif Trop c’est Trop regroupant les organisations de la société civile tchadienne est un pas de géant dans ce sens. Cette excellente initiative va permettre la synergie des moyens de ces organisations longtemps dispersées et dont les actions étaient régulièrement torpillées par des membres “agents-doubles”. 

 

Ousmane Hamay

Ottawa, Canada

 

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