Le public tchadien est moins enclin à la consommation des produits des artistes locaux. Mais avec quelques-unes de leurs sorties, surtout celles d’Afrotronix, les lignes semblent peu à peu bouger.

Le showbiz tchadien suscite de plus en plus d’engouement. Depuis toujours, les Tchadiens espèrent voir les artistes locaux avoir le même standard de succès dans le monde comme les autres. Ils rêvent de voir les artistes du bled occuper le cœur de l’actualité people, signer des autographes, aller à la conquête des autres pays de la planète, avoir un public de plus de dix mille personnes à leurs pieds, gagner des Grammy Awards. Afrotonix l’a fait. Mais il a conquis le monde avant de conquérir le Tchad. La raison, les œuvres musicales tchadiennes sont moins encouragées et moins consommées localement.

Toutefois, depuis quelque temps, les musiques tchadiennes sont jouées à longueur de journée dans de nombreux restaurants et repères culturels. Et les concerts mobilisent du monde. Le mélomane tchadien semble alors prendre la mesure de son état amorphe. Ses soutiens multiformes étant vitaux pour ces artistes talentueux qui ne cessent de mouiller le maillot pour le tricolore national.

Cela se manifeste déjà par la réactualisation des titres cultes et tubes des années 90 et 2000 à l’exemple de ‘’Louise’’ de Saint M’Bété Bao, ‘’Soucis’’ de Laurent Ça tourne, ”Mariam” de Clément Masdongar, ‘’N’djaména’’ du groupe H’Sao, le ”Gourna” de Djorio Star, le ”Kidi Gourane” de Wori et Sultan, la fusion entre Mawndoé et le maestro Diego, l’album ‘’Persévérez’’ de Talino Manu, composés majoritairement en arabe tchadien. A cela nous pouvons ajouter des plats servis par la génération actuelle tels que le phénomène Bunda de Ray’skim, le hit arabophone ‘’Dambadjoya’’, ”Kété” du rappeur Anonyme, les concepts d’Afrotronix, ”Allah Oun Doi De” de Mawndoé et le tournant Ngone Saar adulé et joué dans les maquis du pays.

La tournée du futuriste Afrotronix est la cerise sur le gâteau. Pour dire que l’artiste tchadien est aussi capable des grandes réalisations. Les quatre dates de cette tournée ont contribué à casser les clichés superflus entretenus, parfois à dessein, ou par ignorance, autour de l’approche artistique au Tchad. Remplir deux fois l’institut français du Tchad, réunir plus de cinq mille personnes à Koumra et une foule en feu à Abéché, personne ne s’y attendait. Cet exploit nous amène à comprendre que l’ascension musicale au Tchad dépend de la bonne matière taillée au goût du public. Mais aussi, et surtout, d’un investissement colossal de différents acteurs pour assurer de la visibilité à l’œuvre créée et faire vivre son géniteur.

Bien que les responsabilités soient sur une balance inclinée lorsqu’il s’agit d’acheter des disques, le consommateur tchadien exige davantage de qualité pour étancher sa soif.
Aujourd’hui, la nouvelle génération prend ses responsabilités et mène un combat de titan pour atteindre le niveau de représentativité au-delà de nos murs. Le gouvernement à travers le ministère de la Culture doit revoir sa copie pour véritablement booster ce secteur, véritable industrie sous d’autres cieux.

Tchadanthropus avec Tchadinfos

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