La question de la forme de l’Etat divise les tchadiens depuis un certain temps. Alors que le pays célèbre ce 28 Novembre 2023 ses 65 ans d’existence en tant qu’une république, une partie de la population souhaite voir le Tchad devenir un Etat fédéral. Mais quelles sont les motivations réelles de ce choix aussi radical qu’il puisse paraitre?

Lors du dialogue national Inclusif et souverain tenu en Aout 2022, le sujet a été posé sur la table des discussions par la classe politique fédéraliste. Après un débat houleux tout autour,  un consensus n’a malheureusement pas été trouvé. Le choix entre un Etat fédéral et un Etat  unitaire a été alors renvoyé au referendum qui se tiendra le 17 décembre prochain.

Les différentes formes de gestion de l’Etat qu’a connu le Tchad depuis les indépendances jusqu’ici ont montré leurs limites selon les fédéralistes.  Pour eux,  La décentralisation excessive ne laisse pas assez de liberté aux provinces du pays. Ils évoquent également le problème de la  répartition des ressources

«  Il y’a ce Problème de répartition des ressources, puisque la société de base n’est pas associée à la gestion de la chose publique. Et même lorsqu’on a dit qu’on va mettre en place une forte décentralisation, cela n’a même pas non plus marché, parce que toutes les décisions venaient de la capitale et les gens ne faisaient qu’appliquer ce qui était décidé. » Argumente Baniara Yoyana, fédéraliste et ancien Ministre.

De l’autre côté, plusieurs autres tchadiens trouvent que c’est un risque de faire du Tchad  un état fédéral puisque les réalités socio culturelles du pays en dépendent.  C’est le cas par exemple du conseil National de transition Takilal Ndolassem fervent partisans du fédéralisme qui a fait un revirement pour pouvoir battre campagne pour l’adoption d’un Etat unitaire au referendum

Pour Saleh Kebzabo, premier Ministre de Transition, « la fédération est une ouverture sinon un balisage de chemin pour les guerres de sécession,  les conflits tribaux et le repli identitaire. Pour un pays qui compte une centaine d’ethnies comme le Tchad, le fédéralisme  est un projet simplement à rejeter  car jugés déstabilisateurs ». Les exemples d’autres pays fédérés en conflits sont légions, complète-t-il

En dépit de tout, il faut dire que la plupart des tchadiens majoritairement jeunes, et qui aspirent a la gestion de la chose publique, ne  maitrise pas le fédéralisme dans toutes  ses contours. Ce qui revient à dire qu’il faut du temps pour pouvoir faire comprendre de manière lucide le clicher d’un Etat fédéral à tous jusqu’au dernier citoyen pour pouvoir l’appliquer  afin d’éviter tout recule sur le plan de  développement.  Sinon sur les plus de 7millions de la population tchadienne, combien ont une connaissance approfondie du fédéralisme ? La question reste toutefois  posée

Le Tchadanthropus-tribune                                              

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