Le peuple tchadien est appelé aux urnes ce dimanche 17 décembre pour un référendum (historique ?) sur l’adoption d’une nouvelle Constitution. Celle-ci entérine la nature unitaire de l’État tchadien, alors qu’une large frange de la population et de la classe politique militait pour une évolution vers un système fédéral.

Le Tchad a certes toujours été un État unitaire depuis son indépendance. Néanmoins, face aux tensions politiques et communautaires récurrentes, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer plus d’autonomie des régions, notamment dans le Nord et le Sud du pays.

Cette nouvelle Constitution, en confirmant le caractère unitaire de l’État, va donc à l’encontre des aspirations fédéralistes majoritaires au sein de la population. D’où la nécessité pour les Tchadiens de mesurer la portée de leur vote lors de ce référendum décisif.

 

Au-delà de la seule question de l’organisation territoriale du pays, le texte constitutionnel comporte également des avancées démocratiques essentielles qu’il ne faut pas négliger. Limitation des mandats, indépendance de la justice, libertés fondamentales… Certains pourraient être tentés d’interpréter une éventuelle victoire du “non” à ce référendum comme la consécration des idées fédéralistes. Ce serait aller trop vite en besogne.Un rejet de l’actuel projet de Constitution signifierait simplement que le texte soumis au vote ne convainc pas dans sa formulation actuelle. Cela ne voudrait pas dire pour autant que le fédéralisme l’emporterait ou que l’État unitaire serait automatiquement abandonné.

Rappelons qu’une petite majorité de “non” prochain conduirait simplement à l’obligation de soumettre un nouveau texte constitutionnel au peuple tchadien. Ce nouveau projet pourrait tout à fait maintenir le caractère unitaire du pays.

 

De la même manière, en cas de victoire du “oui”, cela ne signifierait pas un rejet définitif de toute velléité décentralisatrice ou fédéraliste. Des modifications constitutionnelles resteraient envisageables par la suite.

 

Quoi qu’il en soit, le résultat de ce référendum, aussi serré soit-il, ne devra pas être source de fracture politique et sociale supplémentaire au Tchad. Qu’on soit partisan du “oui” ou du “non”, l’union des Tchadiens dans le respect mutuel reste le seul horizon souhaitable. Le Tchad se trouvant à la croisée des chemins, il appartiendra alors à l’ensemble de la classe politique et de la société civile de faire preuve de responsabilité pour construire sereinement l’avenir du pays.

Le Tchadanthropus-tribune avec Tchad info

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