Toute la semaine dernière, mon nom a été l’objet d’un buzz : des informations, selon lesquelles ma sécurité aurait été mise en danger, ont abondamment circulé sur la toile. Aussi, quoique d’autres l’aient déjà fait, aimerais-je apporter moi-même les éclaircissements nécessaires concernant cette affaire qui, à mes yeux, n’a été, finalement, rien d’autre que le fruit d’un profond malentendu.

En effet, je suis rentré à N’Djaména le 28 décembre dernier, comme je l’vais fait l’année passée, à la même époque. Mais, cette fois-ci, peu de gens étaient au courant de ce voyage. Par ailleurs, dès mon arrivée, je suis allé au Cameroun pour y rencontrer des membres de ma famille que je n’avais pas revus depuis fort longtemps, plus de quarante ans pour certains.

C’est dans ces conditions que, informés de ma présence à N’Djaména, beaucoup de mes amis et proches m’ont téléphoné, mais, en vain. Intrigués par mon silence, certains d’entre eux en ont déduit qu’il me serait, peut-être, arrivé quelque chose de grave. Aussi, comme de juste, ont-ils pris l’initiative de faire part de leurs inquiétudes sur les réseaux sociaux. Voilà, en quelques mots, comment est né ce buzz !

Je tiens, cependant, à préciser aussi que, contrairement à ce qu’a déclaré Makaila – dont, par ailleurs, dans ces circonstances, je mesure et apprécie hautement la solidarité militante et l’attachement à ma personne -, je ne suis pas rentré au Tchad pour « contribuer » à une quelconque « réflexion sur les questions nationales ». Tel n’est pas l’objectif de mon retour au pays !

Il y a quarante ans exactement, au mois d’avril 1978, quand j’a décidé de claquer les portes du lycée Félix Eboué, où j’enseignais comme professeur de français, pour rejoindre les rangs du Frolinat, avec d’autres, notamment mes camarades et amis d’alors, Asseïd Gamar Sileck et Al Hadj Bengali, je n’en ai demandé l’autorisation à personne : j’ai agi en homme libre, guidé, mû, uniquement par mes conviction politiques profondes !  Aujourd’hui, après quarante ans d’exil, un exil subi et non choisi, à cause notamment de la dictature d’Hissein Habré, responsable de la bifurcation de la trajectoire de ma vie, comme celle des milliers d’autre enfants du Tchad, condamnés à vivre, malgré eux, hors des frontières du pays, je continue d’agir de même, avec le même état d’esprit : c’st toujours en homme libre que je rentre à N’Djaména, sans marchandage aucun, sans trompettes ni clairon, non plus !

Ce faisant, mon ambition principale est simple et modeste à la fois : retourner au pays, rentrer à la maison, retrouver le berceau, la ville, de ma naissance, Fort-Lamy, devenue N’Djaména, mon quartier chéri, mon Ambassatna natal, mais aussi ma famille, mes amis d’enfance, mes proches, ou tout ce qu’il en reste après que la fuite et l’usure du temps ont fait leur œuvre ! Il n’est, évidemment, pas utile d’ajouter que, en agissant ainsi, je ne renonce à aucune once de mes convictions politiques profondes !

Je termine en exprimant toute ma reconnaissance, toute ma gratitude à tous ceux qui, tels Makaïla, Mamat Assileck Halata et d’autres, au Tchad ou à l’étranger, m’ont, spontanément, exprimé leur solidarité et leur fraternité dans cette affaire surprenante, que je n’avais ni créée ni souhaitée. Enfin, très bonne année ! Mes vœux, les meilleurs qui soient, à tous !

Ali Mohamed Abali Marangabi

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