Je me suis demandé comment aborder cette question. J’ai pensé que se parler à cœur ouvert nous permettrait de comprendre pourquoi nous ne pouvons pas toujours agir de la sorte. Laissez-moi d’abord rappeler ce que je reproche. Mais avant, sachez que mon intention n’est pas d’être contre quelqu’un, bien au contraire, je m’adresse à tou(te)s en sachant que derrière tant de frustrations, se trouvent des cœurs meurtris par une souffrance que nous tentons vainement de dissimuler.

Je suis surpris par les remarques distillées ici et là, sur Internet, où on se sent protégé par son écran, son pseudonyme, son avatar, celui qui nous permet de passer du côté obscur de la force, sans être conscient des conséquences que cela peut engendrer.

Quand on a ce besoin viscéral de créer du lien social et de se rassurer, on se transforme en démon qui tel le plus venimeux des serpents, crache son venin, sa critique infondée, et qui quand bien même s’avère réelle, est douloureuse pour la personne visée.

Dire d’une personne qu’elle est trop ceci ou pas assez cela permet-il de mieux dormir lorsqu’on rejoint son lit chaque soir ? Se sent ont rassuré lorsqu’on blesse les autres ? Cela permet-il de mieux supporter son existence ? Trêve de questions de rhétorique, nul besoin de me répondre, je connais déjà les réponses, réponses que les Critiqueur$ ignores encore et toujours.

Aidons-nous à y voir plus clair, afin que la prochaine fois que quelqu’un veuille parler d’autrui, il y réfléchisse à deux fois, et également pour que nous puissions nous servir d’une qualité que nous avons tous au fin fond de nous-mêmes, qui est cette faculté humaine consistant à se mettre à la place de l’autre ; l’empathie.

Que ressent on quand on a le courage de sortir habiller comme bon nous semble, parce qu’on est dans un endroit libre, et qu’on repère un groupe d’individus, rire à nos dépends ou pire, nous agresser.

J’ose imaginer que nous savons tous comment les enfants peuvent être cruels dans une cour de récréation. Chacun de nous a ressenti au cours de sa vie, ce sentiment de désespoir et de solitude que nous tentons pourtant, sans subtilité aucune, de susciter chez les autres.

Si nous nous sommes souvent sentis à part dans ce monde, c’est à cause de cela. Si nous avons si souvent ressenti ce malaise dans un groupe d’êtres humains, c’est parce que nous n’avions rien à leur répondre, parce qu’ils nous attristaient quand nous les voyons s’en prendre à des personnes que nous savions plus vulnérables.

Nous avons souvent été complices les uns les autres, parce que mine de rien, nous sommes partout, impossible à éviter. Mais très vite nous avons fini par nous rendre nuisibles en mettant notre réticence à participer à nos activités, sur le compte d’un prétendu manque de compréhension de la part d’autrui. Parce que nous voyons cela comme un simple divertissement.

À l’instar du chasseur qui s’amuse à fusiller ses proies sans défense. Les souffrances des autres nous amusent.

Personnellement, elles me font souffrir. Peut-être que je suis sensible, mais ma vie entière, j’ai toujours tenté de me mettre à la place des autres, et j’assume la douleur que je peux facilement éprouver. Cela me vient probablement de l’éducation que ma Mère m’a inculqué, en tant qu’orphelin.

Parce que voyez-vous, la sensibilité ne fait pas de nous des faibles, pas moins que les larmes que nous versons, bien au contraire.

Peut-être qu’on se cherche des excuses, et qu’au fond, nous avons juste grandi sans savoir ce que souffrir vraiment, voulait dire exactement.

Ne savions-nous pas ce que ça fait de manquer cruellement de moyens, de perdre un être cher, de vouloir renoncer à l’existence, de se sentir seul, de ne pas avoir des Dirigeants fiables, pour un Peuple capable, dans un Pays valable… ???

Peut-être que, pardonnez-moi l’expression, nous Tchadiens, ne sommes rien que des égocentriques génétiques.

Nous allons parfois si loin avec nos acolytes, que nous donnons envie à certaines personnes pourtant respectables, qui ne méritent pas d’être la risée de qui que ce soit, de vouloir tout abandonner, y compris leur vie de lutte pour notre Libération, nous leur Peuple.

Rassurez-vous, je souhaite juste contribuer, pas blâmer, car au fond, je sais que quand on est seul, le mal-être nous accompagne, et on saisit alors toute la force de notre impuissance.

Mais, de par notre imagination déconcertante, nous avons fini par comprendre qu’avec d’autres membres de notre espèce, notre impuissance se dissimule derrière un immense pouvoir, grisant, dont nous ignorons la portée. Un « pouvoir » qui n’a aucune portée, comme quand nous nous en prenons à une personnalité que nous n’arrivons pas à comprendre, tout bêtement.

Certes, nous avons le droit d’être envieux, surtout quand on n’a pas grand-chose pour soi ; que c’est trop dur de vivre face à des gens courageux, qui osent, qui ont parfois fait des erreurs mais qui se relèvent encore et toujours ; ou des gens tout simplement nettement plus… intelligents / distingués / polis / talentueux / travailleurs / riches / beaux… que nous.

Fut un temps, on sévissait dans un cercle qui demeurait privé, aujourd’hui, on crache son venin dans des sphères devenues publiques.

Plus besoin d’être célèbre pour en prendre plein son grade (pensée au Président Goukouni Oueddei qui vient d’être victime d’une tempête de réactions excessives suite à…).

Quiconque décide de s’exposer, ne peut plus le faire sans craindre des représailles aveugles.

Depuis l’apogée des réseaux sociaux, on se sent pousser des ailes. On est là, à taper frénétiquement sur son clavier, à cliquer avec excitation pour s’auto-publier, à un point tel que parfois, on évacue un ricanement satanique en faisant sautiller ses épaules. On se tient fier, derrière notre image de profil, puis on relève la tête et… on se retrouve seul avec soi-même. On a soulagé sa piètre existence l’espace de quelques secondes, et face à son reflet dans le miroir, on se sent encore plus misérable. Donc, on recommence pour avoir le sentiment d’exister.

J’espère qu’on a cette image de soi en tête, et qu’on fera désormais son possible pour se taire, respectueusement, puis utiliser son ordinateur / téléphone à des fins plus honorables. Bien qu’il soit difficile de nos jours de trouver une activité divertissante, je suis sure qu’on trouvera quelque chose de mieux à faire (prier ; étudier ; travailler ; faire du Sport ; s’adonner à l’Art…).

Pour ne plus être en manque, prenons exemple sur ces personnes éveillées qu’on croise sans voir, tellement on est perdu. Sinon, prenons-nous-en plutôt à nos Politiciens masochistes, qui tendent le bâton à la France, pour se faire battre, et laissons les Hommes Politiques, en paix.

Un peu déroutant comme article mais j’étais sur les réseaux sociaux Tchadiens, je voyais des commentaires haineux sous des publications diverses, j’ai remarqué pour la énième fois, des gens s’acharner sur d’autres, à une époque où on a pourtant besoin du maximum de Patriotisme.

J’ai alors eu vent des critiques infondées, exprimées au sujet de notre Patriarche Goukouni Oueddei.

Bref, énormément de réactions m’ont donné envie de m’adresser à mes compatriotes que je n’arrive toujours pas à cerner, et de manière générale, à notre méchanceté gratuite Tchado-Tchadienne, qui nous gangrène autant que notre légendaire ennemi commun, la France-Afrique.

Salahadine Ibrahim Anaï

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