Il s’agissait d’une séquence qui résume à elle seule toute la complexité et la profondeur du conflit qui met en scène le dirigeant du territoire tchadien, avec à ses côtés ses hommes liges, en l’occurrence, en ce moment sa garde rapprochée, dans sa lutte contre Book Haram.

Boko Haram est une déformation sémantique du mot anglais Book qui veut dire livre Holy Book, on dit aussi the Good Book, à savoir la Bible, et associé au mot arabe Haram qui se définit comme une interdiction, tout ce qui est prohibé par l’Islam. De ce fait la dénomination Book Haram est celle qui est la plus conforme à la réalité. Book Haram se qualifie comme une organisation sunnite pour la prédication et le djihad, créée au Nord-Est du Nigeria aux abords du bassin du lac Tchad au début des années 2000. Elle est considérée comme terroriste par l’ONU, un certain nombre d’États ne se prononcent pas sur ce sujet. Les membres de cette organisation communiquent en anglais en arabe en haoussa et en kanouri ainsi que dans diverses langues locales.

Le synopsis se présente comme suit : après de violents combats de représailles dénommées opération « colère de Bohama » lancée le 31 mars 2020, opération qui serait dirigée par Idriss Deby, en personne, contre Book Haram qui avait attaqué la base de ses soldats implantée dans la localité de Bohama où l’attaque meurtrière était survenue le 23 mars 2020, faisant une centaine de morts et autant de blessés physiques et psychologiques dans les rangs des militaires, une première défaite de cette ampleur subie depuis fort longtemps par l’armée tchadienne.

Cette forme de Blitzkrieg menée par Book Haram aura terni, pendant un certain temps, l’image d’invincibilité des soldats tchadiens. Mais évidemment sans compter avec la revanche de son chef suprême qui annonçât, tambour battant à qui voulait l’entendre, avoir décapité l’hydre Book Haram ; soit, mais attendons de voir, car ce n’est pas la première fois qu’il l’affirme, étant entendu, que l’hydre à plusieurs têtes.

La scène épique qui a retenu notre attention est celle où Idriss Deby, assis sous un hangar de fortune entouré de ses officiers, faisait le bilan de son opération et haranguait sa troupe. C’est à ce moment qu’un officier surgissait et déroulait l’étendard de Book Haram sur l’humus devant ses pieds en pataugas lacérés, il feignait d’ignorer le geste, aussitôt d’autres officiers demandèrent fermement à leur compagnon de reprendre l’étendard car : « on ne jette pas par terre le nom de Dieu », ce serait un blasphème, il est par conséquent, formellement, interdit de piétiner cet emblème, notons qu’il est inscrit en arabe sur l’étendard de Book Haram, « Allah hou Akbar » c’est à dire « Dieu est le plus grand ».

La même inscription se retrouve également sur les drapeaux de quatre États majoritairement musulmans comme c’est le cas en Irak et en Iran, cependant en Arabie Saoudite et en Afghanistan c’est la chahada premier pilier de l’Islam qui est intégralement reproduite.

L’exemple de l’évolution de drapeau Irakien est édifiant, il permet de comprendre l’intemporalité et l’extraterritorialité de cet accroche au symbole, en effet, L’Irak a connu plusieurs drapeaux depuis son indépendance, parfois il intègre le symbole des grandes entités ethniques et religieuses qui composent le pays à savoir (Les Kurdes le Chiites et les sunnites).

Le geste qui aura survécu à Saddam Hussein est d’avoir laissé son empreinte sur le drapeau Irakien en inscrivant « Allah Hou Akbar », le symbole Kurde aura disparu entre temps. Les Kurdes aux velléités indépendantistes, à défaut d’effacer l’empreinte de Saddam ont amélioré et adopté leur propre drapeau, quant aux Chiites en conflit fratricide depuis un millénaire contre les Sunnites ils ne pouvaient pas, non plus, gommer le nom d’Allah sur le drapeau, œuvre de Saddam Hussein sunnite et ennemi viscérale, alors ils se sont contentés de réécrire la même chose en lettres Arabes mais en caractères Persans. A observer, méticuleusement, l’image de Idriss Deby face à l’étendard de Book Haram, on constate qu’il existe effectivement des symboles puissants qui transcendent les clivages entre les hommes, même en temps de guerre.

Des symboles qui irradient la conscience humaine. Il se trouve que dire (Allah Hou Akbar) avant un délit est un critère de qualification d’un acte de terrorisme, notamment en Europe et pourtant il peut être prononcé par tout musulman pour sa protection divine en cas de légitime défense, son interprétation est donc ambivalente il est le dénominateur commun à tous les musulmans qui le prononcent des dizaines de fois par jour.

Aussi, le coup de génie pour les uns ou le geste blasphématoire et satanique pour les autres est donc apprécié variablement, nous l’avons vu, comme il a scindé en deux la position des officiers autour de leur chef qui s’est abstenu habilement de trancher. L’observateur imprégné des faits et gestes des cultures Tchadiennes ne peut que présumer simplement que le soldat qui avait déroulé l’étendard de Book Haram ne pouvait être qu’un soldat non musulman ou du moins un musulman non pratiquant, à la limite naïf parce qu’il n’avait pas su anticiper les réactions qui allaient advenir après son geste. Les officiers qui refusèrent de profaner le nom d’Allah seraient-ils à leur tour des musulmans pratiquants ou des croyants singuliers ?

La chose est si complexe qu’il faut se garder de faire des déclarations péremptoires.

Ces derniers étaient-ils sensibles à la cause de Book Haram ? La question n’était pas envisageable, il n’y a pas lieu de faire des raccourcis de complaisances dès lors qu’il était question de procéder méthodiquement à une analyse sérieuse et objective. Tout compte fait, c’est la réaction d’Idriss Deby qu’il faudrait observer et décrypter, il est évident qu’il avait fait une remarquable pirouette face à ce dilemme en éludant la question par des plaisanteries, puis en galvanisant sa troupe, en scandant morale !!! morale !!! et quelle morale?.

Il s’en est sorti ainsi sans franchir la ligne rouge, c’est à dire ne pas avoir à piétiner l’étendard de Book Haram comme le lui proposait, insidieusement, son officier. S’il l’avait fait, il aurait affligé et fait subir un affront à tout un pan de musulmans à commencer par les siens, au premier rang desquels ceux qui l’entouraient, d’ailleurs leurs réactions étaient nettes et sans ambages (voir la vidéo) ceux-là même qui combattaient un groupuscule qui exhibe le coran et en fait sa constitution dont l’interprétation et l’application laisse à désirer.

Ses soldats n’avaient pas pour objectif affiché de combattre l’Islam, même si derrière Idriss Deby il se peut qu’il subsistât des individus caressant secrètement cette envie.

En brandissant le Coran, Book Haram tente de piéger les musulmans. Au vue du risque décrit plus haut ils les mettraient en porte à faux avec leur croyance intime, Comme nous venons de le voir aucun musulman pratiquant assidu ou intermittent ne prendrait le risque de piétiner le nom de Allah ou d’excommunier un autre musulman, les principes l’interdisent, seules les juridictions musulmanes sont compétentes pour trancher de tels cas, de surcroît s’il s’agit d’une « personne morale ».

2. Le Tchad dispose-t-il une constitution ?

Des voix se lèvent, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur sur la procédure de l’élaboration de la constitution de 2018, pour dénoncer les conditions de forme et de fond qui n’étaient pas réunies. On retrouve ces voix surtout dans les rangs de l’opposition qui dit que le Tchad ne peut pas se targuer d’avoir une constitution digne de ce nom et même s’il y en avait une, il faut dire que le régime ne l’applique pas et, dans le meilleur des cas il ne la respecte pas, si tant est qu’il en existait un. On en veut pour preuve la déclaration d’Idriss Deby, en personne, devant des journalistes français : « je ne sais même pas qui a écrit la constitution, et d’ajouter que c’est la France qui avait désigné une personne que je n’ai même pas vue », face à la camera de la chêne France 24.

Dès lors, tout observateur peut s’interroger sur la gravité de ses déclarations, que le garant des textes fondamentaux ne soit pas associer ne serais ce qu’à la réflexion sur les grandes lignes et la mise au rebut d’un dirigeant de ce niveau, est inédit.

Par conséquent si la constitution était nulle, tous les textes subséquents sont nuls et non avenus.

En vérité il s’en moque royalement, comme il était descendu dans l’arène des cantonales pour se faire élire chef de canton de sa communauté il y a quelque temps, en sachant par avance que les règles coutumières primaient effectivement déjà l’ordre juridique national du Tchad.

Dans le processus de l’élaboration d’une constitution républicaine, plusieurs sources y concours dont l’histoire, la sociologie, les cultures et les règles coutumières aussi, et même l’environnement dans le cadre de la troisième génération des droits de l’Homme etc ….élaboré à partir des paradigmes endogènes intrinsèques aux réalités propre à ses populations.

Au demeurant La transposition d’une constitution ou d’un copier-coller d’une partie ne rime pas avec les spécificités locales, et reste sans grand intérêt. Le Tchad est constitué par un conglomérat de cantons, ce sont des subdivisions tribales et territoriales qui défendent chacun leurs intérêts concurremment et parfois convergents mais souvent opposés.

Le canton est régit par des règles coutumières orales pour la plus part d’entre eux. La communauté la plus puissante va imposer ses règles au cours d’un conflit au détriment des autres. Les règles coutumières des gouvernants se placent au-dessus de la pyramide des règles de celles des gouvernés, à quelques exceptions près un individu de catégorie sociale ou politique élevée mais qui appartiendrait à une entité faible, peut faire valoir ses droits en supplantant les règles de son adversaire faible mais qui appartient pourtant à une communauté plus puissante.

Cela est rendu possible pour la recherche d’un équilibre et d’un semblant de paix sociale et surtout pour la sauvegarde du régime et de ses alliances politiques, alors les gouvernants peuvent exceptionnellement sacrifier un de leur quidam, Machiavel avait vu juste.

Les exemples pour illustrer ces notes sont légion, les tchadiens de tous bords peuvent témoigner de l’effectivité de ces procédés, ils vivent quotidiennement cette triste réalité.

3. Le bassin orographique du Lac Tchad

Idriss Deby a dû faire plusieurs guerres et expéditions sur pratiquement l’ensemble du territoire Tchadien à l’exception du bassin du lac Tchad. Ce territoire lui est inconnu, le constat est fait là encore dans une vidéo qui circule dans les réseaux sociaux. Le soldat Deby était complètement déboussolé devant sa carte d’État-major à l’échelle de 1/50000. Vous le verrez se mordre le doigt et recourir à son smartphone ou à quelque chose de ce genre. Mais là, aussi, il semble être dépité par le fait que la projection satellitaire ne lui apportait aucune information en temps réel exploitable.

Les cartes du bassin du lac Tchad et, tout particulièrement, celles d’État-major tombent en désuétude relativement vite étant donné qu’en l’espace d’un an on peut avoir besoin de deux cartes remises à jour régulièrement. En revanche les combattants de Book Haram ont un avantage, celui de la connaissance du terrain c’est ce qui explique la surprise de l’attaque prenant au dépourvu les militaires dans leur sommeil.

L’écosystème du lac Tchad est si complexe et changeant que pendant l’étiage en saison sèche des marécages et des nappes d’eaux plus ou moins étendues parsèment le territoire entre deux lacs majeurs l’un situé à l’embouchure dans le delta Sud/Sud-Est et l’autre au Nord-Ouest à la lisière de la frontière du Niger et du Nigeria, l’ensemble forme un bassin endoréique. La végétation est muscinale dans la partie nord elle atteint le stade arbustive autour de la ligne Sud et Ouest. La variabilité des paysages et la biodiversité sont conséquentes. La circulation terrestre ou fluviale est aléatoire, en l’espace d’une demi-journée la traversée d’un marécage de papyrus, d’une étendue d’eau ou d’une basse forêt d’épineux, peut se faire en passant naturellement par des sols boueux émergents. Les moyens de locomotion sont les pirogues les véhicules terrestres à moteurs ou les gros bétails de traits (des dromadaires, des chevaux et des bœufs ainsi des ânes) et bien sûr, à la marche à pied dans l’eau ou sur la terre ferme par endroits, au milieu des papyrus et des roseaux ou des marécages. Le couvert arbustifs peut atteindre 30 % .c’est un environnement difficile pour livrer une bataille.

La plus part des soldats d’Idriss Deby est désemparée dans cette diversité de biotopes. C’est une des régions au monde où les piqûres de moustiques font le plus de victimes du paludisme, même les bétails subissent les agressions de ces vecteurs de la malaria, les animaux, tout comme les humains, sont mis à l’abri dans des moustiquaires ou rassemblés autour des feux de bois avant le crépuscule.

On comprend mieux pourquoi le coup de poing mortel de Book Haram a surpris les éléments d’Idriss Déby dans leur sommeil. Les notions élémentaires dans les formations militaires comme le (voir sans être vu) est à la faveur des ennemis des militaires, qu’ils soient des groupuscules de politico-militaires ou des combattants de Book Haram qui connaissent le terrain et supportent mieux les moustiques, ils ont développé une certaine immunité contre les piqûres de moustique qui n’existent quasiment pas dans la partie Nord désertique au-dessus du 16émé parallèle d’où sont issus la majorité des officiers de cette armée.

Il en est de même pour la notion du FOMEC (Le Fond le Mouvement l’éclairage et les couleurs) qui reste illusoire et indescriptible, difficile à appréhender par un néophyte de la région.

Les batailles sur les autres parties du territoire théâtre des combats se font généralement de face en face de sorte que lorsque qu’un soldat est blessé par une balle au dos il est considéré comme un lâche, un couard, c’est une appréciation identique dans la vie civile. On reconnaît la valeur et la bravoure du soldat Tchadien à l’empreinte de la blessure sur son corps. Cette conception balistique est déterminante, elle paraît stupide et bête à la limite sauvage mais c’est ainsi au Tchad dans un certain nombre de régions. Cette conception de la témérité est applicable à tous, fût-il sur un général.

Bien sûr que dans toutes les guerres le repli tactique ou stratégique est enseigné et il est récurrent depuis les épopées de GENGHIS KHAN à nos jours, cela fait partie des ruses dans une bataille. Pourquoi Idriss Deby n’avait-il pas demandé le repli tactique de ses soldats? Il est évident qu’il y a là une défaillance dans la chaîne du commandement, n’est-ce pas un pléonasme que de dire qu’il doit endosser cette responsabilité défectueuse?

4. La situation de l’opposition Politico-militaire

La présence d’un troisième acteur dans le bassin du lac Tchad n’est pas à exclure elle est évidemment antérieur à la création de Book Haram, ce sont des groupuscules de différentes organisations politico-militaires non coalisées, elles sont plus ou moins actives, elles opèrent depuis plus de trente ans dans le bassin de lac Tchad. Ils avaient réussi un exploit au début des années 90 pour parvenir à occuper la localité de Baga sola pendant quelques jours avant de faire un repli stratégique.

Il n’est pas réaliste de nier cette évidence ou d’ignorer leur présence dans ce bassin et voire dans ces combats, si ce n’est autrement que de faire la politique de l’autruche, un raccourci dangereux à ne pas adopter dans la recherche d’une paix durable. Ces mouvements politico-militaires ne sont pas des va-t-en-guerres invétérés, ils avaient tendu la main au régime en pensant faire évoluer les institutions et rétablir la confiance entre les filles et les fils de ce pays d’une part et avec les gouvernants légitimes de l’autre. Des accords de paix ont été signés dans cet esprit au Gabon au Soudan, au Niger en Centrafrique…, en Libye et dans les pays du Golf sans lendemain. 5. la diversité des ressources dans cet espace vivant

Cette région à des avantages divers et variés en ressources pour la survie Il faut être capable de s’adapter à tout moment aux changements de cet écosystème instable et périodique. Les nappes phréatiques sont à faible profondeur. La profusion des produits lacustres offres aux combattants tout ce dont ils ont besoin pour subsister dès lors qu’ils sont ichtyophages, on ne meurt pas de faim dans le bassin du Lac Tchad, étant entendu que la plupart des ressortissants du Nord et une partie de l’Est ne consomment pas les produits halieutiques.

Cependant, à la faveur du transit du gros bétail sur pied, il offre toute la protéine animale aux guetteurs de la région. En prélevant des taxes de complaisance, en nature sur le cheptel et en assurant au passage sous la forme d’un échange de bons procédés en accordant une protection aléatoire consentie ou pas aux éleveurs en partance pour le Nigeria.

De toute évidence ces éleveurs ne font pas la différence entre les taxes de l’État qui enrichissent ceux qui les prélèvent en amont, et les ponctions sauvages sur le bétail par les groupes politicomilitaires ou par Book Haram en aval, le manque à gagner et les pertes sont ressentis indifféremment. Il importe de relever que le lac Tchad est le berceau de la spiruline, séchée elle est facile à transporter, elle servira à agrémenter la popote du soir des autochtones.

Le déplacement des combattants ou des soldats est d’autant plus aisé que leur mobilité à travers les papyrus et les roseaux et/ou dans la végétation arbustive est facilitée, tous ces éléments de la nature réunis sont autant d’atouts pour les combattants de l’opposition politico-militaires qui occuperaient ce terrain. Ils profitent malheureusement aux groupes Book Haram également.

Le bassin du Lac Tchad n’est pas seulement une zone alluvionnaire, mais il est également un territoire vers lequel converge des flux migratoires en provenance de tous les pays voisins et même au-delà. Dès lors, la probité intellectuelle exige qu’on s’abstienne de stigmatiser une communauté spécifique qui serait un réservoir dans lequel Book Haram recruterait ses combattants, ce ne peut être qu’un biais de représentativité, les autochtones du Lac Tchad sont essentiellement pacifiques.

6. Situation politique et institutionnelle du Tchad

Le Tchad est-il réellement un État souverain ? Il le fût sûrement dans le passé. Néanmoins aux dires d’une partie de l’opposition dite « démocratique » ou des politico-militaires et un certain nombre d’observateurs étrangers crédibles, rien n’est moins sûr et pour cause, les propres déclarations de Idriss Deby au cours d’une interview télévisée accordée le 25-06-2017 à des journalistes français de la chêne France 24 dans sa guérite rose.

De mémoire d’homme on n’a jamais entendu de telles absurdités. (voir la vidéo). Les éléments constitutifs d’un État sont appréhendés confusément, lorsqu’ils ne font pas défaut. Il y a, certes, un territoire avec des portions qui échappent au contrôle du régime, Les populations ne sont pas toutes égales devant la loi. Chaque communauté est gouvernée par ses propres règles coutumières. De nouvelles alliances entre tribus se font, les plus anciennes remontent à temps immémoriaux.

La loi du talion subsiste encore pour une infime minorité de ces tribus. Peut-on dire que cela justifierait la mort des 44 prisonniers de « guerre » présumés appartenir à l’hydre Book Haram. Foulant au pied au passage la Convention de Genève du 27 juillet 1929 relative au traitement des prisonniers de guerres ainsi que les protocoles additifs du 12 août 1949 et du 08 juin 1977. Le droit internationale publique est un domaine qui est passé à la trappe de l’histoire, il reste aux antipodes des préoccupations du régime, sauf, lorsqu’il s’agit de livrer les soldats tchadiens en premières lignes pour des opérations extraterritoriales, ce sont les condottieres du 21éme siècle. Ces soldats sont exploités pour des intérêts obscurs. En somme, il y a peu d’histoires communes à tout ce petit monde de cantons, parfois les autorités censées être publiques ignorent elles-mêmes l’existence d’un nombre impressionnant de tribus quand elles ne sont pas méprisées publiquement.

Un ensemble de communautés étrangères entre elles-mêmes, d’un point de vue culinaire on peut relever aussi des écarts, dans les rapports sociaux chacun vie dans son périmètre et ce, visiblement au niveau de la capitale N’Djamena et dans les départements. Le tissu social est déchiqueté. La fracture est profonde, elle est désormais ouverte. La séparation des pouvoirs ressemble à une ombre chinoise, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, il y a des intouchables qui échappent à la justice, elle est presque informelle confirmée par les classements mondiaux des libertés de la presse et de la justice ainsi que par les indices du développement humain. Les résultats sont lamentables.

Tous les tchadiens s’interrogent sur la gouvernance ou plutôt sur la mal gouvernance de leurs pays, bien sûr, à l’exception de ceux qui trouvent leurs comptes dans ce fatras. Les députés élus dans des conditions plus ou moins douteuses font des mandats supplémentaires sans élection, une drôle de légitimité, tous les textes qu’ils produisent ne peuvent être que juridiquement nuls. Ils doivent être frappés d’une nullité absolue.

Dire qu’il existe un ordre juridique national devient une chimère. Le droit positif national est supplanté par des règles coutumières qui priment. Enfin, comment qualifier cette situation institutionnelle ubuesque et totalement inédite ? On peut reprendre cette citation et dire que :

« à ne pas nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde ». « c’est nier notre humanité ».

Ce pays qui nous est cher avance à contre-courant de l’histoire, il devient effectivement un pays d’un genre nouveau (sui generis) unique au monde sans équivalence. Il se prévaut des attributs d’un État souverain par défaut et se proclame République laïque juste pour le folklore sur la scène internationale, mais pratiquement il est gouvernée par des coutumes.

Je souhaite que des spécialistes et des experts nationaux qui connaissent mieux que les autres les sensibilités tchadiennes approfondissent cette analyse sommaire afin d’avancer dans la recherche de solutions justes et durables pour sortir nos compatriotes tchadiens qui vivent ce cauchemar immuable.

Abba Ousman.

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  • S’interroger sur le piétinement où est inscrit LE NOM SACRÉ DE TON SEIGNEUR par ce que quelques farfelus jouant le faire valoir des impérialistes ou certains mesquins qui veulent se voir intellectuels ou apprécier par leurs maîtres bien-pensants ( Les impérialistes ) d’avoir attaqué L’ISLAM ne prouve que l’objectif que beaucoup dénoncent à savoir combattre L’ISLAM et non une entité déviante. Sinon comment comprendre cette interrogation de vouloir ou accepter le piétinement du SACRÉ à cause d’un petit nombre au détriment de la majorité silencieuse. Si cela s’appelle la civilisation ou clairvoyance,je préfère rester sauvage Monsieur le visionnaire.

    Commentaire par HassaneTouka dit Hassani le 10 juin 2020 à 23 h 21 min