Le Tchad a la particularité d’être un État quasiment dépourvu des ressources humaines hautement qualifiées, pouvant, véritablement contribuer à son éclosion économique, politique, culturelle et sociale. À l’échelle nationale du pays, rares sont les Tchadiens dûment alphabétisés et ayant ainsi bénéficié des formations substantielles et rigoureuses. Parmi ces rares Tchadiens alphabétisés, y figurent en bonne place les Sudistes. Lesquels qui sont, aujourd’hui, malheureusement l’objet de marginalisations et de discriminations quant à leur participation à la gouvernance publique au Tchad eu égard à leurs formations et qualifications diverses et multiformes.

En effet, l’une des principales caractéristiques du régime de Deby, est sans l’once d’une tergiversation, la marginalisation et l’exclusion de certaines couches sociales ou d’entités géographiques dans la gouvernance publique. Les frères Tchadiens du Sud en sont une illustration patente et indéniable en la matière. C’est pourquoi, les Sudistes Tchadiens sont depuis 1990, date de prise du pouvoir du Président Deby par les armes, sont continûment l’objet de mépris, de haine gratuite, d’injures, d’insultes, d’injustice et de rejet.

Depuis 1990 à ce jour, l’Administration Publique Tchadienne est gorgée ou voire polluée par d’incompétents, d’ignares, d’illettrés, de fieffés et de griots. Cette Administration Publique Tchadienne est aujourd’hui, à bout de souffle. La banalisation et/ou la chosification de l’Administration Publique Tchadienne opérée par le régime de Deby est le signe manifeste sinon évident de l’anti-patriotisme et de l’anti-nationalisme dont voue le régime à tout le Tchad et partant, à tous les Tchadiens.

En règle générale, dans l’Administration Publique Tchadienne, le chef ou le titulaire est un ignare incontestable et sans aucune formation ou qualification et ce dans quelque domaine que ce soit. Souvent, ces chefs illettrés sont dans l’incapacité notoire à pouvoir placé des simples mots en arabe non pas l’arabe littéraire mais l’arabe local Tchadien. Souvent, ces chefs illettrés ou ignares ont pour adjoints des Sudistes Tchadiens. Lesquels Sudistes Tchadiens sont, généralement, hautement qualifiés et imbus de formations et ayant une rare intelligence exceptionnelle pouvant donner lieu à une compréhension des enjeux politiques et stratégiques que traversent le Tchad.

Mais tudieu par quel miracle, le Tchad pourrait-il devenir un État de méritocratie ? Pourquoi les Sudistes ne sont-ils pas promus le plus aux plus hautes fonctions au détriment de ces manants et sacripants ? Mais par quelle magie aspire-t-on un jour d’un Tchad développé mais qui privilégiera les bons au détriment des moins que riens ? Ou tout simplement parce que les Sudistes Tchadiens sont discriminés et marginalisés par le régime de Deby du simple fait qu’ils soient Sudistes ?

En théorie, l’État Tchadien n’opère aucune distinction ethnique, religieuse ou géographique. Mais dans la pratique, force est d’admettre que, la cheville ouvrière du régime de Deby est la marginalisation et la discrimination. Dans la pratique, ne voit-on pas que des frères Sudistes hautement qualités mais qui sont confinés au chômage endémique pour la seule et unique raison qu’ils sont Sudistes ? Dans la pratique, ne voit-on pas que des frères Sudistes sont inféodés, catapultés et catalogués à des responsabilités mineures, primaires, secondaires et superficielles en dépit de leurs formations méritoires, consubstantielles et opportunes pour le développement socio-économique du Tchad dans son ensemble au détriment de la promotion infondée, injustifiée, déméritée et anormale des incompétents et des illettrés et condamnant ainsi par là même tout le Tchad à la misère et et aux affres du sous-développement ? Dans la pratique, ne voit-on pas que, les frères Sudistes sont défavorisés par le régime de Deby malgré leur participation méritoire à des concours relevant des Écoles Nationales d’Administration Publique ou de Magistrature pour le seul fait qu’ils soient des Sudistes et favorisant dans le même temps injustement à leurs places aux enfants semi-manants, semi-intellectuels et semi-qualifiés des hauts dignitaires du régime ? Dans la pratique, ne voit-on pas que, les frères Sudistes hautement qualités sont moins considérés et moins respectés par des individus sans formation aucune et d’aucune sorte parce que tout simplement ils seraient Sudistes ? Dans la pratique, ne voit-on pas que, les frères Sudistes enseignants sont souvent insultés, injuriés, humiliés, voire battus ou poignardés par leurs élèves ou étudiants réputés proches du régime de Deby ?

Voilà chers compatriotes, le visage odieux, hideux et nauséeux du régime de Deby quant à sa façon de procéder, à cœur joie, à des marginalisations et discriminations entre les fils et les filles du Tchad. C’est un régime rancunier, revanchard, haineux mais aussi et surtout envieux et jaloux des intellectuels. Car rappelons-le, l’ossature même de la colonne vertébrale du régime de Deby est essentiellement soutenue, tenue et supportée par des analphabètes, des ignorants, des ignares et des illettrés. Cette racaille et cette marmaille berçant dans l’immense océan de l’analphabétisme volontariste peut être composée aussi bien des généraux analphabètes, des fonctionnaires faussaires, que des griots ou charlatans de toute sorte vivant grassement et ce injustement sur le dos de l’État Tchadien.

Évidemment, nous ne saurons verser dans la généralisation. Si nous soutenons que nombre des frères Sudistes sont hautement qualifiés, faut-il relever que c’est aussi le cas de certains Nordistes. Si nous soutenons que certains frères Sudistes hautement qualités mais qu’ils sont aujourd’hui discriminés par le régime de Deby, faut-il relever que c’est également le cas de certains Nordistes hautement qualifiés. Le régime de Deby est tellement malicieux et exclusif que, dès lors que, si l’on n’est pas du Parti politique le Mps l’on se voit pratiquement marginalisé et discriminé. Même si l’on est le Einstein Tchadien, pour pouvoir mettre honnêtement ses connaissances et ses talents rigoureusement acquis au service de tous les Tchadiens, faudrait-il d’abord être nécessairement un membre péroreur et becqueteur du parti politique le Mps. C’est la confusion manifeste de la chose publique à la chose privée. Autrement dit, l’État du Tchad est un État patrimonial si ce n’est déjà un État néo-patrimonial.

Même si certains Sudistes sont dans le gouvernement ou accessoirement dans l’Administration Publique, c’est très limitant et bloquant à la lumière du nombre infini des Sudistes hautement qualifiés mais qui baignant malheureusement dans la mer salée du chômage. Précisons-le, le cas est également valable chez certains Nordistes hautement qualifiés mais ne cautionnant guère l’injustice, l’impunité, les détournements massifs des deniers publics et en mot ne cautionnant guère la mauvaise gouvernance généralisée.

Précision de taille : le régime de Deby est composé de toutes les régions, de toutes les ethnies et appartenant à toutes les confessions du Tchad. Donc, c’est une oligarchie mafieuse et hétéroclite portée par une milice tribalo-confessionnelle qui s’arroge la part du lion au grand dam de la misère et du malheur de l’écrasante majorité Tchadienne. Mais force est de constater que, les marginalisations et les discriminations s’appliquent à géométrie variable. Certaines régions ou certaines communautés du Tchad sont plus marginalisées et discriminées que d’autres.

C’est pourquoi nous disons donc que, la haine engendre la haine. L’amour engendre l’amour. L’injustice engendre des révoltes et des soulèvements. La justice engendre la paix et le développement. Et les marginalisations et les discriminations engendrent des frustrations et des radicalisations.

TCHADIENS, TCHADIENNES : Tous ensemble tenons-nous debout et bâtissons un Tchad inclusif et non exclusif profondément calqué sur le principe de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut !!!

Brahim Oguelemi, Écrivain,

Doctorant en Droit Public et Corédacteur en Chef de Toubou Média.

Tchadanthropus-tribune

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