Le 21 avril 2020, alors qu’il rentrait du travail, l’Inspecteur au ministère de la communication tchadienne, Yves Ngarbé, a fait une virée à la radio nationale. Il a profité de ce passage pour saluer le Directeur général de l’Onama. C’est au bureau de celui-ci que l’ancien journaliste s’était écroulé après une discussion qui est restée, pour l’instant, dans le secret des dieux. Finalement, il a tiré sa révérence le 8 mai 2020, faute de moyens pour traiter ses insuffisances rénales.

Pure coïncidence ou une simple malchance ?  Yves Ngarbé ne s’attendait pas en tout cas à rencontrer la mort dans l’après-midi de ce 21 avril 2020 dans les locaux de la radio nationale. Après une discussion qu’il a eue avec le Directeur général de l’Onama en présence de son assistante, sans crier gare, l’Inspecteur au ministère de la communication, s’écroule et perd tout sens. Il a fallu la promptitude d’une de ses connaissances, par ailleurs chauffeur de son état, pour le transporter à l’Hôpital général de référence nationale (HGRN) dans l’espoir de recevoir des soins intensifs. Là-bas (à l’HGRN), le chauffeur se heurte à la difficulté de payer les produits surtout que l’Inspecteur n’avait juste qu’un billet de 2000 FCFA dans la poche. Un coup de fil à la maison a permis à l’épouse de notre confrère de venir régler les ordonnances.

Mais le lendemain matin, précisément le 22 avril 2020, la santé de Yves Ngarbé s’était encore dégradée et il était difficile de le conduire à l’hôpital. La demande des parents pour la prise en charge est classée dans les tiroirs du ministre de la communication. Avec l’appui des membres de la famille Yves Ngarbé sera admis quand-même aux urgences du Centre hospitalier universitaire Le Bon Samaritain de Walia dans le 9ème arrondissement de la ville de N’Djaména.  Le médecin qui le suit certifie qu’il avait une insuffisance rénale. Le temps de chercher un petit quelque chose pouvant permettre de traiter cela, Yves tombe dans un état comateux et décède à 2 heures du 8 mai 2020.

Aussi ridicule que cela puisse paraître, l’annonce de son décès a été faite à la surprise désagréable par la Radio nationale tchadienne qui l’a laissé mourir. Comme une insulte, le ministère de la communication tend aussitôt une enveloppe contenant 250 000 FCFA pour assister la famille.

Correspondance particulière

Steven Ngarhokarial

Tchadanthropus-tribune

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  • C’est honteux pour notre pays. Un haut cadre qui meurt sans un soutien de son ministère.

    Commentaire par Idad Bola le 13 mai 2020 à 11 h 18 min
  • C’est honteux et triste. Yves Ngarbé n’est pas le seul le cas. Plusieurs cadres tchadiens, et en fonction s’il vous plait, ont été abandonné par l’administration publique alors qu’ils ont servis leur pays durant toute leur vie. Leur seul tort : n’est pas être du bon côté de la barrière. C’est la marque de cette administration. Triste, honteux et révoltant!

    Commentaire par Aboudiguine le 13 mai 2020 à 15 h 47 min