Depuis son indépendance an 1960, le Tchad avait connu 6 chefs d’État ressortissants de régions d’extrême Sud et d’extrême Nord. Jusqu’aujourd’hui, aucun ressortissant de régions du Grand centre n’a accédé à la magistrature suprême par quelques moyens que ça soit et pour unique mandat présidentiel.
 
Cette inaccessibilité n’a pas été dite à cause de carence de compétences parmi les cadres de Régions du centre, Est et Ouest mais plutôt au rejet de la colonisation et de l’école française, par les aïeux natifs de cette zone qui a créé une distanciation entre la France et les habitants du Centre d’une part, et de la volonté de l’ex puissance coloniale de maintenir à l’écart de la scène politique Tchadienne les cadres du Centre qui semblent être en désaccord avec la politique Française d’autre part.
 
Ce dernier élément aurait été ravivé graduellement dans le temps aussi bien par les autorités françaises, que tchadiennes dans le seul but d’assurer et de protéger les intérêts français au Tchad. Cette politique exclusive et discriminatoire semble être étendue dans toutes les hiérarchies de l’Administration publique Tchadienne. Pour rappel, la population des régions du Grand centre en général serait estimée à plus de 50% de la Population Tchadienne.
 
En effet, plus de 60 ans de souveraineté nationale, les Grandes Institutions de la République sont généralement dirigées par de ressortissants de régions d’extrême Nord et Sud. En principe et comme le veut la coutume politique, Si le président de la République était issu d’une région d’extrême Nord, le premier ministre serait issu des régions du Sud, et la présidence de l’Assemblée Nationale devrait revenir à un Tchadien du centre et vice versa .
Malheureusement, ce principe, n’a jamais été respecté, moins encore mis en oeuvre de manière formelle . Tout se décide et se partage entre les ressortissants de régions de deux extrémités au détriment des habitants du Centre. Assimilés de Nordistes, en raison de leur appartenance religieuse avec les dignitaires du régime, les ressortissants du Grand centre ne sont pas équitablement représentés dans l’appareil Etatique et ne jouissent pas effectivement des ressources nationales comme ce fut le cas de leurs compatriotes de deux circonscriptions .
 
Cependant, la nomination aux postes de chefs de départements ministériels est en grande partie partagée entre les ressortissants de deux extrémités précitées.
 
Par exemple dans une équipe gouvernementale de 40 membres, vous trouverez au plus 3 ressortissants de régions du Grand centre. Alors que la logique de partition de postes à base d’appartenance régionale vaudrait qu’au moins un ministre soit nommé par région exception faite à la région de N’Djamena qui sera soumise à un statut particulier. Tout ceci reste encore un rêve et le pire est commis dans l’accès aux emplois publics.
 
L’accès à la fonction publique du Tchad est près que exclusivement réservée aux enfants de dignitaires du régime et leurs alliés au détriment des enfants-ressortissants des régions du Grand centre, Est et Ouest du fait de faible représentation de leurs parents dans toute la sphère publique Tchadienne. Même si les enfants de pauvres de régions d’extrême Nord et Sud ont également une difficulté d’accès à la fonction publique, ceux natifs des régions du Grand centre, Est et Ouest est sans égale.
 
À celà s’ajoute,le manque de volonté de certains cadres politiques et administratifs de ces régions qui sont jaloux de conserver le ledearship régional non seulement par audience auprès du président de la République mais particulièrement par interets égoïstes. Ils sont très hostiles à une quelconque ascension politique junior à l’échelle régionale. Il importe, de rappeler que, les ressortissants de cette partie du pays sont majoritairement présents dans le secteur de l’élevage et de l’agriculture traditionnels, ainsi que le commerce informel et autres activités journalières loin des affaires publiques.
 
Pour s’en convaincre,il suffit de faire un peu le tour de différents départements ministériels notamment le ministère de l’éducation nationale, santé, justice pour ne citer que ceux-là. La majorité des agents publics que vous trouverez sont géographiquement ressortissants de régions d’extrême Nord-Sud et une rare représentativité des régions du Grand centre, Est et Ouest.
En dépit de cette injustice créante à leur égard, les ressortissants de régions du Grand centre ne semble pas avoir tiré la leçon .ils se lamantent à chaque occasion mais jamais ne veulent entrer directement dans la course.
 
Si jamais une étude statistique sur l’indice de développement humain sera réalisée sur toute l’étendue du territoire national, les régions du Grand centre, Est et Ouest seront les derniers de classement.
 
En fin, et à l’instar des régions du Grand Nord, les régions du Grand centre, Est et Ouest, n’ont pas assez bénéficié d’investissement public après 60 ans d’indépendance notamment , dans le cadre d’infrastructures hydrauliques, sanitaires, éducatives, administratvirs, routières etc , comme celles du Grand Sud jugées un peu mieux par rapport à ces dernières. Prenons l’exemple de l’hôpital régional d’Ati qui jusqu’au mois de mars dernier ne dispose pas d’un appareil de radiologie et d’ecographie public. Idem pour l’hôpital départemental d’Oumhadjer. Au encore, à Abeche où la Société Tchadienne des Eaux n’arrive pas à fournir et distrubuer suffisamment de l’eau pour ses abonnés depuis 2009 jusqu’aujourd’hui.
Depuis longtemps cette idée m’avait tarauté l’esprit et je l’ai ignoré simplement par peur d’être taxé de régionaliste et que sais-je encore eu égard à mon statut dans la lutte citoyenne nationale. Si je le fais aujourd’hui c’est parce que j’ai eu du mal à l’intérioriser et j’éviterai au moins d’être complice de cette situation d’injustice et faire la promotion d’une politique d’exclusion catégorielle qui a trop duré et qui semble se perdurer dans l’avenir. Donc j’ai vaincu ma peur et j’en assumerai les conséquences de mes propos.
 
N.B. les ressortissants de régions du Grand centre, Est et Ouest doivent se lever et demander leur droit n’est que justice. Personne ne viendra le faire à notre place.
 

ABBAS ALHASSAN

Défenseur des droits de l’homme.

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