Cher père céleste,

  1. Le Dialogue National Inclusif et Souverain, ce simple test grandeur nature, ce petit cas pratique au sujet de la capacité des Tchadiens à dialoguer, c’est-à-dire à se parler et à s’écouter, dans le respect et dans la dignité comme des êtres humains est en train de piétiner.
  2. Hélas ! nous sommes en train d’exposer notre incurie à dialoguer.
  3. Si on ne menace pas de se boxer, on rappelle que nous n’avons pas perdu nos réflexes de rebelles, comme si avoir été rebelle est était prouesse ou un acte de noblesse en soit.
  4. Les uns menacent de se retirer du dialogue, d’autres ont mis leurs menaces à exécution. Des chefs de partis politiques, y compris certains de nos pères dans le domaine politique.
  5. Certains sortent toute une kyrielle de conditions préalables à leur participation au DNIS sous peine de proclamer un gouvernement du peuple pendant que les autres semblent se boucher les oreilles.
  6. Les uns sont engagés dans les messes nocturnes d’alliances multiformes de conservation du pouvoir pendant que les autres sont occupés dans des calculs de conquête du pouvoir politique.
  7. A cause du dialogue, les uns ne parlent plus aux autres parce que fâchés ou en colère.
  8. Ceux qui parlent beaucoup. Et ceux qui écoutent n’écoutent pas ou écoutent peu.

Père céleste, Seigneur, nous avons besoin de toi pour réussir ce test grandeur nature de notre capacité à nous parler et à nous entendre, comme toi le Père, le Fils et le Saint-Esprit vous vous parler et vous vous entendez.

Nous te l’avouons, Le Dialogue National Inclusif et Souverain, ce test grandeur nature, ce cas pratique s’avère manifestement impossible pour les fils et les filles de Toumaï.

Seigneur Jésus-Christ, par le sang de l’alliance éternelle, rends-nous capables de dialoguer dans le calme, le respect et la dignité.  Si tu regardes à nos diplômes, nos expériences, nos alliances, notre passé, nous sommes foutus. Tu vois bien que nous ne sommes pas mieux que des gamins. Tu vois bien que, comme des gosses, nous nous parlons mal, nous sommes prêts à  » couper ignames », a nous « montrer les uns aux autres qui a mis l’eau dans coco » etc.

Chrétiens, musulmans, animistes, jeunes et personnes âgées, femmes et hommes, initiés et koye, nous sommes même chose : des incapables à dialoguer.

Ta grâce Seigneur !

Nous ne voulons plus être comme ces animaux qui se dévorent, ni comme ces chiens de rue qui se mordent les uns les autres.

Nous sommes les fils et les filles de Toumaï, des fils et des filles du Tchad. Nous voulons dialoguer avec toi au sujet de notre mère-patrie, notre seul patrimoine commun.

Seigneur Maître du ciel et de la terre, s’il te plaît, enseigne-nous à DIALOGUER.

Guelnoudji Mbairee Yagoua Ndjekounkosse Djool.

Un des fils et filles de Tchad désemparés par les tournures du Dialogue National Inclusif et Souverain.

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