Jusqu’à 1976, si vous prenez la route qui va de N’Djamena vers le sud, une végétation luxuriante vous accueille à partir de Toukra. Des animaux sauvages circulent. Assis sur les gros porteurs, vous voyez des gazelles, des antilopes, des phacochères, passés devant vous. Et il arrive de fois que vous soyez stoppés par un troupeau d’éléphants couchés sur la route pendant une demi-heure, une heure, des heures. Et quand vous progressez à Loumia, le fleuve, la Loumia, est bordé d’une épaisse forêt où tous les oiseaux, à une période donnée, de juin à septembre je crois, arrivent en groupe du monde entier pour pondre et régénérer leurs espèces. Et lorsque vous progressez, de Guelendeng à Brahim, des arbres centenaires, très hauts abritent toutes espèces de singes. La ville de Moundou était entourée d’une savane boisée qui s’étend jusqu’aux pays limitrophes. Il est vrai que les guerres fratricides ont psychologiquement modifié notre pensée. La notion du nationalisme, du patriotisme, a presque disparu de notre tête. Même dans les écoles élémentaires, cette notion a perdu son sens. Mais un pays sans idéologie, sans vision, est voué à l’échec, à la mort. Pourquoi l’éducation nationale et pour aboutir à quoi et à quel type de cadres ? ou à quel type de citoyens ?

 

Je pense qu’il n’est pas trop tard car vouloir, c’est pouvoir ! Nous parlons de la désertification tous les ans. Les Ministres font un discours pompeux aux mois de juillet à l’occasion des plantations d’arbres. Ces arbres, restent-ils un seul en vie ? Dieu seul le sait. Mais je me dis pourquoi ne pas commencer par boiser nos villes ? Lorsque l’on se promène dans N’Djamena, des concessions entières ne disposent pas d’un seul pied d’arbre ! Est-ce normal pour un pays sahélien qui meurt de canicule ? Si la capitale ne donne pas l’exemple, ce ne sont pas d’autres villes qui le feront à sa place ! Moi je vis à N’Djamena il y a sept ans mais j’ai des manguiers, des rutacées et autres, qui donnent abondamment des fruits et de l’ombre. Donc il n y a rien de sorcier. Si la campagne de cette année pourrait commencer par la capitale, ce serait un salut. Car dans cinq ans, si nous sommes conscients et entretenons ces arbres mis en terre, nous ferons baisser la température d’au moins un, deux degrés dans notre ville déjà.
Respectueusement.

N’Djamena le 22 mai 2018

Oumar NADJI

oumarnadji@yahoo.fr

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  • Parfait, j’adhere a des telles propositions citoyennes, memes si elles ne sont pas prises en compte par le destinataire de cette lettre, tout un chacun conscient de l’enjeu, doit faire de cela sien , sans attendre ce qui sera procede d’un quelconque decret.

    Commentaire par DEYE ASSIL le 25 mai 2018 à 10 h 59 min
  • Très bonne reflection! Sauf que malgré tout ce qu’on dit, juste après mis en terre on laisse ces plants à la merci de Dieu (Pluie) et au bout de quelques mois , c’est à dire en saison sèche ses feuilles séchées par le soleil polluent la ville. Puis l’éternel recommencement…

    Commentaire par SANGUEDJIM SERGE le 31 mai 2018 à 1 h 11 min