La solution ? L’AUTODÉFENSE en attendant l’alternance. Le vivre-ensemble, c’est d’abord et avant tout le fait d’accepter de passer de la société traditionnelle (où les coutumes ancestrales constituaient le ciment et les règles de vie commune) à une société plurielle (où des peuples de coutumes différentes sont appelés à cohabiter sur des terroirs communs), en composant de nouvelles règles de vie commune.

L’on accuse trop souvent la pauvre JUSTICE pour être la cause des phénomènes de conflits intercommunautaires qui endeuillent nos communautés. Bien évidemment, lorsque le système judiciaire n’est pas l’instrument de règlement pacifique de conflits dans une société plurielle, il va y avoir un mal-vivre ensemble. Mais il faut bien caractériser le phénomène de violences intercommunautaires et de conflits agriculteurs-éleveurs qui ont cours dans notre pays : il ne s’agit pas d’un problème de vivre-ensemble, mais de refus de vivre-ensemble à partir du moment où de l’origine du problème, dans le cas de conflits agriculteurs éleveurs, du bouvier armé par les gens du pouvoir jusqu’aux geôliers, en passant par les commandants de brigades ou commissaires analphabètes, le système politique a mis en place tous les stratagèmes pour exclure les siens de la justice.

Il y a un refus de vivre-ensemble entre la communauté régnante et le reste des Tchadiens. Il n’y a pas de problème de vivre-ensemble entre les autres Tchadiens qui dépasse la Justice. La justice est uniquement inopérante lorsqu’il s’agit d’un problème entre les INTOUCHABLES ET LE RESTE DES TCHADIENS.

Et ce refus de vivre-ensemble ne s’observe pas seulement durant ce règne Itno. C’est vrai, qui ne se souvient pas du début de ce règne marqué par les spoliations arbitraires de domiciles et de terrains ? Du phénomène des motos que l’on arrache arme à la main ? Qui n’a pas eu des connaissances assassinées parce que détenteurs de Toyota Hilux ? Qui n’a pas vécu le phénomène d’injustice subie sur les lieux de travail avec ceux qui se donnent tous les droits ?

2/5 Mais notre enfance a été également marquée par la terreur qu’inspirait l’ethnie régnante de l’époque, de la part de ceux-là qui ont instauré des règles de l’apartheid dans la mesure où les Tchadiens n’étaient pas égaux devant leur tord, mais le tord était infligé en fonction de leur ethnie ? Vous voulez que nous remontions plus loin dans l’histoire de notre pays pour faire la bonne politique ? Eh bien, que ceux qui sont plus vieux que moi m’aident, moi, je raconte ce que j’ai vécu, de mon enfance jusqu’à aujourd’hui.

Le problème de vivre-ensemble au Tchad ne doit pas être dévoyé de son essence : il y a un refus de vivre-ensemble de la part de l’ethnie régnante, refus de vivre-ensemble conçu, planifié et soigneusement mis en œuvre. Ce refus de vivre-ensemble est orchestré à l’échelon individuel, il est organisé au sein de l’administration. Et dans la sphère politique, il est également soigneusement mis en œuvre, nous le voyons tous les jours par l’oppression contre toutes les voix discordantes. Cette oppression ne s’exerce pas contre une région, ni contre une religion, elle s’exerce contre toutes les voix qui réclament un peu plus de sagesse dans la gestion publique, le respect de notre contrat social et les règles de l’alternance au pouvoir. Oui, l’oppression à l’échelle individuel explose en une oppression contre les démocrates et les républicains, il faut avoir le courage de le dire.

Alors oui, il n’y pas un problème de vivre-ensemble entre les Tchadiens que la justice tchadienne n’est pas en mesure de résoudre. La justice est mise en échec chaque fois qu’il y a un problème de vivre-ensemble entre les Tchadiens et les Intouchables.

Alors, notre problème n’est pas un problème de justice, c’est un problème d’éducation à la citoyenneté. C’est un problème d’acceptation de l’esprit républicain. C’est le bien-nommé Itnocentrisme, mais il faut aussi le dire : avant l’itnocentrisme, il y a eu l’ethnocentrisme. Car pour ceux qui sont au pouvoir, le pays, notre Tchad est un butin de guerre et l’asservissement devient la règle de conduite, au détriment du respect des principes de vivre-ensemble. La constitution et les lois républicaines sont bonnes pour asservir certains, tandis que d’autres ont tous les droits. Alors, lorsque la justice mise en place pour nous régir devient inopérante face à un tel phénomène, moi je n’appellerais pas, comme Kebzabo,

3/5 à ce que les gens s’organisent avec des sifflets, mais qu’ils s’organisent véritablement sur l’étendue du territoire, en MILICE D’AUTODÉFENSE, contre ceux qui veulent instaurer l’asservissement au 21ème siècle. Il ne s’agit pas de noyer le poisson dans l’eau comme notre WARCHAL veut nous y habituer en demandant de tuer 10 à gauche 10 à droite mais d’adresser le vrai problème.

Cela devient insupportable. Et comme disait Dr Ali Abdraman Haggar, il faut trouver le moyen d’une alternance intelligente à la tête du pays. IL Y A URGENCE ! Cette alternance ne pourra être intelligente que si elle suppose de casser le système en place et de refonder la République sur de nouvelles valeurs, non pas de remettre en place une république toujours assise sur une politique d’asservissement et le terrorisme, dans une République dans laquelle certains continuerons de se croire forts et invincibles armes à la main mais une République où la justice pourra enfin être opérante. Cette remise à plat de notre gouvernance suppose de démanteler tout le système qui permet à l’impunité de prospérer. Elle commence par la mise en place des forces de l’ordre républicaines dans sa composition. Elle passe inévitablement par le désarmement, de gré ou de force de ceux qui se croient ensembles plus forts que le système hitlérien, que le système d’El Bechir, que le système de Zine el-Abidine ben Ali, de Mao Tsé-Toung, de Pol Pot, de Tito, de Saddam Hussein, de Gengis Khan. Oui, cher Dr Ali, il s’agit pour le système, de passer intelligemment le pouvoir, notre intelligence devant se mesurer dans notre capacité à anticiper les phénomènes qui accompagnent la chute des pouvoirs d’apartheid. Il y va du vivre-ensemble entre tous les fils du Tchad que nous prônons.

Oui, je le répète : n’accusons pas la justice. Disons exactement ce qu’il en est : il y a le refus de vivre-ensemble de la part des Intouchables vis-à-vis de tous les autres Tchadiens. Il n’y a pas un problème de vivre-ensemble entre les autres Tchadiens que la justice tchadienne ne peut solutionner. C’est pourquoi je le répète : ce Tchad que nous aimons ne se disloquera pas à cause de ce régime si nous savons quel est la source de notre problème commun.

4/5 Oui, ils sont prêts à défendre leur paix chèrement acquise, armes à la main, hommes et femmes. Aux Tchadiens de s’organiser dans chaque village, dans chaque ferrick pour défendre leur vie.

Non à l’apartheid au Tchad PDF

BIAKA TEDANG Djoret

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