Depuis le 09 octobre dernier, 03 membres de l’opposition politico militaire tchadienne (CCMSR) basée en Libye, ont été arrêtés au Niger. Mrs Mahamat Hassan Boulmaye, Ahamat Yacoub Adam, et Abderaman Issa étaient en mission depuis leurs bases pour expliquer le fondement de leur lutte contre le régime dictatorial de Déby. C’est depuis leur entrée au Niger qu’ils ont été cueillis par les services nigériens sans doute en complicité avec les renseignements tchadiens. Depuis lors, nos compatriotes et camarades de luttes croupissent dans les geôles des renseignements nigériens. L’affaire ne devait pas prendre cette évolution si les amendes demandées (5 millions de FCFA) étaient payées. Mais selon nos correspondants, l’affaire avait trop tourné en rond jusqu’à ce que l’information s’ébruite. Sur Wattsup et Facebook, l’information avait commencé à tourner. La partie tchadienne avait eu vent de l’affaire à partir du lundi 16 octobre 2017, puisqu’une note et fiche détaillée des services nigériens atterrit à N’Djamena selon nos informations. Illico, le régime tchadien s’engouffre dans l’affaire, on demande au Niger d’appliquer l’accord de coopération judiciaire et de sécurité récemment signé entre les deux pays. Mais de ce qui précède, Boulmaye, Ahamat et Abderaman ne sont pas de bandits, même pas de djihadistes. C’est des membres effectifs d’une opposition armée basée au sud de la Libye. Ils sont connus des instances internationales puisqu’ils dénoncent chaque jour l’injustice au Tchad. Boulmaye (réfugié connu des instances d’asile en France), Ahamat est fiché et enregistré au HCR au Caire en Égypte, Abderaman est un ancien cadre du régime parti en dissidence à cause de l’injustice, comment pourra-t-on les arrêter et accepter même de vouloir étudier une procédure d’extradition vers le Tchad où leurs vies seront en danger. Les instances internationales ne doivent pas laisser faire cela, car si ces personnes sont extradées vers le Tchad, le régime tchadien n’hésitera pas de les assassiner comme ce qui fut fait à l’époque de l’ex-président nigérien Baré Maïnassara. Au début des années 90, des prisonniers politiques ont été livrés depuis le Niger au régime tchadien actuel. Tous ont été exécutés froidement et leurs corps jetés dans des fosses communes. Le Niger et son exécutif, prompte à vouloir asseoir la démocratie ne doit pas accepter la demande d’extradition du régime tchadien, et doit faire un distinguo entre des opposants et les terroristes que tout le monde épris de démocratie combat.

 

Tchadanthropus-tribune

 

 

Selon des sources concordantes, Mahamat Hassan Boulmaye, le secrétaire général du Conseil du commandement militaire pour le salut de la République (CCSMR), un mouvement rebelle qui s’oppose au régime tchadien d’Idriss Deby, a été arrêté avec d’autres rebelles alors qu’il se trouvait aux environs d’Agadez au Niger. Ces rebelles devraient être bientôt extradés au Tchad.

Longtemps basé dans le Sud libyen, le CCSMR a dû se redéployer suite à l’arrivée dans cette zone, l’été dernier, des forces du général Khalifa Haftar. Il s’est alors replié vers la bande d’Ouzou, au nord du Tchad, près de la frontière libyenne.

Mais c’est près d’Agadez, au nord du Niger, que Mahamat Hassan Boulmaye et son porte-parole, Ahmat Yacoub Adam, ont été arrêtés, affirment des sources tchadienne et nigérienne, sans préciser la date de cette interpellation. « Les rebelles capturés au Niger seront livrés au Tchad dans les jours à venir », précise la source tchadienne. « Nous sommes en train de constituer un dossier », ajoute-t-elle. Un accord de coordination judiciaire existe entre Niamey et Ndjamena, dont la coopération s’est encore renforcée, ces dernières années, notamment dans le domaine de la lutte antiterroriste au Sahel.

 

Le Tchad reproche à Hassan Boulmaye « beaucoup de choses », affirme notre source, sans plus de précision. Par le passé, Ndjamena, qui refuse de parler de rébellion, a accusé le mouvement de recevoir l’argent du Qatar et de se livrer à des trafics en tous genres. Mais en aout dernier, le CCSMR avait revendiqué un attentat qui avait couté la vie à plus de 12 soldats tchadiens.

En Libye, le groupe de Hassan Boulmaye est accusé d’être mercenaire pour le compte des extrémistes. En juin dernier, un panel d’expert sur la Libye avait fourni un rapport à l’ONU. Il confirme l’implication des « mercenaires tchadiens et soudanais » dans des activités criminelles comprenant le trafic d’êtres humains, et des drogues. En janvier dernier, le Tchad avait annoncé la fermeture de ses frontières avec la Libye à cause des trafics. Quelques semaines après, un passage humanitaire a été rouvert.

RFI

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