Hassan Aldjinedi veille sur le principal frère des Erdimi

 

Dans le dispositif central du pouvoir d’Idriss Déby, son épouse Hinda joue un rôle stratégique et important. Le côté sobre et directionnel est géré par elle quoique le pouvoir robuste incombe à l’homme d’Amdjaress. La robustesse de son pouvoir émane de l’entregent militaire, seul canevas qu’il maitrise. Mais l’aspect gouvernance de l’état est déserté, laissé aux novices managés par dame Hinda, qui elle même patauge dans la marre aux crocodiles. Autant de management pour celle qui a étudié au Maroc la gestion des entreprises, avec des résultats décevants quand bien même de l’avis des sécurocrates du régime, elle arrive à ralentir l’hémorragie, car diton si ce n’est pas grâce à son réseau, le Tchad serait vidé de tous ses biens. Bonne conseillère auprès de son époux, elle tire les dividendes de cette arithmétique mercantile en plaçant ses hommes là où les recettes de l’état coulent à flots. Les royalties sont directes ou indirectes, avec l’œil complice de son mari. Ses tentacules touchent même l’aspect complexe des renseignements d’état.

 

Et c’est avec un intérêt particulier qu’elle avait soumis à son époux de président en recommandant de nommer Le général Hassan Saleh Algadam Aldjinedi comme nouvel ambassadeur à Doha. Il succède à Aboubakar Assidick Tchoroma, rappelé en juin 2017 après la rupture des relations diplomatiques entre le Tchad et le Qatar. Parfait arabophone, Aldjinedi est un ex-cadre du mouvement CNT (la Concorde nationale tchadienne), mouvement rebelle auparavant au Darfour soudanais et qui s’était rallié au régime de N’Djamena après l’accord de paix signé en 2008.

 

Ironie de sort, Adjineidi (Son nom émane de sa filiation des Djuneïd, issus des Hémat du Salamat dont fait partie cette même lignée des Halata Hiléou, Cheikh Attahir, Hadjaro Senoussi et consorts) fut notamment le n° 2 de Timan Erdimi, chef du parti d’opposition l’Union des forces de la résistance (UFR) et neveu de Déby.

 

L’exil de ce dernier à Doha, à partir de 2010, avait été l’un des facteurs ayant provoqué la brouille entre les deux pays, en juin 2017. À son nouveau poste, Hassan Saleh Algadam Aldjinedi devra précisément garder un œil plus qu’attentif sur les activités de l’ex-rebelle qui continue par déranger Idriss Déby. Fiches et rapports atterrissent chaque 72 heures sur le bureau de Déby via dame Hinda qui accentue les réseaux afin de préserver le pouvoir de son mari.

 

Fin septembre 2018, à N’Djamena le pouvoir commence à surveiller ses propres hommes. Selon des câbles plus qu’évidents et recoupés, les officiers de la communauté Zaghawa sont surveillés dans leurs déplacements à travers la ville, et leurs visites pendant les weekends dans les jardins à la périphérie de la capitale. L’ordre est donné pour n’arrêter personne, mais de suivre les mouvements et instruire les taupes pour glaner le maximum d’informations.

 

La ville de N’Djamena s’embrase et laisse entendre qu’une infiltration fut faite par les hommes des Erdimi, en vérité la psychose est ailleurs. C’est le pouvoir qui est défait, il semble ne rien maitriser et pourvoie des fakes news pour embraser la population et les monter contre toute opposition politico militaire.

 

Dimanche avant dernier, Idriss Déby en compagnie d’une pléiade de pseudo partisans aurait averti en regardant le sable du Chari qu’on lui porté. En voyance traditionnelle diton que Déby regarde les voyances sur le sable, et il aurait affirmé “ Vous les ex de CCFAN, vous êtes mes vrais compagnons, et je voudrais vous dire que les jours à venir seront très graves – la rébellion au nord sera dangereuse si Mahamat Nouri la rejoint, et si les élèves et étudiants manifestaient nous aurions alors une situation compliquée à gérer “. Nous reviendrons sur les confidences d’Idriss Déby à ses “Compagnons “ du CCFAN dans notre prochaine publication.

Tchadanthropus-tribune

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